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Perry Bellegarde quittera l’Assemblée des Premières Nations à l'été

Cette annonce précède l'ouverture de l'assemblée générale annuelle de l'APN, qui se tiendra les 8 et 9 décembre de façon virtuelle.

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, lors d'une conférence de presse.

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, lors d'une conférence de presse.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN) depuis six ans, Perry Bellegarde a annoncé lundi matin sur son compte Twitter qu'il ne se présentera pas aux prochaines élections qui auront lieu en juillet.

Élu pour la première fois en décembre 2014, Perry Bellegarde terminera son second mandat comme chef de l'Assemblée des Premières Nations en 2021.

Le chef de l'APN assure vouloir se concentrer sur ce qu'il peut faire avancer dans les prochains mois plutôt que sur une campagne électorale, qui est un travail à temps plein en soi, dit-il.

Il reste environ six mois avant la fin de mon mandat et je veux mettre mon énergie et mon temps sur les résultats qu'on peut avoir avec le gouvernement actuel. Je veux qu'on influence le budget, qu’on travaille pour avoir des ressources et pour améliorer le logement, l'accès à l'eau et l'éducation des Premières Nations.

Il ajoute qu'après plus de six ans à la tête de l'APN, il est important que l'organisation aille de l'avant.

Il restera impliqué auprès des Premières Nations à travers le pays, mais pas de façon formelle.

Engagement et réalisations

Perry Bellegarde, 58 ans, est originaire de la Première Nation de Little Black Bear, en Saskatchewan.

Avant de devenir chef de l'APN, il a été représentant du conseil tribal de Touchwood-File Hills-Qu’Appelle, chef de la Federation of Saskatchewan Indian Nations, puis chef régional de l’Assemblée des Premières Nations en Saskatchewan, ainsi que chef et conseiller de la Première Nation de Little Black Bear.

Il s'est présenté pour la première fois aux élections de l'APN en 2009, mais a été battu par Shawn Atleo. Il a finalement été élu chef en 2014, puis réélu en 2018.

L’adoption de la Loi sur les langues autochtones en 2019 est, selon lui, une de ses plus grandes réalisations en tant que chef de l'APN.

Le projet de loi C-91, c'est un gros morceau. Notre droit le plus important est notre droit à l'autodétermination, pour lequel nous avons besoin de nos propres langues, de nos terres, de nos lois. [...] Et rappelons-nous que les enfants autochtones étaient punis dans les pensionnats lorsqu'ils parlaient leur langue maternelle.

Perry Bellegarde souligne également l’octroi de 27 milliards de dollars en nouveau financement pour les Premières Nations et son rôle dans l'élaboration du projet sur la réforme des services aux enfants autochtones.

Malgré ces réalisations et une victoire décisive en 2018 avec plus de 60 % des voix au deuxième tour de scrutin, Perry Bellegarde a souvent été une figure contestée.

Il lui a notamment été reproché d’être trop proche du premier ministre fédéral Justin Trudeau.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en compagnie du chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en compagnie du chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Si vous préconisez des changements politiques et législatifs, vous devez avoir accès aux décideurs, avait-il répondu à ces accusations. Et donc, pour le moment, c’est le premier ministre Trudeau et son Cabinet. Mais nous devons aussi entretenir des rapports avec tous les autres dirigeants fédéraux, c’est pourquoi j’ai tenu à les inviter à notre dernière assemblée.

Justin Trudeau a d'ailleurs fait mention du départ de M. Bellegarde durant son point de presse sur la COVID-19 lundi matin. Perry a été un grand chef qui a défendu les intérêts des Premières Nations et je sais que je ne suis pas seul à célébrer ses années de dévouement aux collectivités autochtones.

Encore beaucoup de travail à faire

Perry Bellegarde ne cache pas que ses successeurs ont encore beaucoup de pain sur la planche et qu'il aurait aimé voir certains combats avancer davantage durant son mandat.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire, alors luttons ensemble pour les priorités des Premières Nations jusqu'au bout, a-t-il écrit sur Twitter.

Il aurait notamment aimé voir plus de progrès au chapitre de la mise en oeuvre des traités que ses ancêtres ont signés avec le gouvernement canadien. Il espère un jour les voir être appliqués dans l'esprit et l'intention des Premières Nations au moment des négociations.

L'annonce du départ de Perry Bellegarde précède l'ouverture de l'assemblée générale annuelle de l'APN, qui se tiendra les 8 et 9 décembre de façon virtuelle.

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