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Laurent Duvernay-Tardif et la « marque émotionnelle » de la pandémie en CHSLD

Il est à l'émission Tout le monde en parle.

Le footballeur Laurent Duvernay-Tardif

Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

Radio-Canada

Il l’avoue sans détour : lorsqu’il regarde Kansas City jouer depuis le début de la saison de la NFL, Laurent Duvernay-Tardif ressent un pincement au cœur.

Hier, je regardais les Chiefs battre les Broncos et je trouvais ça encore difficile. C'est sûr que chaque match, c'est un petit fer rouge. Mais en même temps, c'est le sacrifice à faire pour être en paix, pour suivre ses convictions, a mentionné le joueur de ligne offensive.

Il a choisi de ne pas prendre part à la saison 2020 afin de ne pas contribuer à la propagation du virus et de combattre la COVID-19 dans un CHSLD, ce qui lui a valu dimanche une nomination parmi les cinq personnalités sportives de l'année, selon Sports Illustrated.

Il a été questionné sur son expérience lundi lors d’une conférence pour les anciens de l’Université d’Ottawa animée par la Dre Manon Denis-Leblanc.

Duvernay-Tardif estime qu’entre 20 et 25 % des patients qu’il a côtoyés depuis le printemps sont décédés, lorsqu'il a décidé de prêter main-forte au système de santé québécois.

Quand les patients partent, ils ne sont pas immédiatement remplacés à cause des protocoles, donc ça crée beaucoup d'espaces vides qui sont autant de rappels. Ça, on dirait que ça laisse une marque émotionnellement, a partagé le champion du dernier Super Bowl.

Il assure que comme le reste du personnel médical, il a développé des stratégies pour traverser ces épreuves, comme celle d’avoir la satisfaction d’avoir fait tout en son pouvoir pour aider le patient.

En ce moment, le plus gros cadeau que je peux faire à mes patients, c'est de prendre le temps, de mettre un genou à terre et de me mettre à la hauteur de leur regard pour leur parler, a indiqué le footballeur. Ces patients-là ne vont pas retourner chez eux, ils vont mourir de la COVID ou mourir d'autre chose en CHSLD. Ce qui leur reste, c'est leur confort et leur dignité.

Le contact humain, malgré tout l’équipement de protection, reste la priorité numéro un de celui qui admet ne pas encore savoir à quelle fin il souhaite utiliser le diplôme en médecine qu’il a obtenu en 2018.

Il vet un sarrau qui porte son nom.

Laurent Duvernay-Tardif a obtenu son diplôme du programme de médecine de l'Université McGill en mai 2018 (archives).

Photo : Laurent Duvernay-Tardif / Twitter

Il espère que le programme de maîtrise en santé publique auquel il s'est inscrit à l’Université Harvard lui fournisse des réponses lorsqu’il sera prêt à raccrocher ses crampons. Il croit qu’il pourrait utiliser la tribune médiatique qui lui est offerte afin de poursuivre à plus grande échelle le travail amorcé avec sa fondation.

J'ai vu avec les dernières années, au fur et à mesure que ma notoriété augmentait, qu’il y avait de plus en plus de difficultés à interagir avec les patients. Je ne l'avais pas vu venir celle-là, a expliqué celui à qui les patients demandent parfois photos et autographes alors qu’il essaie d’établir un plan de traitement ou de faire de la sensibilisation.

En attendant de prendre une décision, il maintient l’entraînement et un programme nutritionnel afin d’être prêt à rejoindre les Chiefs l’an prochain lorsque concilier sa passion pour le football et la médecine sera de nouveau possible.

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