•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« J'ai eu peur de ne jamais revoir mes enfants », lance une mère hospitalisée pour la COVID

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une mère et sa fille posent dans la rue, souriante.

Johanne Veillette et Maude Nadeau ont reçu un résultat positif à la COVID-19 au début octobre.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Annie-Claude Luneau

Alors que les cas de COVID-19 augmentent ces derniers jours en Abitibi-Témiscamingue, une famille de Rouyn-Noranda qui a contracté la maladie lance un appel à la prudence.

Johanne Veillette, 46 ans et sa fille Maude Nadeau, 20 ans, ont toujours des séquelles du virus plus de deux mois après avoir reçu leur résultat positif.

Un résultat surprise

L’histoire commence au début octobre, lorsque le conjoint de Mme Veillette ressent les premiers symptômes de la COVID-19 : un mal de gorge et de la toux.

Comme il travaille dans le Nord-du-Québec, son employeur lui demande de passer un test de dépistage avant de se rendre au travail.

Il a eu un résultat positif, il était très déboussolé. On n’avait pas eu l’impression d’avoir été en contact avec des gens qui avaient la COVID, raconte Johanne Veillette.

Toute la famille passe donc un test de dépistage; ils reçoivent tous un résultat positif, à l’exception de l’aînée de la famille, Maude, qui reçoit un résultat négatif.

Comme elle travaille dans le domaine de la santé, elle est placée en isolement à l’hôtel.

Quand je suis arrivée à l’hôtel, je me suis mise à ne pas bien aller. Je n’étais pas capable de manger, j’avais beaucoup de vomissements, de diarrhées. Les maux de tête c’était atroce, le mal de gorge, la toux aussi. L'essoufflement, c’est vraiment intense. Souvent quand je me levais, je partais dans les vapes, ça me stressait, j’étais toute seule à l’hôtel, avec personne pour m’aider. J’ai trouvé ça vraiment dur de ne pas être avec ma famille, se souvient la jeune femme de 20 ans, qui étudie pour devenir infirmière auxiliaire.

Elle est alors en contact quotidiennement par téléphone avec une infirmière de la santé publique. Elle lui suggère de passer un autre test de dépistage, qui se révélera cette fois positif.

J’ai eu peur de ne plus revoir mes enfants

Pendant ce temps, l’état de santé de la mère de famille de 46 ans se détériore.

J’avais beaucoup de difficulté à respirer. Juste pour me moucher, je n’avais pas assez de souffle pour me moucher. Je marchais 10 pas et c’était trop pour moi. J’ai été hospitalisée 4 jours, explique Johanne Veillette.

Il y a un soir, j’ai essayé de prendre ma douche et il n’y avait plus d’air qui rentrait, plus d’air qui sortait. J’ai eu peur de ne plus voir mes enfants, de ne plus voir mon mari, je me suis dit, ça y est, j’y passe.

Alors pour ceux qui disent que c’est une simple grippe, moi ça me fâche, parce que c’est horrible de vivre ce moment-là.

Des séquelles qui perdurent

Même si elles ont reçu le diagnostic il y a plus de deux mois, Johanne et Maude ressentent toujours les effets de la COVID-19.

Je suis en arrêt de travail parce que la fatigue reste. J’ai des pertes de mémoire, des problèmes d’attention et le souffle est court, je fais un peu d’activité comme passer ma balayeuse, c’est difficile. Avant ma vie était normale, je travaillais 5 jours par semaine depuis 24 ans. J’ai déjà eu une grippe, mais je n’ai jamais été en arrêt pour une grippe. Là, ça fait 2 mois et je ne sais pas quand je vais pouvoir travailler, raconte Johanne Veillette, qui doit passer des tests au cours des prochains jours pour déterminer si elle a subi des dommages aux poumons.

Au travail, il faut avoir notre masque et souvent, il faut que je fasse une pause pour enlever mon masque et prendre de l’air parce que j’étouffe. Juste monter les escaliers, je suis épuisée. Le goût, l’odorat, ce n’est pas encore revenu. La fatigue, ce n’est pas facile de faire une journée complète, ajoute sa fille Maude.

J’ai une montre avec mon rythme cardiaque et juste en montant les marches, mon cœur peut monter à 172, alors que les normales sont entre 60 et 90.

Maude Nadeau, 20 ans

Ça n’a pas de bons sens que les gens prennent ça à la légère. Si je peux éviter qu’une personne attrape la COVID et qu’elle le remette à quelqu’un d’autre, ça sera au moins ça, conclut Johanne, qui a accepté de raconter son histoire pour sensibiliser la population de l’Abitibi-Témiscamingue.

Des fois, on parle des gens qui ne veulent pas mettre de masque ou ils s’en foutent, ils vont faire le party et ils vont veiller avec leurs amis : ça peut arriver à n’importe qui, ce n’est pas parce que tu es jeune que tu es immunisé, renchérit Maude.

Les deux femmes espèrent surtout que les gens respecteront les mesures sanitaires pendant la période des Fêtes.

Il faut penser à la culpabilité qu’on peut avoir si on le transmet à quelqu’un qu’on aime et que cette personne-là meurt, ce n'est pas juste un Noël que tu n'auras plus avec elle, c’est tous les autres Noël.

Johanne Veillette, 46 ans

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !