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Les choses ont-elles changé au Yukon depuis la mort de Maxim Baril-Blouin?

Vue sur un jeune homme qui sourit avec un chandail et une casquette.

Maxim Baril-Blouin est mort à la suite d'une surdose au centre de détention provisoire d'Edmonton le 13 juillet 2018.

Photo : Famille Baril-Blouin

La mère de Maxim Baril-Blouin, Sylvie Salomon, croyait enfin pouvoir obtenir, la semaine dernière, les réponses qu’elle cherche depuis la mort de son fils au centre de détention d’Edmonton en juillet 2018 alors qu’il était sous la responsabilité du Yukon.

La rencontre qu’on lui avait proposée avec les hauts dirigeants du ministère de la Santé et des Services sociaux a toutefois été annulée à peine quelques minutes avant sa tenue, dit-elle.

« Je me sens comme une petite miette de pain qu’on a poussée avec son doigt », dit la mère de la victime qui se bat sans relâche pour comprendre les circonstances exactes qui ont mené à la détention, puis à la mort de ce dernier.

Je ne suis pas d’accord pour que les ministres, les sous-ministres s’en lavent les mains [...] J’ai promis à mon fils de trouver des réponses. Il y a des trous dans la documentation que j’ai, je veux trouver pourquoi il y a des trous, qui a pris la décision. Je ne veux pas que ça arrive à d’autres gens.

Une citation de :Sylvie Salomon
Sylvie Salomon à Whitehorse en hiver.

« On me dit que c’est malheureux, oui, c’est malheureux, mais moi, je n’ai plus d’enfant! »

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Sylvie Salomon demande que le Yukon lui remette tous les rapports de suivi sur son fils adoptif, qui souffrait d'un syndrome d’alcoolisme foetal. Déclaré non criminellement responsable d’un acte criminel, le jeune homme a été tour à tour placé dans des établissements médicolégaux en Nouvelle-Écosse, en Ontario, puis en Alberta.

Accusés non criminellement responsables

Les dossiers des accusés non criminellement responsables sont gérés par la Commission d’examen du Yukon, un organisme juridique indépendant qui rassemble une équipe de spécialistes chargée de déterminer les services appropriés pour chaque client.

La Commission d’examen compte présentement 14 dossiers de clients dont 4 sont placés dans des établissements ou des hôpitaux des provinces du Sud faute de services au territoire. Les dossiers sont révisés quelques fois par année, et une équipe des services sociaux du territoire se charge des suivis plus réguliers.

Le centre de détention d'Edmonton, l'hiver.

Le centre de détention d'Edmonton.

Photo : Radio-Canada

Comme la mort de Maxim Baril-Blouin est survenue dans un centre de détention de l’Alberta, les circonstances de la mort doivent faire l’objet d’une enquête du bureau du coroner de cette province, mais le dossier est toujours en attente.

Dans un courriel à Radio-Canada, le ministère de la Justice du Yukon dit qu'il étudie la possibilité de retenir dorénavant les services d’avocats dans les provinces où sont placés les clients yukonnais pour soutenir le gouvernement, le tuteur légal ou d'autres dans la navigation des procédures juridiques, en cas de besoin.

Suivis plus serrés

Entre-temps au territoire, les responsables du ministère de la Santé et des Affaires sociales disent qu'ils se penchent sur les services octroyés aux clients de la Commission d’examen.

Le plus grand changement, affirme le directeur par intérim du département de santé mentale et de toxicomanie, Cameron Grandy, est la création, en avril 2019, d’une équipe de soins médicolégale pour les cas plus complexes.

La façade du ministère des Services sociaux.

Le ministère de la Santé et des Affaires sociales traite les accusés déclarés non criminellement responsables de leurs actes en fonction de leurs aptitudes cognitives.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Ce sont également les thérapeutes de cette équipe qui se chargent des suivis dans les cas de clients placés à l'extérieur du territoire.

Tous les clients qui se retrouvent devant la justice peuvent obtenir un service en santé mentale et en toxicomanie [...] Ils restent en contact avec l'équipe. C’est une approche à long terme.

Une citation de :Cameron Grandy, directeur, Santé mentale et toxicomanie

Le directeur insiste sur le fait que son département travaille continuellement à améliorer l’offre de services au territoire, y compris des services de stabilisation des personnes aux besoins complexes avant qu’ils ne quittent le territoire ou à leur retour.

Nous avons une unité de transition en santé mentale où peuvent séjourner les clients de la Commission d’examen du Yukon [...] L’idée est que, s’ils arrivent à se stabiliser, ils peuvent retourner à la maison avec leur conjoint, leur parent ou seul.

L’unité, explique le directeur, compte 10 lits et comprend un soutien en tout temps d’une infirmière en santé mentale et la visite de psychologues ou de psychiatres. Les clients peuvent y demeurer jusqu’à deux ans.

Un message peu satisfaisant pour la mère en deuil

Sylvie Salomon croit également que le territoire a besoin de services sur place pour éviter de devoir sortir les clients en besoin et permettre aux familles de continuer à leur fournir du soutien.

Mais elle insiste pour obtenir les réponses à ses questions et n’entend pas abandonner jusqu’à ce qu’elle les obtienne. Tout le monde doit rendre des comptes. Ce serait trop facile de fermer la porte et dire" "Eh bien oui, c’est malheureux." Non, je ne peux pas. Et s’il faut que j’aille jusqu’à la grève de la faim, eh bien, je vais le faire.

Sylvie Salomon et son fils adoptif, Maxim Baril-Blouin.

« On n'aura jamais la parole non plus du client, de ce pauvre jeune homme qui était assis en prison et qui ne comprenait peut-être pas pourquoi le téléphone n'a jamais sonné », dit la mère de Maxim Baril-Blouin.

Photo : Sylvie Salomon

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