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Les Québécois veulent en faire plus dans la lutte climatique

Un manifestant invite les dirigeants politiques à agir en adultes.

78 % des Québécois veulent en faire davantage pour le climat.

Photo : Radio-Canada

Maxime Denis

Plus des trois quarts des Québécois sont prêts à en faire davantage pour le climat, mais la majorité manque de connaissances sur les comportements à adopter pour contrer la crise climatique. C'est entre autres ce que révèle le Baromètre 2020 de l'action climatique, commandé par le Laboratoire de l'action climatique.

Le premier coup de sonde réalisé en 2019 par une équipe de chercheuses de l'Université Laval indiquait qu'au moins 76 % des Québécois avaient cette même ambition. Cette année, le pourcentage grimpe à 78 %*.

Valériane Champagne St-Arnaud, professeure de marketing à l’Université Laval, avait hâte de voir les impacts de la Marche pour le climat et de la pandémie de COVID-19 sur le baromètre.

L'attention a évidemment été portée sur la pandémie. La préoccupation sur l'environnement est plus grande, mais quand on regarde les comportements réels, de façon générale, il n'y a pas eu tant de changements, souligne la professeure.

La diminution du recours au transport aérien et à la voiture ainsi que les achats locaux sont des points positifs de l'année observée, selon la chercheuse.

D'une crise à l'autre

Plus du tiers des répondants se disent optimistes par rapport à la lutte pour le climat en voyant la mobilisation mondiale actuelle contre la pandémie de COVID-19. Si près de la moitié des Québécois (49 %) ont bon espoir que des solutions à la COVID-19 seront trouvées, seulement 40 % affirment la même chose au sujet de la crise climatique.

Quelques faits saillants :

  • 79 % croient qu'il est urgent d'agir contre les changements climatiques
  • 58 % des répondants affirment que les scientifiques sont les meilleurs influenceurs
  • 34 % des jeunes (18-34 ans) pourraient être influencés par des vedettes médiatiques

Confusion généralisée

Les Québécois veulent bien faire, mais manquent de connaissances pour effectuer de bons gestes concrets pour la lutte climatique. Ce constat est bien clair dans les deux sondages menés.

72 % des Québécois pensent que d'éviter de gaspiller de l'eau potable a un fort impact sur les changements climatiques. Dans les faits, ce n'est pas le cas. Ce geste a un impact environnemental, mais pas pour la crise climatique, précise Mme Champagne St-Arnaud. La professeure souligne tout de même la bonne volonté des gens.

Il faut s'assurer que les Québécois aient les connaissances suffisantes pour faire les bons choix, indique-t-elle.

Ce n'est pas une question de mauvaise volonté, mais de mauvaise compréhension.

Valériane Champagne St-Arnaud, professeure de marketing à l’Université Laval

Il faut demeurer prudent pour ne pas tomber dans le biais de l'illusion négative, souligne Mme Champagne St-Arnaud.

Je recycle, donc je fais ma part. Je n'ai pas à réduire mon utilisation de ma voiture, donne-t-elle comme exemple. Il faut comprendre ce qui a un réel impact sur la crise climatique actuelle, affirme-t-elle.

Comment faire alors?

Il n'existe pas une seule piste de solutions, mais bien une diversité d'options pour y arriver, notamment dans la sensibilisation et l'éducation.

Par ailleurs, l'illusion d'être la seule personne à agir quand on se compare aux autres peut être négative.

Il faut montrer que de plus en plus de personnes ont de bons comportements et montrer l'impact collectif que ça peut avoir, dit-elle.

Valériane Champagne St-Arnaud invite les gouvernements, les industries et les citoyens à passer à l'action pour résoudre cette crise. Selon elle, les efforts liés aux différents gestes peuvent freiner trop de gens.

C'est vrai que ça peut parfois paraître rebutant et c'est cette perception-là qu'il faut qu'on change, conclut la spécialiste.

Le Québec a pour cible de réduire de 37,5 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 1990.

Saviez-vous que ?

Le Baromètre de l'action climatique a pour but de tester, de façon régulière, l'opinion des Québécois concernant l'action climatique et la réception, auprès de publics variés, de différents types de contenus de communications marketing concernant la crise climatique. Il est dirigé par le Laboratoire de l'action climatique, qui regroupe le média Unpointcinq et une équipe de chercheuses de l'Université Laval.

* Sondage web de la firme Léger réalisé du 14 au 19 septembre 2020 auprès de 2003 résidents du Québec âgés de 18 ans et plus.

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