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Une infirmière estrienne se fait refuser un emploi à cause de son poids

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Marie-Christine Lanoue sourit à la caméra

Marie-Christine Lanoue, une infirmière et mère de quatre enfants estrienne, affirme s’être fait refuser un emploi au CIUSSS de l’Estrie-CHUS parce qu’elle est obèse.

Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux

Radio-Canada

Une infirmière et mère de quatre enfants affirme s’être fait refuser un emploi au CIUSSS de l’Estrie-CHUS parce qu’elle est obèse.

Marie-Christine Lanoue avait été employée du CIUSSS de l’Estrie-CHUS dans le passé, mais a démissionné pour profiter de la fin de sa dernière grossesse.

Elle a cependant décidé de retourner travailler cet automne, après que les heures de travail de son conjoint eurent été supprimées en raison de la COVID-19.

Dans une vidéo diffusée sur Facebook, elle explique avoir été retenue pendant le processus d’entrevue, à condition de remplir un questionnaire de santé jugé satisfaisant.

Lundi matin, une technicienne en embauche l’a cependant appelée pour lui dire que son indice de masse corporelle, qui se trouve au-dessus de 40, la rend inadmissible.

Elle me demande mon poids et ma grandeur. Je me dis : "Tu y vas vite en affaires ma grande", mais je lui donne, je me dis qu’il faut passer par là; et elle me dit: "Excusez-moi madame Lanoue, vous êtes refusée à l’emploi parce que vous êtes grosse, mais d’ici là, si vous perdez du poids, vous pouvez reprendre le processus d’embauche à la case départ pour réappliquer", explique-t-elle dans la vidéo.

Je me suis sentie très mal, souligne-t-elle en retenant ses larmes.

Si je comprends bien, les personnes qui veulent être embauchées et porter main-forte aux collègues de la santé, si elles sont obèses, même si elles n’ont pas de suivi précis à ce niveau-là, n’ont pas de maladie sous-jacente, sont même plus en forme que des gens qui ne sont pas obèses, tu ne peux pas travailler [...] On oublie les compétences, le niveau humain…, se désole-t-elle.

Elle a indiqué en entrevue à Radio-Canada ne pas s'être portée volontaire pour entrer dans les unités de traitement de COVID-19.

Mon domaine, c'est la périnatalité. [...] J'étais consciente qu'on pourrait me diriger un peu partout dans les unités, mais encore là, j'avais confiance, car ils prônent qu'ils vont mettre les employés dans les domaines qui les animent, explique-t-elle.

Elle dit maintenant s'inquiéter pour sa santé mentale.

Les problèmes alimentaires aussi vont s’accumuler, parce que sincèrement, je n’ai plus le goût de manger, parce que le message qui est envoyé est ridicule.

Marie-Christine Lanoue

Mme Lanoue indique aussi être en processus de plainte aux niveaux fédéral, provincial et régional.

Accepter le risque

Elle indique avoir déjà reçu des regards déplacés en raison de son obésité, mais n'avoir jamais été retenue dans son métier. Je ne pensais pas que c'était une façon de me bloquer dans mon domaine, surtout qu'on s'entend que des infirmières, ils en ont besoin.

Les normes de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) mettent en garde contre les risques de complication liés à l'obésité et à la COVID-19. Marie-Christine Lanoue dit cependant être prête à assumer ce risque.

Que j'aille à l'épicerie pour chercher de la nourriture pour mes enfants, que j'aille partout, on est confrontés à ce virus-là. Que je travaille, que j'applique les mesures nécessaires, j'ai été formée pour ça. Je sais quoi faire pour me protéger. Oui, j'étais consciente, et oui, je fonce dans le tas, je sais qu'il y a des besoins criants, note-t-elle avec détermination.

Selon elle, sa vidéo sur Facebook était une façon de protéger les futures infirmières de ce genre de situation. Il faut que le processus s'améliore, pour que personne ne repasse par ce que j'ai passé, conclut-elle.

En réponse à une demande d'entrevue, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a indiqué avoir révisé le dossier de Mme Lanoue et constaté que toutes les possibilités d'embauche n'avaient pas été explorées avec elle. Selon le porte-parole de l'établissement de santé, elle devrait recevoir un appel téléphonique mardi pour se faire proposer une affectation de travail. Il n'a pas tenu à faire d'autres commentaires sur le dossier.

D'après les informations de Marie Eve Lacas

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