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Québec opte pour l'humour pour remonter le moral de la population

François Bellefeuille tient un cadeau dans ses mains et le pointe du doigt.

L'humoriste François Bellefeuille est la vedette de cette série de publicités gouvernementales.

Photo : Gouvernement du Québec

Rassemblements de Noël annulés, délestage massif d'interventions chirurgicales, éventualité d'un reconfinement... jour après jour, une mauvaise nouvelle n'attend pas l'autre à Québec. Pour encourager les Québécois à poursuivre le marathon des mesures sanitaires malgré la morosité ambiante, le gouvernement voit la nécessité de changer de ton.

Québec tente donc une nouvelle stratégie de communication dans l'espoir de conserver l'adhésion de la population, en faisant appel à l'humoriste François Bellefeuille.

Son mandat : remonter le moral des gens dans une offensive publicitaire. Son personnage, auquel le gouvernement souhaite qu'on s'identifie, a pour mandat de dédramatiser la situation à travers une série de publicités qui seront diffusées tout au long des prochaines semaines.

François Bellefeuille s'était fait remarquer dans différentes capsules humoristiques sur la COVID-19, diffusées sur sa page Facebook durant la première vague de la pandémie. Pour la communauté anglophone, l'humoriste Derek Seguin a obtenu le même contrat.

Une nouvelle publicité COVID-19 pour la période des Fêtes au Québec

Exit les publicités dramatiques

Parallèlement aux nouveaux messages humoristiques, Québec va continuer de diffuser des publicités informatives. Si les témoignages de survivants de la COVID-19 ont marqué les esprits cet automne, ces publicités dramatiques ont rempli leur rôle. De plus, le gouvernement considère que les Québécois connaissent maintenant bien les règles sanitaires.

La solution, à ce moment-ci, n'est plus de les marteler, mais plutôt d'encourager les gens à ne pas baisser les bras, puisque la route risque d'être encore longue. Les stratèges publicitaires du gouvernement pensent qu'il est temps d'adopter un ton plus léger, surtout à l'approche du temps des Fêtes, qui sera bien différent cette année.

Alors que les partis d'opposition talonnent les ministres sur la question de la santé mentale et que le système de santé est en train de craquer sous la pression, il faut relâcher la tension, selon Robert Demers, le secrétaire adjoint à la communication gouvernementale. Je pense que les Québécois sont bien conscients de la gravité de la situation et des efforts qu'il faut faire. Quand c'est bien amené, c'est un bon ton à utiliser et c'est le bon moment aussi. Le temps des Fêtes ne sera pas une période facile. On est rendu à un point pivot où il faut aussi s'encourager. L'humour est un bon vecteur pour porter ce message-là.

Peut-on rire de la COVID-19?

Mais, est-ce que l'humour est approprié, vu le nombre de décès liés à la COVID-19 enregistrés jour après jour? Le professeur de publicité sociale Christian Desîlets pense que oui : Un message qui est constamment sur le même ton et le même angle finit non seulement par ne plus être écouté, mais il génère aussi de l'exaspération chez les gens. Le matraquage publicitaire est quelque chose qu'il faut éviter.

L'expert indépendant souligne qu'il n'a pas accès aux données gouvernementales ni aux sondages internes qui guident cette stratégie. Il convient cependant que le temps est venu de démontrer qu'il y a une normalisation de la vie, malgré toutes les mauvaises nouvelles.

Selon lui, les messages doivent s'ajuster à l'état d'esprit de la population. Un principe fort important lorsque s'installe une fatigue du message, c'est non seulement de varier le ton, mais aussi de communiquer moins fréquemment et de le faire de façon très claire. Il fait également référence aux points de presse réguliers du premier ministre avec la santé publique.

Durant cette période charnière du temps des Fêtes, et en pleine deuxième vague, le gouvernement mise aussi sur ces messages humoristiques pour rejoindre les jeunes adultes, plus réfractaires aux règles, mais aussi plus déprimés par la situation. C'est une façon de se donner une tape dans le dos et de se dire qu'on ne fait pas ça pour rien. Il faut continuer, conclut Robert Demers.

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