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Les services psychiatriques de l’Hôpital général de Whitehorse critiqués

L'hôpital de Whitehorse en hiver.

L'Hôpital général de Whitehorse fait l'objet de vives critiques entourant les soins apportés aux patients en crise psychiatrique.

La sécurité au sein de l’unité médicale sécurisée de l’Hôpital général de Whitehorse fait l’objet de vives critiques tant de la part des patients que de celle du personnel, et ce, depuis de nombreuses années. À la lumière de récents événements, une francophone, qui préfère ne pas être nommée, y a reçu des soins et a voulu raconter ce qui lui était arrivé.

Dans une de mes hospitalisations, c’est déjà arrivé qu’une des infirmières s’est fait attaquer par un patient. Alors c’est vrai que c’est pas un endroit qui est extrêmement sécuritaire pour tout le monde en fait.

Une citation de :Une ex-patiente

En entrevue, la femme dit ne pas avoir été surprise d’apprendre dans les médias les récents problèmes de sécurité dans l’unité. Ayant été récemment hospitalisée dans l'établissement, elle affirme par ailleurs que rien n’a changé.

Plus de psychiatres

Créée en 2010, l’unité compte cinq lits, deux salles d'isolation et un soutien médical spécialisé pour des patients en crise psychiatrique. Le mois dernier, le manque chronique de ressources et de formation du personnel infirmier et les risques à la sécurité ont poussé l’équipe de psychiatres à cesser d’offrir leurs services. L'un d'eux avait été agressé.

Dans une lettre envoyée aux autorités, les médecins qualifiaient les conditions de dangereuses : L’environnement inadéquat nous force à garder les patients en isolement pour des périodes qui ne sont pas éthiques comme seule solution sécuritaire. [Une situation] qui viole les droits de la personne et incite à l’agression et la violence.

La notion de sécurité, selon l'ex-patiente, va bien au-delà de l'environnement physique, bien qu’elle raconte qu’un patient s'est déjà infiltré dans sa chambre en pleine nuit et l’a réveillée en criant.

Je ne me sentais pas émotionnellement sécuritaire. [Il y a] un manque d’expertise. Toutes les infirmières qui travaillent là ne sont pas entraînées pour travailler là. C’est des infirmières qui travaillent dans d’autres départements qui doivent aller faire leur quart là. Alors, souvent, leurs interactions peuvent être malhabiles.

Une citation de :Une ex-patiente
Une image floue d'un homme assis sur un lit dans une petite chambre d'hôpital.

« Il y a des personnes qui s’empêchent d’y aller juste par peur de tomber sur certains [membres du personnel », affirme l'ex-patiente.

Photo : Radio-Canada

Pénurie de personnel infirmier

Le président du syndicat qui représente le personnel, Steve Geick, corrobore les faits. Après une longue lutte pour assurer un minimum de deux infirmières en tout temps dans l’unité, les dirigeants doivent faire appel à des infirmières qui n’ont pas de spécialité en santé mentale.

Ils prennent du personnel d’un endroit pour les mettre dans un autre, pas seulement de l’unité médicale sécurisée. Mais si vous n’avez pas la formation pour travailler, par exemple en maternité, ou autre, et qu’on vous y place parce qu’il n’y a personne d’autre, c’est une invitation au désastre.

Le syndicat a demandé la tenue d’un audit sur les rapports de santé et de sécurité au travail de l’Hôpital général de Whitehorse de la dernière année. L’unité médicale sécurisée n’y est pas directement mentionnée, mais l’audit, terminé le mois dernier, révèle des lacunes dans la tenue de notes et l’absence d’échéancier pour la mise en oeuvre d’actions concrètes pour répondre aux problèmes soulevés.

Une professionnelle de la santé est appuyée contre un mur dans un couloir d'hôpital.

Le syndicat qui représente le personnel de l'Hôpital général de Whitehorse s"est battu pour qu'un minimum de deux infirmières soit en poste dans l'unité médicale sécurisée.

Photo : iStock

Problèmes de ressources

À la Régie des hôpitaux du Yukon, les responsables ne démentent pas les problèmes au sein de l’unité. Le directeur des communications par intérim, Chris Huestis, soutient que le problème est beaucoup plus global.

Le Yukon a besoin d’un meilleur soutien en santé mentale [...] L’unité n’est pas une solution parfaite, mais c’est ce que l’hôpital a en ce moment et nous faisons de notre mieux pour aider les patients qui viennent en crise, et dans certains cas les envoyer dans d’autres établissements parfois à l'extérieur du territoire.

Chris Huestis affirme que des discussions sont en cours pour modifier l'unité dans les années à venir. L’unité médicale sécurisée n’a jamais été conçue comme une solution à long terme pour des patients en crise de santé mentale.

Le gouvernement a prévu un investissement de 1 million de dollars au cours de la prochaine année fiscale pour la planification de ces nouvelles installations. La construction pourrait débuter en 2022 au sein de la nouvelle aile des urgences.

L’hôpital aggrave les choses

La femme, qui passe d’une hospitalisation à l’autre, a peur de devoir retourner dans l’unité, car cela risque d'aggraver ses symptômes.

Lors de son dernier passage, par exemple, une infirmière lui a demandé : Tu aimes ça, être ici? , ce qui l'a déstabilisée.

Les membres du personnel, ce n’est pas leur faute, ils font du mieux qu’ils peuvent, mais ils ne sont pas formés en santé mentale. Alors leurs interactions peuvent créer des intensifications, ça peut aggraver plus qu’améliorer, ce qui crée un sentiment d’insécurité.

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