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Legault défend Fitzgibbon, écorché à nouveau par la commissaire à l'éthique

Le ministre Fitzgibbon en point de presse devant un drapeau du Québec.

La commissaire à l'éthique déplore le manque de collaboration du ministre Pierre Fitzgibbon dans son enquête.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour une deuxième fois en peu de temps, la commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale blâme le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon. Cette fois cependant, il a le soutien de son premier ministre qui défend sa probité.

Dans son rapport déposé mardi, la commissaire Ariane Mignolet a relevé des manquements dans la déclaration des intérêts du ministre dans certaines entreprises qui font affaire avec le gouvernement.

Elle recommande à l'Assemblée nationale de réprimander le ministre.

Il est reproché à M. Fitzgibbon d'avoir dépassé les 60 jours réglementaires, en tant que membre du gouvernement, pour transmettre sa déclaration d'intérêts. Il a obtenu des remises à plusieurs reprises. Mais au bout d'un délai que la commissaire a jugé raisonnable, le ministre n'a pas produit la déclaration de revenus dans laquelle doit figurer l'entreprise dans laquelle il a des intérêts.

Une autre de ses entreprises avait un lien avec le gouvernement, ce que le ministre n'a pas déclaré.

Enfin, M. Fitzgibbon n'a pas déclaré le fait qu'une troisième entreprise avait des liens avec Investissement Québec.

Mme Mignolet note également que le ministre se serait placé en situation de conflit d'intérêts en intervenant auprès d'Investissement Québec, un organisme dont il est responsable.

En outre, la commissaire déplore le manque de collaboration du ministre dans son enquête.

Mme Mignolet cite notamment des courriels que lui a envoyés M. Fitzgibbon, dans lesquels il se dit furieux de la façon dont elle procède.

Il affirme également que les échanges avec la commissaire confirment ses vues sur les compétences de l'organisme de Mme Mignolet en matière de corruption et enquête de conflit d'intérêts dans les affaires économiques et commerciales au Québec.

Mme Mignolet demande au ministre de régulariser sa situation pour être en conformité avec le code d'éthique.

Legault défend son ministre

En point de presse, le premier ministre François Legault a affirmé qu'il soutenait à 100 % son ministre de l'Économie et de l'Innovation.

Il a d'ailleurs ajouté que M. Fitzgibbon ne méritait pas un deuxième blâme de l'Assemblée nationale, car il a agi de bonne foi, selon M. Legault.

Il n'y aura donc pas de blâme contre le ministre à l'Assemblée nationale. M. Legault a annoncé que les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) ne voteront pas en faveur de la recommandation de la commissaire à l'éthique. Les voix des deux tiers des députés sont nécessaires pour appliquer une sanction. Étant donné que la CAQ est majoritaire, elle évitera le blâme à son ministre.

Pour sa part, Pierre Fitzgibbon s'est défendu d'avoir enfreint le code d'éthique, qu'il juge désuet et appartenant à une autre époque.

Il a annoncé de prime abord qu'il ne quitterait pas la vie politique tout en soulignant qu'il avait reconnu des manquements.

Il n'y a aucun manquement à l'éthique, a-t-il précisé. La commissaire reconnaît les efforts que j'ai faits pour me conformer au code et ma bonne foi dans le processus. Elle me reproche d'avoir trop fait dans certains cas ou d'avoir omis certaines précisions techniques, a-t-il expliqué.

Quant à l'entreprise dans laquelle il a des intérêts, M. Fitzgibbon a annoncé avoir mis en place un mur d'éthique étanche entre moi et l'entreprise. Il a précisé que toutes les demandes concernant cette entreprise devront être acheminées, s'il y a lieu, à un autre ministère, soit celui du Conseil du Trésor.

Il a expliqué qu'il a tenté, en vain, de vendre les entreprises dont il n'a pas pu se défaire depuis son entrée en politique.

L’opposition en colère

Le Parti québécois (PQ) estime que la situation est inacceptable.

Ce que le premier ministre et le ministre de l'Économie ont dit, c'est que ce n'est plus au ministre de s'adapter au code d'éthique, mais maintenant au code d'éthique de s'adapter aux pratiques non conformes de Fitzgibbon. C'est totalement inacceptable comme façon de voir la situation, a lancé le leader parlementaire du PQ, Martin Ouellet.

En 2014, le premier ministre reprochait à PKP [Pierre-Karl Péladeau, NDLR] de vouloir avoir une loi pour lui, différente de celle qui s'applique aux autres Québécois. À notre tour de poser la question : est-ce qu'il existe maintenant une loi pour le ministre Fitzgibbon et une pour les autres Québécois? Le premier ministre doit blâmer son ministre formellement et cesser de contourner les institutions du Québec. Son ministre est-il en train de devenir un boulet pour son gouvernement?, d'ajouter M. Ouellet.

De son côté, Québec solidaire, par la voix de Vincent Marissal, porte-parole du parti en matière de justice économique et fiscale, estime que le ministre doit être suspendu de son rôle le temps qu’il se conforme aux règles.

Ça prend beaucoup de culot pour se moquer des blâmes de la commissaire comme vient de le faire Pierre Fitzgibbon. Il préfère privilégier ses propres avoirs dans des entreprises plutôt que de prendre au sérieux le code d’éthique. […] Non seulement le ministre Fitzgibbon doit se plier aux demandes de la commissaire à l'éthique, il doit aussi être suspendu de son rôle de ministre le temps qu'il s’y conforme. Si François Legault ne le renvoie pas au banc après deux pénalités de suite, il ne fait pas son travail de capitaine, a illustré M. Marissal.

D'après le Parti libéral du Québec, le ministre Fitzgibbon devrait se retirer temporairement du Conseil des ministres, le temps qu'il règle ses affaires à la satisfaction de la commissaire à l'éthique.

Aujourd'hui, le premier ministre a confirmé qu'il y avait deux codes d'éthique : un code d'éthique pour 124 députés et un code d'éthique pour le ministre Fitzgibbon, et qu'ils n'étaient pas les mêmes. C'est ce que le premier ministre est venu confirmer, a soutenu la cheffe du parti, Dominique Anglade.

À mon avis, il n'y a qu'une chose à faire, il faut que le ministre de l'Économie se retire temporairement du Conseil des ministres, le temps qu'il règle ses affaires à la satisfaction de la commissaire à l'éthique, a affirmé Mme Anglade.

Avec les informations de La Presse canadienne

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