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Que signifie la hausse du taux de positivité à la COVID-19 en Alberta?

Une personne subit un test de dépistage du SRAS-CoV-2 au volant.

Depuis une semaine, environ 8 à 10 % des Albertains qui se font tester sont infectés par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

En dépassant 10 %, le taux de positivité au SRAS-CoV-2 a franchi « un sinistre jalon » en Alberta, selon la médecin hygiéniste en chef. Il aurait toutefois fallu sonner l’alarme il y a plus d'un mois quand il a franchi 5 %, estime un expert.

Le taux de positivité est le pourcentage de tests de dépistage du virus qui cause la COVID-19 qui donnent un résultat positif. En Alberta, le taux de positivité a battu un record vendredi en affichant 10,61 %. Autrement dit, ce jour-là, plus d’une personne testée sur 10 était porteuse du SRAS-CoV-2 en Alberta.

C’est un triste jalon qui devrait tous nous préoccuper, a alors déclaré la médecin hygiéniste en chef, Deena Hinshaw.

Formule du taux de positivité :

Nombre de tests positifs divisé par le nombre de tests analysés multiplié par 100 = Taux de positivité en pourcentage.

La moyenne mobile, soit la moyenne sur 7 jours, du taux de positivité, calculée vendredi pour la dernière fois, était de 9,06 %.

À titre de comparaison, l’Ontario signale des taux quotidiens allant de 3,9 % à 4,7 % depuis une semaine. Le Québec enregistre des taux de 3,9 % à 6,6 % pour la même période.

Lundi, la Saskatchewan affichait un taux de positivité élevé de 9,12 %, avoisinant celui de l’Alberta. Le Manitoba a le taux le plus élevé, avec un taux moyen de 13,7 % durant les cinq derniers jours.

La progression du taux albertain est néanmoins très très préoccupante, selon le Dr Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste à l’Hôpital Saint-Boniface.

Un taux de positivité de plus de 5 % est considéré comme élevé, ce qui peut indiquer que beaucoup de cas ne sont pas dépistés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ça veut dire que, parmi ceux qui ne se font pas tester, il y a certainement des cas, probablement des centaines de cas, dit le Dr Lagacé-Wiens.

Ce que vous allez voir, c’est une explosion de cas parce qu’il y a un tellement grand réservoir de gens qui ne savent pas qu'ils sont infectés.

Une citation de :Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste, Hôpital Saint-Boniface

L’Alberta n’a pas enregistré de taux de positivité de moins de 5 % depuis le 31 octobre.

La première série de restrictions de l’automne, ciblant surtout quelques grandes villes, a été introduite le 12 novembre. Des restrictions supplémentaires ont été annoncées le 24 novembre.

Un graphique indique que le taux de positivité moyen n'a pas dépassé 6 % lors de la première vague en Alberta, et qu'il a dépassé 10 % la semaine dernière.

Taux de positivité quotidien au SRAS-CoV-2 en Alberta (en gris) et moyenne mobile sur sept jours (en bleu).

Photo : Radio-Canada

Un avertissement passé inaperçu

Un taux de positivité élevé est moins inquiétant lorsqu’il est dû à une ou deux éclosions connues qui touchent seulement quelques régions, selon le Dr Lagacé-Wiens.

Cependant, en Alberta, toutes les régions affichent des taux de positivité supérieurs à 5 % et plus de 80 % des cas sont d’origine inconnue.

On n’en a peut-être pas fait assez à ce point-ci. On aurait dû faire une intervention un peu plus considérable quand on approchait du 5 %, croit le microbiologiste.

L’OMS recommande aux gouvernements de ne pas commencer leur déconfinement tant que le taux de positivité n’est pas resté sous 5 % pendant au moins deux semaines.

Un porte-parole précise toutefois que d’autres facteurs doivent être pris en compte pour décider si le temps est venu d’imposer des restrictions supplémentaires dans une province qui n’est pas confinée.

Parmi ces facteurs figurent le nombre de tests effectués, la capacité de tracer les contacts et la capacité du système de santé.

Services de santé Alberta (AHS) est présentement à la recherche de bénévoles pour tenter de reprendre le contrôle du traçage de contacts, qu’elle a partiellement abandonné après avoir accumulé un retard trop important.

Lundi, le taux de positivité en Alberta était de 8,5 %. Le nombre de personnes hospitalisées aux soins intensifs en raison de la COVID-19 a cependant grimpé à 108.

Au printemps, la Dre Hinshaw avait dit que le nombre d’hospitalisations aux soins intensifs deviendrait inquiétant s’il dépassait 70. Ce cap a été franchi le 24 novembre. AHS a entamé des démarches pour libérer des lits d'hôpitaux supplémentaires la semaine dernière.

Nous considérons une série de facteurs avant d’instaurer toute restriction. Il est essentiel de faire baisser le taux de positivité. C’est un des facteurs que nous surveillons de près, dit le porte-parole de Santé Alberta, Tom Mcmillan, dans un courriel à Radio-Canada.

En réponse à une question lors du point de presse de lundi, la Dre Hinshaw a dit que les mesures présentement en place ne seront probablement pas suffisantes pour freiner la hausse des cas.

Elle a laissé entendre que son équipe présenterait bientôt des recommandations pour des restrictions supplémentaires au gouvernement Kenney.

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