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Analyse

Des vaccins surprises avant Noël pour les Canadiens

Le Canada ne sera finalement pas le dernier pays à recevoir ses vaccins contre la COVID. Les premières doses seront disponibles dès la semaine prochaine.

Justin Trudeau porte un masque en marchant devant des drapeaux canadiens.

Justin Trudeau a annoncé lundi que des Canadiens pourront être vaccinés avant la fin de l'année.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Justin Trudeau a ouvert la petite porte de son calendrier de l’avent vaccinal lundi matin pour y trouver une belle surprise : 249 000 doses du vaccin de Pfizer et BioNTech contre la COVID, qui arriveront au Canada d’ici la semaine prochaine.

Un petit cadeau d’avant-Noël (pour lui et toute la grande famille canadienne) qui suscite un peu d’espoir parmi les gens. Et qui arrive juste à temps pour donner un coup de pouce politique aux libéraux.

Cela fait des semaines que les partis d’opposition tapent sur la tête de Justin Trudeau à propos des vaccins : le Canada recevra ses doses après tout le monde, scandent-ils, nous sommes en queue de peloton.

Alors que d’autres pays comme la Grande-Bretagne commencent déjà leur vaccination cette semaine, Santé Canada affirmait – pas plus tard que jeudi dernier – que les Canadiens devraient attendre jusqu’en janvier avant de rouler leur manche pour recevoir leur premier vaccin.

Magie de Noël?

Or, changement de plan (ou magie de Noël!), voilà que se matérialisent 249 000 doses de vaccins, qui arriveront au Canada bientôt (avant même que Santé Canada ne donne son feu vert officiel), et qui seront inoculés à 125 000 Canadiens dès la semaine prochaine, assure Ottawa (si Santé Canada l’approuve d’ici là).

Une seringue sur un bras.

Une infirmière du Royal Free Hospital à Londres reçoit en simulation le vaccin Pfizer.

Photo : La Presse canadienne / Yui Mok/AP

Est-ce que c’est le lutin de Noël qui avait caché ces doses, qu’on semble découvrir miraculeusement? Pas du tout, assure-t-on au sein du gouvernement libéral, c’était prévu ainsi dès le début, mais on ne voulait pas s’en vanter. Ottawa, semble-t-il, préférait générer la surprise avec une bonne nouvelle, plutôt que de créer de faux espoirs (comme avec les quatre jours de Noël du gouvernement Legault) et décevoir les gens.

L’explication est plausible. Mais l’annonce de lundi semble malgré tout être un geste précipité. Le point de presse de Justin Trudeau a été ajouté à son horaire à la dernière minute. Certaines provinces confient qu’elles n'avaient pas été mises au courant et l’ont appris quelques minutes seulement avant l’annonce officielle.

Qu’importe, cela donne l’occasion aux libéraux de danser une petite gigue et de se congratuler : le Canada ne sera pas le dernier à recevoir ses vaccins, contrairement à ce qu’affirme l’opposition depuis des semaines. En fait, disent les libéraux, on sera maintenant parmi les tout premiers pays du monde à les recevoir.

Cela représente un changement de discours de la part du fédéral. Justin Trudeau disait récemment à propos de la campagne d’inoculation canadienne que l’important, ce n’était pas la ligne de départ, mais la ligne d’arrivée (c'est-à-dire qu’il fallait mettre l’accent non pas sur le moment où on recevrait nos premiers vaccins, mais plutôt quand on aurait vacciné tout le monde). Voilà qu’avec cette bonne nouvelle à annoncer, la ligne de départ devient elle aussi importante, et on s’en vante.

Protéger son investissement

Si Pfizer accepte de livrer ces doses au Canada avant même que son vaccin ne soit officiellement approuvé par Santé Canada, c’est peut-être par esprit de générosité du temps des Fêtes... ou parce qu’Ottawa a négocié fort pour les obtenir plus tôt, comme le laisse entendre le gouvernement fédéral.

Mais c’est surtout – fort probablement – parce que Pfizer cherche à protéger son investissement.

Le nombre de vaccins qui seront envoyés (249 000) représente une infime partie (0,3 %) du nombre de vaccins total (76 M) que le Canada a commandé chez Pfizer.

Une seringue entre les mains d'une personne.

Une seringue est utilisée pour injecter notamment un vaccin.

Photo : La Presse canadienne / Tara Walton

La compagnie pharmaceutique pourra ainsi tester le réseau de distribution canadien et s'assurer que les vaccins livrés seront bien entreposés (à moins 70 degrés Celsius), afin de limiter le gaspillage.

La quantité qui sera reçue d’avance permettra d’inoculer le vaccin à moins de 1 % des Canadiens. Cela signifie environ 48 000 personnes en Ontario, et 28 000 au Québec, si les vaccins sont distribués au prorata de la population.

Les premiers ministres des provinces et les partis d’opposition diront qu’on est loin de l’immunisation de masse nécessaire pour contrôler le virus. Mais c’est un début. Et ça pourrait sauver des vies.

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