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Québec demande aux hôpitaux de mettre en branle leur plan de délestage

Les établissements de santé sont invités à réduire de moitié les activités normales des blocs opératoires.

Un lit d'hôpital vide, la nuit.

Les hôpitaux du Québec ont reçu l'ordre de libérer des lits pour recevoir un afflux grandissant de patients atteints de la COVID-19.

Photo : iStock / Darwin Brandis

Le gouvernement Legault passe à la vitesse supérieure pour faire face à la hausse des hospitalisations causées par la deuxième vague de COVID-19.

Dans une directive transmise lundi matin aux PDG des CISSS et des CIUSSS du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) leur demande de mettre en branle leur plan de délestage pour faire de la place aux patients qui nécessitent des soins en raison de la pandémie, un peu comme ils l'ont fait au printemps dernier.

Ce plan, qui devra être transmis à Québec d'ici mardi midi, devra prévoir le report ou l'abandon progressif de rendez-vous et d'opérations non urgentes afin d'atteindre le 17 décembre un certain nombre de lits désignés COVID, qui varie d'un établissement à l'autre.

Les deux tiers de cette cible devront être atteints dès vendredi. Pour ce faire, un délestage à la hauteur de 50 % des activités régulières des blocs opératoires est probablement requis, estime le MSSS.

Celui-ci demande en outre aux établissements de santé de rendre disponibles les surcapacités calculées à 150 % dans le plan qu'ils devront lui fournir. En d'autres mots, le ministère les invite à revoir à la hausse le nombre de lits réservés aux cas de COVID-19 si la situation continue d'empirer.

Les PDG des établissements du réseau ont été informés oralement de la directive dimanche soir.

Comme vous le savez, les hospitalisations sont en hausse et nous devons prendre des mesures pour éviter que les capacités hospitalières soient atteintes dans les prochaines semaines, a expliqué le MSSS dans un courriel transmis à Radio-Canada lundi. La situation actuelle est très préoccupante.

Nous l’avons répété à de nombreuses reprises, il ne s’agit pas de décisions faciles à prendre. Toutefois, nous devons être responsables et nous préparer à ce que la situation épidémiologique nous montre.

Robert Maranda, porte-parole du MSSS

Le réseau de la santé est très fortement sollicité. Encore lundi, le Québec a recensé 1577 nouveaux cas de COVID-19, en plus de 22 décès supplémentaires. Le nombre d'hospitalisations a, quant à lui, augmenté de 40 par rapport à la veille, avec un total de 818.

Or, le réseau de la santé doit actuellement composer avec l'absence de 6654 travailleurs de la santé, souligne le MSSS dans son courriel.

Selon les chiffres fournis par le ministère, les 477 lits d'hospitalisation de la Cité-de-la-Santé de Laval sont tous occupés. Il n'y en a pas un seul de libre. Les taux d'occupation sont aussi élevés ailleurs dans la métropole, atteignant 75 % dans les Laurentides, 79 % sur l'île de Montréal, 82 % dans Lanaudière et 84 % en Montérégie.

C'est ça qu'on est obligé de faire

Interrogé sur le sujet, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a admis lundi après-midi qu'il avait approuvé la directive de délestage, mais à contrecoeur.

Ça fait très longtemps qu'on le dit [que] ça va finir par avoir un impact sur notre système hospitalier. Et malheureusement, on en a la preuve, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse destinée à présenter le plan de vaccination du gouvernement Legault, qui prévoit la priorisation des résidents en CHSLD.

Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais il faut être capable de soigner les gens de la COVID. C'est ça qu'on est obligé de faire en ce moment.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le ministre Dubé n'a pas dit combien de temps cette mesure serait maintenue. Au contraire, il a plutôt indiqué qu'à moins d'un revirement, le MSSS pourrait se voir obligé de demander aux établissements de santé de se délester de 70 % des activités régulières des blocs opératoires.

Jusqu'à maintenant, on était capables dans nos hôpitaux [...] de fonctionner à environ 80 % de notre capacité, a expliqué M. Dubé. Les annonces qu'on a faites ce matin, c'est qu'on se rabaisse à 50 %, et on va peut-être être obligés d'aller à 30 %. Ça, c'est des chirurgies et des rendez-vous qu'on est obligés de reporter.

Le CHU de Québec a été le premier à faire connaître son plan de contingence lundi. Son PDG, Martin Beaumont, calcule qu'environ 4000 rendez-vous ambulatoires et près de 300 interventions chirurgicales seront reportés ou annulés par semaine. Les personnes touchées par cette mesure seront contactées par téléphone.

Le délestage du printemps dernier avait déjà entraîné le report et l'annulation de nombreuses opérations. Quelque 130 000 Québécois attendent de passer sous le bistouri, malgré un certain rattrapage effectué l'été dernier, entre la première et la deuxième vague de COVID-19.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Délestage massif et opérations retardées

Devoir reporter ou annuler à nouveau des rendez-vous et des interventions chirurgicales, c'est une annonce qu'on ne voulait pas avoir, a laissé tomber à 24|60 le Dr Denis Soulières, hématologue et oncologue au CHUM et à l'Hôpital Notre-Dame.

Le délestage des activités usuelles fait en sorte qu'on a des craintes importantes pour le reste de la population, pour le reste des soins qui doivent être donnés, et le signal qui est envoyé aujourd'hui, c'est qu'on revient dans le même genre de grande inquiétude qui avait été créée le printemps dernier.

Denis Soulières, hématologue et oncologue au CHUM et à l'Hôpital Notre-Dame

Selon lui, il faudra attendre les prochains mois avant de savoir si ce délestage aura un impact sur la surmortalité. Mais selon des données de l'ISQ rapportées dans La Presse de samedi, la surmortalité de la deuxième vague est déjà supérieure au nombre des décès attribuables à la COVID-19.

Du début septembre au 7 novembre, 1099 personnes de plus que la moyenne des cinq dernières années sont mortes, tandis que le gouvernement a rapporté 677 décès attribuables au nouveau coronavirus durant cette même période.

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