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L’usine de transformation de déchets en biocarburants verra enfin le jour à Varennes

Représentation de l'usine d'Enerkem à Varennes.

Représentation de l'usine d'Enerkem à Varennes.

Photo : Enerkem

La construction de l’usine d’Enerkem à Varennes avait été annoncée par les ministres libéraux Sam Hamad et Clément Gignac en 2012. Huit ans plus tard, Québec et Ottawa injectent respectivement 160 et 74 millions de dollars pour que le projet d’usine de transformation de matières résiduelles en biocarburants se concrétise enfin.

Tout indique que cette fois-ci sera la bonne et que les opérations pourront débuter en 2023. Le premier ministre du Québec, François Legault, et la ministre fédérale du Développement économique, Mélanie Joly, accompagnés de plusieurs autres ministres en ont fait l’annonce mardi.

Le projet nommé Recyclage carbone Varennes, de 875 millions de dollars, devrait créer plus de 600 emplois pendant la construction et près de 60 lors de son exploitation, qui viendront s'ajouter aux 150 travailleurs déjà existants.

La transformation de matières non recyclables et de biomasse forestière résiduelle en méthanol et éthanol évitera leur enfouissement et permettrait en revanche de réduire les émissions de gaz à effet au Québec de l’équivalent de 50 000 voitures.

L'usine évaluée à 687 millions de dollars sera alimentée à l'hydrogène vert par un projet d'électrolyseur d'Hydro-Québec de 188 millions de dollars. Les retombées annuelles au Québec sont estimées à 85 millions de dollars annuellement.

Vue aérienne du terrain où sera construite l'usine d'Enerkem à Varennes

Vue aérienne du terrain où sera construite l'usine d'Enerkem à Varennes

Photo : Enerkem

Shell Canada parmi les partenaires privés

L'appui financier récent de Shell Canada, un partenaire stratégique, semble avoir convaincu les deux paliers de gouvernement de continuer à soutenir le projet. J'aime toujours qu'il y ait du privé dans les projets, a déclaré François Legault. Il va être stressé pour que ça réussisse et ça me rend très confiant.

La pétrolière Suncor Energy et l'un des plus grands producteurs mondiaux de méthanol Proman sont également de la partie. Québec avait déjà englouti jusqu’ici 81 millions de dollars.

Le chef de la direction d'Enerkem, Dominique Boies, derrière un lutrin

Le chef de la direction d'Enerkem, Dominique Boies, évalue à 350 millions de dollars les achats directs potentiels en biocarburants. La construction de la nouvelle usine au Québec constitue, selon lui, un « pas de géant » pour l'entreprise.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Basée à Montréal, Enerkem possède déjà une usine à Edmonton, exploite un centre de recherche à Westbury, au Québec, et envisage de construire des usines à Rotterdam, aux Pays-Bas, et à Tarragone, en Espagne.

Enerkem a mis deux décennies pour parfaire sa technologie et, encore aujourd'hui, l'aventure n'est pas garante de succès.

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, dit vouloir aider une entreprise à transformer une idée en succès commercial et à assurer sa pérennité. Je ne vous cacherai pas qu'il y a un certain risque, a-t-il admis. Comme gouvernement, on doit être là pour encourager l'innovation verte même quand c'est risqué.

Un projet vert

Le premier ministre François Legault y voit une façon de consolider notre leadership dans les technologies vertes. S'il souhaite électrifier l'économie et interdire la vente de véhicules à essence dès 2035, on a besoin en attendant que la transition se fasse bien, s'est-il justifié.

On importe des biocarburants au Québec, ça va changer avec le projet annoncé aujourd'hui.

François Legault, premier ministre du Québec

L’usine est considérée à Ottawa comme une infrastructure verte, les fonds provenant principalement du programme Investir au Canada, de 180 milliards de dollars sur 12 ans.

Enerkem, c'est le génie québécois et canadien à l'œuvre, a souligné la ministre Mélanie Joly.

Investissements publics

Gouvernement du Québec :

  • 81 millions de dollars par le passé (62 en capital-actions et 19 en subventions)
  • 160 millions de dollars aujourd'hui (80 en capital-actions et 80 en prêt)
  • Caution de Recylage carbone Varennes pour son engagement de 20 ans envers Hydro-Québec


Gouvernement du Canada :

  • 70 millions de dollars (subvention du programme Investir au Canada)
  • 4 millions de dollars (prêt de Développement économique Canada)

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