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Présidentielle américaine : la Cour suprême inflige un revers au camp Trump

La Cour suprême des États-Unis vue en contre-plongée, sous un ciel nuageux.

La Cour suprême a rejeté un recours qui visait à annuler la victoire de Joe Biden dans l'État clé de Pennsylvanie.

Photo : The Associated Press / J. Scott Applewhite

Le plus haut tribunal des États-Unis a rejeté un recours républicain visant à invalider la victoire du président désigné Joe Biden en Pennsylvanie.

La décision, énoncée en une seule phrase, ne donne pas d'explications et ne mentionne pas d'avis dissidents : La demande de mesures injonctives présentée au juge [Samuel] Alito et adressée par lui au tribunal est rejetée.

Le président et ses alliés espéraient que le tribunal, auquel le président Trump a nommé trois juges depuis le début de son mandat, trancherait en sa faveur en annulant la victoire du candidat démocrate à la présidence dans les États clés comme la Pennsylvanie, la Georgie et le Michigan, où Joe Biden a remporté le vote populaire.

Des dizaines de recours contestant la victoire du démocrate, tous perdus par le camp républicain à une exception près (sur une question mineure), ont été intentés dans divers États pivots, mais il s'agissait du premier à être présenté devant la Cour suprême.

La cause a été présentée la semaine dernière par des alliés du président Trump, dont le représentant fédéral de la Pennsylvanie Mike Kelly, qui ont déposé un recours en urgence visant à bloquer la certification des résultats électoraux de l'État.

La Pennsylvanie a pourtant certifié les résultats à la fin du mois dernier, ce qui a officialisé la victoire de Joe Biden qui a remporté l'État par près de 82 000 voix et s'est ainsi assuré les 20 grands électeurs de l'État.

Arguant que le vote postal violait la Constitution de la Pennsylvanie, les alliés du président sortant cherchaient à faire rejeter plus de 2,5 millions de votes postaux dûment enregistrés ou à invalider le résultat du scrutin de façon à permettre à l'Assemblée de l'État, contrôlée par les républicains, de désigner elle-même d'autres grands électeurs que ceux choisis par le vote populaire.

La Cour suprême américaine n'intervient que rarement dans un dossier lié à l'interprétation de la Constitution d'un État et examiné par la Cour suprême de l'État en question.

Les plaignants plaidaient toutefois que les élus de la Pennsylvanie avaient élargi le vote par correspondance en outrepassant la Constitution de l'État, ce qui, disaient-ils, contrevenait à la Constitution fédérale.

Ils avançaient en outre que la Cour suprême de la Pennsylvanie, en rejetant leur requête en raison des délais, avait bafoué leurs droits constitutionnels à un procès équitable garantis par la Constitution américaine.

L'État déplorait pour sa part un affront à la démocratie constitutionnelle.

Il y a deux semaines, la Cour suprême de l'État a jugé que les plaignants avaient attendu trop longtemps, soit après avoir appris l'issue du vote, pour contester la loi électorale autorisant le vote postal. La loi en question, dont l'adoption date de 2019, a pourtant été approuvée par une Assemblée législative où les deux chambres sont à majorité républicaine.

Selon le Washington Post, la Cour suprême de la Pennsylvanie soulignait d'ailleurs que certains des plaignants avaient eux-mêmes exhorté leurs partisans à voter par la poste.

Trump toujours dans le déni

Quelques heures avant la décision de la Cour suprême, le président Trump avait dit espérer que les juges feraient preuve de courage, et il persistait à clamer faussement victoire au cours d'un événement consacré à l'opération Warp Speed liée à la vaccination.

Voyons si quelqu'un a ou non le courage – qu'il s'agisse des assemblées législatives ou d'un juge de la Cour suprême ou d'un certain nombre de juges de la Cour suprême – voyons s'ils ont le courage de faire ce que tout le monde de ce pays sait être juste.

Une citation de :Donald Trump

Si quelqu'un a le courage, je sais qui sera la prochaine administration, a-t-il soutenu.

En plus de contester sur le terrain judiciaire sa défaite dans quelques États, le président sortant a également exercé des pressions, en privé ou en public, voire les deux, sur des gouverneurs ou des élus locaux pour qu'ils invalident la victoire de Joe Biden dans leur État.

Dans chaque État, le vote des grands électeurs pour la présidence et la vice-présidence doit se dérouler le 14 décembre.

Sur la place publique, les avocats pro-Trump ont multiplié les allégations conspirationnistes et agité le spectre d'un vaste stratagème impliquant Joe Biden, les démocrates, les villes démocrates corrompues, la Chine, Cuba, le Venezuela, les antifas, le financier milliardaire américain de religion juive George Soros, la Fondation Clinton et l'entreprise Dominion Voting Systems, dont le logiciel de vote électronique a été utilisé dans certains États.

La semaine dernière, le procureur général des États-Unis, Bill Barr, un des alliés les plus loyaux du président américain, a indiqué au cours d'une entrevue à l'Associated Press que son département n'avait pas découvert de preuve de fraude électorale généralisée susceptible de modifier les résultats de l'élection présidentielle de 2020.

Quelques semaines plus tôt, les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales ont publié un communiqué commun garantissant l'intégrité et la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire.

Le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), Chris Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale et l'un des signataires, a d'ailleurs été congédié pour cette raison.

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