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COVID-19 : le Québec vaccinera en premier les résidents des CHSLD

Les 4000 premières doses sont attendues dès la semaine prochaine.

Le ministre Dubé en conférence de presse.

Environ 2000 personnes devraient recevoir les premières doses d'un vaccin contre la COVID-19 dès la semaine prochaine, a annoncé lundi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le gouvernement Legault a tranché quant aux populations qui recevront en priorité le vaccin qui les protégera du nouveau coronavirus.

Les résidents des CHSLD, qui ont été les premières victimes de la pandémie, passeront en premier, apprend-on dans le plan du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) présenté lundi.

En outre, les résidents des ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF) pourraient être vaccinés [en même temps] si leur vulnérabilité et le niveau de soins qu’ils requièrent sont semblables à ceux des CHSLD, précise-t-on.

Les travailleurs de la santé et les personnes vivant en résidence pour aînés (RPA) suivront, après quoi ce sont les résidents des communautés isolées et éloignées qui seront vaccinés, principalement au Nunavik et dans les Terres-Cries-de-la-Baie-James.

Le reste de la population sera vacciné par groupes d'âge, du plus vieux au plus jeune. Ainsi, Québec vaccinera dans l’ordre :

  • les personnes âgées de 80 ans et plus;
  • les personnes âgées de 70 à 79 ans;
  • les personnes âgées de 60 à 69 ans;
  • les personnes adultes âgées de moins de 60 ans avec facteurs de risque.

À elles seules, ces catégories prioritaires représentent un peu moins de quatre millions de personnes.

On procédera ensuite à la vaccination des travailleurs essentiels, des adultes de moins de 60 ans, des jeunes et des femmes enceintes. Ces dernières, cependant, ne seront vaccinées que lorsque les données scientifiques seront plus détaillées, précise le MSSS.

Cette priorisation a été proposée par le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) de l’Institut national de santé publique dans un avis préliminaire soumis au gouvernement Legault (Nouvelle fenêtre).

En conférence de presse, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a néanmoins assuré qu’il entendait s’appuyer là-dessus pour organiser sa campagne de vaccination.

Le Québec est prêt, a-t-il répété à plusieurs reprises, lundi.

Objectif : vacciner 650 000 Québécois d'ici le 1er avril

Le ministre a expliqué que – si Santé Canada approuve cette semaine le vaccin développé par Pfizer et BioNTech, comme l'a suggéré le gouvernement Trudeau lundi midi – 4000 doses seront acheminées à compter du 14 décembre dans des CHSLD de Montréal et de Québec.

Comme ledit vaccin requiert deux doses inoculées à 21 jours d'intervalle, ce sont donc 2000 résidents qui pourraient le recevoir dès la semaine prochaine.

Selon nos informations, les deux premiers CHSLD où sera administré le vaccin contre la COVID-19 seront le Centre hospitalier gériatrique Maimonides, dans l’ouest de l’île de Montréal, ainsi que le Centre d’hébergement Saint-Antoine, à Québec.

La décision, selon nos sources, a été prise en fonction de la disponibilité des considérants logistiques pour accueillir et stocker le vaccin à ultra-basse température (congélateur, espace sécuritaire, etc.); de la volonté de Pfizer d’effectuer le projet pilote dans les grands centres; et des recommandations du CIQ.

Avec 26 cas actifs et 15 décès depuis le début de l'éclosion en cours, le Centre hospitalier gériatrique Maimonides – qui a récemment fermé sa « zone chaude » consacrée à la COVID-19 – figure parmi les CHSLD sous surveillance du MSSS. Le Centre d’hébergement Saint-Antoine, lui, n'y apparaît pas.

Cinquante-sept boîtes du vaccin de Pfizer/BioNTech sont également attendues entre le 21 décembre et le 4 janvier, pour un total de 57 000 doses. Celles-ci, a promis le ministre, seront distribuées dans 20 emplacements de vaccination : quatre à Montréal, deux en Montérégie et un dans chacune des 14 autres régions administrations du Québec.

En misant sur le vaccin de Moderna – un concurrent de Pfizer/BioNTech –, le gouvernement Legault s'attend à recevoir en tout 1,3 million de doses d'ici le 1er avril. Il espère donc que 650 000 Québécois seront vaccinés d'ici la fin du premier trimestre de 2021.

Ce total représente un peu plus de l'ensemble des résidents en CHSLD (40 000), des travailleurs de la santé (325 000), des personnes vivant en RPA (136 000) et des résidents des communautés isolées et éloignées (46 000) du Québec qui constituent, dans l'ordre, les quatre types de clientèles qui seront priorisées.

Une seringue devant le nom Moderna.

Le gouvernement du Canada a déjà commandé 20 millions de doses auprès de Moderna.

Photo : Reuters / David Himbert

Le MSSS a toutefois précisé, lors d'un breffage technique en début d'après-midi, que ces catégories pourraient se chevaucher pour des raisons logistiques. Par exemple, les travailleurs de la santé des CHSLD, où des résidents auraient été vaccinés, pourraient être immunisés avant les résidents d'autres CHSLD.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

On voit la ligne d'arrivée

M. Dubé s'est réjoui de pouvoir bientôt entamer la campagne de vaccination, lundi, mais il a mis en garde la population contre tout relâchement des mesures de prévention.

On est dans un marathon. On voit la ligne d'arrivée, mais les derniers kilomètres sont toujours les plus difficiles.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Il ne faudrait pas, a-t-il dit, que l’arrivée imminente des premières doses de vaccin contre la COVID-19 procure aux Québécois un faux sentiment de sécurité.

Le vaccin ne guérit pas la COVID, a-t-il martelé en pointant la forte hausse du nombre de cas observés dans les dernières semaines. Encore lundi, le Québec a recensé 1577 nouveaux cas et 22 décès en plus.

Le ministre s'attend à ce que ces cas se traduisent en de nombreuses hospitalisations, ce qui l'a forcé à imposer un délestage dans le système de santé. Des centaines de rendez-vous médicaux et d'interventions chirurgicales devront être annulés jusqu'à ce que la situation se stabilise.

Cela dit, M. Dubé n'estime pas pour autant qu'il faille remettre le Québec sur pause pendant les Fêtes, comme le soutiennent de nombreux experts.

Je pense qu'il y a déjà pas mal de mesures, mais il faut s'assurer de les suivre, a-t-il jugé, faisant notamment référence à l'annulation des rassemblements initialement permis du 24 au 27 décembre.

Avec David Gentile et La Presse canadienne

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