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Délestage : « des cancers ne seront pas diagnostiqués », dit Diane Francoeur

Mme Francoeur accorde une entrevue dans les bureaux de la fédération.

La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur, souligne que des décisions importantes devront être prises pour prioriser certaines activités médicales.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« On va jouer à la courte paille pour décider ce qui reste de ce qui part », illustre la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur, en parlant de l’opération de délestage dans les hôpitaux de la province annoncée par le ministre de la Santé Christian Dubé.

La FMSQ a envoyé un communiqué à tous ses membres pour les informer de la directive ministérielle. Ça, ça veut dire que dans toutes les activités de l’hôpital on réduit de 50 % les chirurgies électives, toutes les chirurgies qui ne sont pas urgentes, a-t-elle dit sur les ondes de Tout un matin.

Les chefs de tous les services et départements ont déjà dû faire des recommandations pour organiser le délestage, a ajouté Mme Francoeur.

Elle précise que les interventions chirurgicales orthopédiques, les tests de dépistage et les rendez-vous de suivi vont écoper au cours de l’opération. Ça veut aussi dire qu’il y a des cancers qui ne seront pas diagnostiqués au cours de la période de délestage, a-t-elle déploré.

On sait que le parent pauvre de la pandémie, c’est la chirurgie orthopédique, des chirurgies qui ne sont pas vitales, mais qui empêchent les gens de fonctionner dans leur quotidien. Ce n’est vraiment pas banal.

Une citation de :Diane Francoeur

Ça veut dire qu’on va prioriser le cancer, la traumatologie, on va prioriser toutes les urgences comme les appendicites, etc. Le cancer ne prend pas de pause, a jouté la présidente de la FMSQ.

Le président de l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, Martin Champagne, abonde également en ce sens. Ça nous laisse craindre le pire pour les mois à venir, puisqu’on va amplifier la crise du retard diagnostique et la prise en charge des patients, ajoute-t-il.

Le cancer progresse, ne prend pas de pause COVID. Si vous aviez une petite tumeur […] localisée qui pouvait être traitée par chirurgie seule, elle a pu progresser et peut-être que vous avez déjà besoin d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie en supplément à votre chirurgie, souligne M. Champagne.

Des estimations effectuées par des épidémiologistes britanniques stipulent que l’augmentation de la mortalité par le cancer pourrait atteindre 10 % par année pour les 10 prochaines années en raison des délais qui incombent à la pandémie.

Une citation de :Martin Champagne

Un délestage qui inquiète

Le premier ministre François Legault a indiqué mardi en conférence de presse que l’opération de délestage entraînant le report de certaines chirurgies mise en branle dans les hôpitaux du Québec est un des indicateurs de la situation que son gouvernement suit quotidiennement, au même titre que l’évolution du nombre de cas de COVID-19 et d’hospitalisations attribuables à la maladie.

Effectivement, c’est un indicateur qui nous inquiète, parce que déjà, on avait beaucoup de chirurgies de reportées. Donc évidemment, on va en ajouter à la liste d’attente, a indiqué M. Legault.

Ce n’est pas souhaitable, du délestage, mais là, on est dans la balance des inconvénients. Je viens de parler de l’impact sur l’économie. On essaie chaque jour – et il n’y a pas de livre de recettes, de guide quelconque – de trouver un équilibre.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre en a aussi appelé à la responsabilisation des citoyens, en s’adressent notamment à ceux de la grande région de Montréal qui choisissent de s’évader à Saint-Sauveur pour aller manger au restaurant.

Une personne qui habite dans une zone rouge où elle n’a pas le droit d’aller au restaurant, bien elle n’a pas le droit d’aller au restaurant dans une zone orange , a-t-il souligné.

Selon lui, la santé publique du Québec ne considère cependant pas que cette situation est un facteur important, majeur, déterminant de transmission de la maladie. Il n’est donc pas question de mettre des barrages à Saint-Sauveur , a-t-il dit.

Une période tranquille

La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur, souligne qu’il y a un ralentissement naturel au cours de la période des Fêtes. Cela permettra aux hôpitaux de ne pas prendre trop de retard dans leurs activités.

Le problème, c’est que la directive pourrait s’étirer jusqu’à la fin janvier, comme le ministre Dubé l’a laissé sous-entendre. Et les chirurgies s’accumulent.

Le réseau de la santé tient le coup pour l’instant, rassure Mme Francoeur. Mais elle enjoint aux Québécois de respecter les mesures sanitaires mises de l’avant par le gouvernement. C’est du sérieux, a-t-elle prévenu.

Tout le monde a, dans sa famille, quelqu’un qui est malade. Alors, faites-le pour eux, même si vous ne croyez pas à la cause, parce que nous on ne pourra pas soigner si on n’a pas de personnel ou de lits parce que tous les lits se sont remplis par des gens qui ne respectent pas les consignes.

Une citation de :Diane Francoeur

Mme Francoeur rappelle aux gens qui feront les frais de l’opération de délestage de ne pas attendre passivement qu’on les rappelle.

Dès le mois de janvier, elle suggère aux patients de relancer les hôpitaux pour éviter de tomber dans l’oubli. Quand on annule de façon massive, parfois il y a des messages qui ne se font pas toujours, parfois on va mettre ça sur une liste parallèle pour replacer les patients quand on va rouvrir, a-t-elle conclu.

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