•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Mot en n » : l’Université d’Ottawa nomme un conseiller spécial

Affiche de l'Université avec le logo de l'institution.

L'Université d'Ottawa nomme un premier conseiller spécial pour le nouveau comité d’action contre le racisme.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Hamelin

Radio-Canada

Le professeur au Département de communication de l’Université d’Ottawa Boulou Ebanda de B’béri devient le premier conseiller spécial du nouveau comité d’action contre le racisme à l’Université d’Ottawa.

Le recteur, Jacques Frémont, avait promis de démanteler son comité consultatif sur l'antiracisme et l'inclusion pour le remplacer par un comité d'action.

C’est le dernier développement dans la controverse qui a secoué l’Université d’Ottawa à la suite de l’utilisation du mot en n par une professeure dans un cours.

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, Boulou Ebanda de B’béri, professeur de communications interculturelles à l'Université d'Ottawa depuis 16 ans, a indiqué que l’Université d’Ottawa s’est diversifiée de manière extraordinaire au niveau du corps étudiant. Cependant, au niveau du corps du personnel enseignant, il n’y a pas eu ce même élan, soutient-il.

Boulou Ebanda de B’Béri en entrevue à Radio-Canada.

Boulou Ebanda de B’béri devient le premier conseiller spécial du nouveau comité d’action contre le racisme à l’Université d’Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Moi, j’aimerais laisser l’université que j’ai connue il y a 16 ans, et dans 16 ans, laisser une université qui a une image totalement différente, une image de son corps professoral renouvelé ainsi qu’une image des étudiants qui continuent de se renouveler.

Une citation de :Boulou Ebanda de B’béri, premier conseiller spécial du comité d’action contre le racisme à l’Université d’Ottawa

Pour qu’on devienne une université un peu plus inclusive en termes de connaissance et en termes de personnes qui vont se placer devant les étudiants, et où les étudiants vont pouvoir s’identifier, exprime M. de B’béri.

Quant à l’utilisation du mot en n dans le contexte de la salle de classe, il dit qu’il faudrait l’éviter.

La contextualisation devient très importante, et je sais que déjà mes collègues vont être contre cette notion, lance-t-il d’entrée de jeu.

Ce qu’il faut comprendre, quand on utilise un mot qui a la potentialité, aussi minime qu'elle soit, d'aller chercher une personne dans son identité profonde, il vaut mieux éviter. Ça n’a rien à voir avec la liberté académique, ce n’est pas parce qu’on évite qu’on accommode, a précisé le professeur. Nous avons changé pleins de mots dans notre langage. On ne dit plus mademoiselle à la première venue, on ne dit plus amérindien, esquimaux, nous avons changé, notre langage a évolué. [...] l’Université n’est pas un espace qui n'a pas de problème, elle est cet espace qui crée des problèmes des fois. Il faudra qu’on puisse développer une attitude pour pouvoir aider nos étudiants à mieux comprendre les dynamiques et en même temps, à être sensibles à ceux qui pourront être blessés par rapport à ce qu’on développe dans un contexte de salle de classe.

Selon lui, il est important de protéger les étudiants qui vivent, dans des contextes différents, des microagressions au quotidien.

Qu’on ne froisse pas nos étudiants, surtout des étudiants [qui ont des] sensibilités, ou bien des étudiants qui ont déjà la résistance à fleur de peau. Parce que c'est des personnes qui vivent des microagressions tout le temps. Et quand on les remet devant ce fait accompli, ils sont malades, ils se sentent malades. Alors, pour le besoin pédagogique et pour la liberté académique, je pense qu’il faut ménager ces étudiants-là, conclut M. de B’béri.

Le professeur de B'béri coprésidera le comité et travaillera en étroite collaboration avec les facultés et les services pour mettre en œuvre les recommandations du comité.

Le travail du comité d’action est essentiel pour favoriser l'inclusion des membres appartenant aux communautés noires, autochtones et racisées, et éliminer les obstacles à nos efforts de diversité et d'inclusion, peut-on lire dans un communiqué de l’Université.

Un appel de candidatures pour les membres du comité est en cours.

L’expérience, l’expertise et le leadership du professeur de B'béri aideront à faire en sorte que l’Université évolue rapidement pour devenir un campus plus inclusif, diversifié et accueillant, dit par voie de communiqué la provost et vice-rectrice aux affaires académiques, Jill Scott.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !