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Réacteurs nucléaires modulaires : avis partagés sur le risque financier au N.-B.

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Le ministre du Développement de l’énergie du Nouveau-Brunswick dit qu’il veut garder le risque financier faible pour les contribuables de la province en matière de petits réacteurs nucléaires modulaires. Ci-dessus, la centrale nucléaire de Point Lepreau (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les progressistes-conservateurs, les verts et d'autres intervenants au Nouveau-Brunswick ne s’entendent pas sur les risques financiers associés aux petits réacteurs nucléaires modulaires qui enthousiasment le gouvernement.

Les petits réacteurs modulaires, qui peuvent être de la taille d’un simple gymnase, seraient pour l'essentiel construits en usine et assemblés là où ils seraient utilisés.

Le ministre du Développement de l’énergie, Mike Holland, a récemment cité des estimations de la société Énergie NB selon lesquelles la construction de réacteurs de ce genre peut entraîner la création de milliers d’emplois et des retombées économiques de 1 milliard de dollars dans la province.

Le Nouveau-Brunswick peut devenir un chef de file mondial en ce domaine, a déclaré Mike Holland devant l’Assemblée législative, en novembre.

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Mike Holland, le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l'énergie, estime que Nouveau-Brunswick peut grandement bénéficier de la construction et de la vente de petits réacteurs nucléaires modulaires (archives).

Photo : Radio-Canada

Les députés verts David Coon et Kevin Arseneau ont répliqué que le gouvernement ne devrait pas investir de fonds publics dans le nucléaire, en rappelant que la remise à neuf de la centrale nucléaire de Point Lepreau a coûté un milliard de dollars de plus que la somme prévue au départ.

Susan O'Donnell, chercheuse à l’Université du Nouveau-Brunswick, fait partie d’une coalition formée cette année et qui s’oppose au recours aux petits réacteurs nucléaires modulaires. Elle dit croire que les promoteurs des petits réacteurs ont ciblé le Nouveau-Brunswick dans l’espoir d’avoir accès à un important financement comme celui de la remise à neuf de Point Lepreau.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a relativement peu investi dans ce domaine jusqu’à présent, soit 10 millions de dollars en tout accordés par les libéraux de Brian Gallant aux entreprises ARC Nuclear et Moltex Energy, qui ont des bureaux à Saint-Jean.

Une demande « criante » à l'échelle mondiale

Selon le ministre Mike Holland, la majorité de l’investissement à venir viendrait de sources privées, et non des contribuables. Le fait que des investisseurs veulent appuyer ce projet inspire confiance au gouvernement, explique-t-il.

Il ne sera pas difficile de trouver des communautés qui cherchent à produire de l’énergie à un bon rapport coûts-efficacité, de façon sécuritaire et sans émission de gaz à effet de serre, ajoute Mike Holland.

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Les opposants aux petits réacteurs nucléaires modulaires rappellent que le Nouveau-Brunswick a perdu 23 millions de dollars en 1975 dans l'aventure de la voiture Bricklin (ci-dessus) et plus de 63 millions de dollars dans celle du groupe Atcon il y a une dizaine d'années.

Photo : Radio-Canada

Selon Susan O'Donnell, les fabricants devront vendre un grand nombre de réacteurs pour rentabiliser l’affaire. Elle doute de l’existence d’un tel marché.

Mais selon le PDG de Moltex Energy, Rory O'Sullivan, il suffirait d’en vendre quelques-uns pour atteindre la rentabilité. Des sociétés d’énergie et d’autres clients au Canada, aux États-Unis, en Asie et en Europe cherchent désespérément une technologie du genre, souligne-t-il. La demande est criante, dit-il.

Le PDG d’ARC Nuclear, Norm Sawyer, estime pour sa part que 30 % des ventes de petits réacteurs modulaires de l’entreprise auront lieu en Atlantique, 30 % en Ontario, 40 % en Alberta et en Saskatchewan.

Rentabilité remise en question

Un expert des aspects financiers de l’énergie nucléaire, le physicien M. V. Ramana, de l’Université de la Colombie-Britannique, doute qu’il suffise de vendre quelques réacteurs modulaires pour atteindre la rentabilité. Il croit qu’il faudra en construire et en vendre plus de 700 et qu’il n’y aura pas assez d’acheteurs pour cela.

Mais Norm Sawyer affirme que la technologie a progressé et qu’il est possible de rentabiliser ARC Nuclear même en ne vendant que quelques dizaines de réacteurs. Rory O'Sullivan estime que Moltex Energy n’a qu’à en vendre trois au maximum pour devenir rentable.

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La demande à l'échelle mondiale pour ce genre de produit est très forte, selon le PDG de Moltex Energy, Rory O'Sullivan.

Photo : CBC/Brian Chisholm

M. Ramana n’en est pas convaincu. Il dit que ces entreprises ont respectivement un projet sur papier, mais qu’elles n’ont encore rien construit et rien testé. Il y a encore une énorme quantité de travail à faire pour réaliser le projet, souligne-t-il.

Les prévisions de ventes sur lesquelles sont basées les estimations d’Énergie NB restent entre-temps confidentielles.

Avec les renseignements de Jacques Poitras, de CBC

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