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Des paramédicaux à la rescousse pour désengorger les urgences

Les paramédicaux de la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) ont lancé un projet pilote avec le CISSS de la Montérégie-Centre afin de désengorger le réseau de la santé, et particulièrement les urgences.

Des ambulanciers déplacent une personne sur une civière.

La Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) a formé des paramédicaux communautaires qui fournissent un service à domicile lors d'appels classés non urgents afin d'éviter aux personnes de plus de 50 ans d'aller à l'urgence des hôpitaux.

Photo : Radio-Canada / Alfonse Mondello, caméraman

« 6-8-6-6 centrale... Je vais m'affecter sur la carte d'appel 239 », lance dans sa radio Charles-Martin St-Amour, qui est paramédical communautaire intégré (PCI) à la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM).

Nous roulons à bord de son véhicule d'urgence pour répondre à l'appel d'un septuagénaire qui ressent des douleurs et qui demande de l'aide au 911. L'appel est classé non urgent.

Réponse à un appel à la centrale 911.

Des soins à domicile pour désengorger les urgences

Photo : Radio-Canada / Michel Picard, caméraman

M. St-Amour, qui couvre une partie de la Montérégie, a lancé en janvier dernier le projet de paramédecine communautaire, de concert avec le CISSS de la Montérégie-Centre.

Son objectif : désengorger les urgences en écartant les cas non urgents chez les personnes de 50 ans et plus.

Environ 54 % des quelque 500 appels traités depuis 12 mois ont pu être réglés au domicile du patient grâce à un travail d'équipe entre le paramédical communautaire et l'infirmière de garde du CISSS jumelée au projet.

Le confort du foyer plutôt que la salle d'urgence

Le paramédical arrive au domicile d'un homme de 78 ans qui est accompagné de sa conjointe. Alité, le patient se plaint de douleurs et fait de la fièvre.

Une première évaluation est aussitôt faite.

Charles-Martin St-Amour au téléphone.

Les paramédicaux communautaires intégrés travaillent en équipe avec une infirmière du CISSS pour offrir à domicile des services qui seraient habituellement donnés à l'hôpital.

Photo : Radio-Canada / Michel Picard, caméraman

Il y a une panoplie de choses que l'on peut faire avant de se rendre à l'urgence, mentionne le PCI tout en poursuivant son examen.

Comme le couple veut à tout prix éviter l'urgence, il accepte que le paramédical contacte l'infirmière de soins à domicile pour valider ses observations médicales.

Charles-Martin St-Amour au chevet du patient.

Environ 54 % des quelque 500 appels traités depuis 12 mois ont pu être réglés au domicile du patient grâce à un travail d'équipe entre le paramédical communautaire et l'infirmière de garde du CISSS jumelée au projet.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

L'infirmière va venir ici?, demande le septuagénaire.

Oui, il y a toujours une infirmière du soin à domicile qui se déplace après notre visite, soit dans les 24 heures ou plus rapidement, selon les discussions qu'on va avoir elle et moi, répond Charles-Martin St-Amour. Si on a besoin d'une prescription d’antibiotiques, elle est livrée à la pharmacie. Si vous ne pouvez vous déplacer, votre pharmacie est souvent pas loin. Je vais aller la chercher pour vous.

La conjointe du patient est agréablement surprise de ce service à domicile. Elle prend la peine de mentionner à notre équipe de tournage qu'elle ne pourrait pas aller visiter son conjoint s'il allait à l'hôpital en raison des règles sanitaires imposées par la pandémie de COVID-19.

Une caméra de télévision en action.

Notre équipe a suivi des paramédicaux de la CETAM, en Montérégie, lors d'interventions en première ligne de soins préhospitaliers.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

À notre âge, le dernier endroit où nous voulons nous retrouver, c'est l'urgence pendant de longues heures. Surtout avec la pandémie de COVID, ce n'est pas un endroit approprié pour nous en étant exposés à toutes sortes de virus avec d'autres patients, affirme la dame, qui espère recevoir une prescription d'antibiotiques pour faire diminuer la fièvre de son conjoint.

C'est finalement le médecin de famille qui demande que son patient soit mis sous surveillance médicale.

Ils ont joint notre médecin en cinq minutes seulement. Et il a même rappelé une deuxième fois pour parler directement à mon conjoint. Si j'avais tenté de le joindre moi-même, j'aurais dû attendre au lendemain dans le meilleur scénario. Leur système de communication avec le réseau de la santé est vraiment efficace, ajoute la dame.

Même si le patient a finalement été transporté à l'hôpital, Charles-Martin St-Amour est convaincu que son travail a été utile.

Un franc succès

Le projet de paramédecine communautaire en Montérégie est qualifié de projet de démonstration, auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le milieu préhospitalier attend des changements à la loi pour le confirmer.

C'est très prometteur comme projet. Ça évite au patient de subir une visite à l'urgence quand ce n'est pas nécessaire, retient Jérémy Ménard, chef de division et adjoint au directeur général à la CETAM.

Jérémy Ménard en discussion avec un ambulancier.

Jérémy Ménard, chef de division et adjoint au directeur général à la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM)

Photo : Radio-Canada / Michel Picard, caméraman

On répond à un besoin qu'on voyait sur le terrain auquel on ne pouvait pas répondre avant ce projet-là. Parce que, dans la loi, quand vous appelez une ambulance au 911, elle vient chez vous pour vous transporter à l'hôpital. C'est un automatisme.

Une citation de :Jérémy Ménard, chef de division et adjoint au directeur général à la CETAM

À l'automne 2019, le gouvernement Legault a mis sur pied le Comité national de transformation du système préhospitalier d’urgence.

Le comité devra produire un rapport sur ses réflexions, mais il ne s'est pas fixé d'échéance pour le livrer.

La CETAM et le CISSS ne comptent toutefois pas attendre les conclusions du rapport pour étaler davantage le projet sur la couronne sud de Montréal.

Il y a déjà des communications avec le CISSS Montérégie-Est et le CISSS Montérégie-Ouest pour voir la faisabilité de l'implanter dans leurs territoires, annonce Lyne Marquis, directrice générale adjointe au CISSS de la Montérégie-Centre.

Lyne Marquis.

Lyne Marquis, directrice générale adjointe au CISSS de la Montérégie-Centre.

Photo : Radio-Canada / Alfonse Mondello, caméraman

Une réflexion s'est amorcée pour offrir les services de paramédecine aux personnes de moins de 50 ans au cours des prochains mois. Pour le moment, cette clientèle, qui nécessite le plus de transports en ambulance, est desservie par ce projet pilote de service de première ligne.

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