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Les opposants à Keystone XL ne désarment pas, malgré l'élection de Joe Biden

« Pas de pipeline Keystone XL », peut-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant sur un pont.

Des opposants au projet Keystone XL manifestent sur un pont, le 1er novembre 2017.

Photo : La Presse canadienne / AP/Nati Harnik

La Presse canadienne

Les opposants aux projets de pipelines transfrontaliers les plus controversés du Canada ne tiennent pas leur disparition pour acquise avec l'arrivée du président désigné Joe Biden.

Un nouveau rapport du Rainforest Action Network, basé aux États-Unis, indique que deux projets – Keystone XL et la Ligne 3 d'Enbridge – ont été placés dans la voie rapide dans les dernières semaines de la présidence de Donald Trump.

Le rapport fait état d'une longue liste de banques internationales de premier plan qui, selon lui, sont prêtes à soutenir les projets, preuve qu'ils sont loin d'être morts.

L'équipe de campagne de M. Biden a déjà clairement indiqué que le président désigné avait l'intention d'annuler les permis présidentiels pour le projet Keystone XL de TC Energy une fois qu'il entrera en fonction.

Mais Jason Disterhoft, l'auteur du rapport, dit qu'il y a un effort en cours pour l'empêcher de respecter cet engagement.

M. Disterhoft dit qu'il appartiendra aux banques de décider, dans les mois à venir, d'honorer ou non leurs propres engagements à limiter les émissions qui causent les changements climatiques.

Keystone XL est le projet qu'ils essaient de faire avancer le plus possible, et ils veulent rendre aussi difficile que possible pour l'administration Biden de tenir sa promesse.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Les environnementalistes croient en Biden

M. Biden est resté silencieux sur la Ligne 3, qui vise à remplacer une ligne existante entre les installations d'Edmonton et d'Enbridge à Superior, dans le Wisconsin.

Et il n'a pas dit un mot non plus sur Keystone XL depuis que sa campagne a publié une déclaration en mai.

Mais les indices pointent vers une opposition au projet : M. Biden a nommé l'ancien secrétaire d'État John Kerry, dont les conseils ont conduit le président de l'époque Barack Obama à rejeter Keystone XL en 2015, comme envoyé spécial sur le climat.

Publiquement, au moins, les groupes environnementaux comme le Sierra Club croient aux engagements des responsables de campagne.

Le président désigné Biden s'est engagé à agir immédiatement pour annuler les permis de Keystone XL, et nous sommes convaincus qu'il respectera cet engagement, a indiqué l'avocat principal du Sierra Club, Doug Hayes, dans une déclaration.

L'annulation du "permis présidentiel" de Donald Trump et d'autres approbations fédérales nécessaires laissera TC Energy sans option et mettra fin une fois pour toutes à ce projet de pipeline de sables bitumineux dangereux.

Doug Hayes, avocat principal du Sierra Club

M. Biden lui-même n'a pas encore prononcé l'engagement de sa campagne d'annuler le permis délivré par Trump en 2017, a déclaré Eric Miller, un expert Canada-États-Unis et président du Rideau Potomac Strategy Group à Washington.

Et politiquement, il est plus facile de refuser un permis, ce que M. Obama a fait en 2015, que d'annuler un permis existant, a-t-il déclaré.

Tout ce que l'administration Biden a à faire est de ne rien faire, juste de ne rien faire et de le laisser construire, a noté M. Miller. Cela enverrait un signal beaucoup plus important – et deviendrait, je pense, un très gros problème – si le permis de Keystone XL devait être annulé.

Joe Biden observe John Kerry qui parle debout devant un lutrin.

Le président désigné, Joe Biden, écoute son futur envoyé spécial pour le climat, John Kerry, le 24 novembre 2020.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Des projets en évolution

Les défenseurs des projets, y compris le corps diplomatique du Canada à Washington et TC Energy elle-même, demandent que les projets de pipeline transfrontalier fassent partie d'une conversation plus large et respectueuse du climat sur une stratégie énergétique et environnementale nord-américaine.

Keystone XL et son architecte principal ont considérablement évolué depuis que l'administration Obama – avec M. Biden comme vice-président – a rejeté le projet il y a cinq ans, a déclaré le mois dernier Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis.

La société TC Energy de Calgary évalue constamment de nouvelles façons de réduire son empreinte carbone et d'améliorer son efficacité afin de faire partie de la transition nord-américaine vers la prochaine génération de sources d'énergie renouvelables, a dit le porte-parole Terry Cunha.

Le calcul, cependant, ne fonctionne tout simplement pas, a noté M. Disterhoft. Keystone XL et la Ligne 3 assureront une production plus élevée des sables bitumineux de l'Alberta pendant au moins les 10 prochaines années, ce qui rendra impossible l'objectif de zéro émission d'ici 2050.

Les investissements dans les infrastructures des sables bitumineux menacent maintenant de débloquer la production pendant des décennies, à un moment où le secteur devrait être en déclin, sur la voie d'une économie zéro carbone.

Jason Disterhoft, auteur du rapport du Rainforest Action Network

La construction du tronçon du Minnesota de la Ligne 3 a commencé plus tôt ce mois-ci après que les autorités de l'État eurent accordé un permis définitif et que les organismes de réglementation eurent rejeté la contestation de deux groupes des Premières Nations.

Ce projet ne fait pas face à la même opposition politique et publique que Keystone XL, bien que M. Disterhoft ait déclaré que les dirigeants politiques du Minnesota étaient sous pression pour intervenir et que M. Biden ait été invité à revoir les approbations fédérales du projet.

Si vous cherchez un domaine où l'administration Biden va se déchirer, c'est sur l'énergie et le climat, a avancé M. Miller. Le problème des militants écologistes est que rien de ce que Joe Biden puisse faire, à part interdire toute forme de production de pétrole et de gaz, ne sera assez bon pour eux.

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