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À la Villa Youville, l'intelligence artificielle comme rempart à l’isolement des aînés

Irène Lemoine à l'extérieur avec un masque et un téléphone à la main.

Grâce à une application reliée à un haut-parleur intelligent dans la chambre de sa mère, Irène Lemoine arrive à beaucoup mieux communiquer.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La résidence pour personnes âgées Villa Youville à Sainte-Anne a mis en place des assistants personnels intelligents pour certains de ses résidents. Objectif : contrer la solitude tout en surmontant les défis technologiques rencontrés par les personnes âgées.

Avec son téléphone intelligent à la main, Irène Lemoine peut se retrouver en quelques instants dans la chambre de sa mère à la Villa Youville. Par la magie de la technologie et grâce à un haut-parleur intelligent, cette résidente de Sainte-Anne peut veiller sur sa mère. À 95 ans, cette dernière a été infectée par le virus de la COVID-19 et a perdu une petite partie de son autonomie.

Quand les visites ont été interdites, Mme Lemoine et ses proches s’inquiétaient de ne pas pouvoir communiquer efficacement avec leur mère. Pour une personne de 80 ans et plus, manipuler des nouvelles technologies ça peut être difficile, explique-t-elle, et même le téléphone ce n’est pas idéal parfois.

Lorsqu'Irène Lemoine a appris que la Villa Youville essayait de mettre en place des haut-parleurs intelligents, elle a sauté sur l’occasion.

Le procédé est simple. Le personnel de l’établissement installe le haut-parleur avec un écran dans la chambre du résident. La famille doit ensuite télécharger une application sur leur téléphone intelligent et se connecter pour apparaître automatiquement sur l’écran.

Maman n’a rien à faire, ça marche à merveille!, s’enthousiasme Irène Lemoine.

« Je pouvais la voir et donc je savais qu’elle n’était pas en détresse, qu’elle avait de bons soins. »

— Une citation de  Irène Lemoine, fille d'une résidente de la Villa Youville

Un service gratuit et en expansion

Cet outil technologique a été pensé avant la pandémie par les gestionnaires de la Villa Youville, mais a pris toute son importance avec l’arrivée du virus. Yann Boissonneault, qui est chargé de l’installation de ces appareils dans la résidence, parle d’une technologie qui permettait une meilleure communication avec les personnes âgées.

Après un premier essai concluant avec 5 machines, il en a acquis 13 autres depuis l’interdiction des visites en mars dernier. Ce service est devenu gratuit pour les résidents et leurs familles. Une initiative importante selon Yann Boissonneault qui estime que l’effet secondaire de l’isolement faisait autant de tort que le virus.

« On a vu avec l’interruption des visites les effets qu’il y avait sur la santé mentale et la santé physique de nos résidents, alors pour nous c’est important de trouver un équilibre.  »

— Une citation de  Yann Boissonneault, directeur des services et logements à la Villa Youville

Pour les familles, c’est comme être là un peu, ajoute Yann Boissonneault.

Avec le succès de cette expérience, la Villa Youville aimerait élargir son offre. C’est tellement facile et tellement apprécié, souligne-t-il. Autre avantage, le coût de ces technologies (90 $) qui permettrait à l’établissement de proposer ce service à chaque résident qui le désire.

Yann Boissonneault espère aussi que d’autres établissements pourront profiter de cette initiative et affirme que de nombreuses résidences ont déjà contacté la Villa Youville pour obtenir des renseignements.

Projet pilote et améliorations à venir

Comme toute nouvelle technologie, Yann Boissonneault avoue qu’il y a eu des défis. Avec Amazon, l’entreprise qui fabrique ces haut-parleurs, la communication a toujours été possible pour amener des améliorations.

M. Boissonneault aimerait par exemple que la caméra puisse suivre les mouvements du résident qui n’arrive pas toujours à bien se placer devant l’écran ou encore avoir beaucoup de personnes qui s’affichent à l’écran, à l’instar d’une vidéoconférence.

Une des difficultés est aussi de rassurer les résidents et leurs familles. Irène Lemoine remarque qu’une méfiance peut parfois s’installer lorsque les familles ne connaissent pas la technologie en question.

Yann Boissonneault doit ainsi faire ce travail d’explication et affirmer qu'aucune carte de crédit n’est associée à Alexa et que les résidents ne peuvent pas acheter de produits à travers les haut-parleurs.

Il met aussi un point d’honneur à respecter l’intimité des utilisateurs. Bien que l’écran et la caméra s'activent sans intervention du résident, il précise que ceux-ci peuvent à tout moment éteindre la machine. En outre, les infirmières sont formées pour mettre hors service l’appareil lors de moments plus intimes chez les résidents les moins autonomes.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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