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Enquête publique sur la petite Rosalie : rituels sataniques et appartement délabré

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Audrey Gagnon et la petite Rosalie, deux ans

Photo : SPVQ

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Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première journée d'audience de l’enquête publique du coroner sur la mort violente de la petite Rosalie Gagnon en avril 2018 à Québec a surtout permis de refaire le fil des événements qui ont mené au meurtre perpétré par Audrey Gagnon. Les témoins entendus ont dit qu'il s'agissait d’une bonne mère, mais qui avait des antécédents judiciaires, un penchant pour l’alcool et la drogue, ainsi qu’un intérêt pour les rituels sataniques.

En mars dernier, Audrey Gagnon, alors âgée de 25 ans, a été formellement condamnée à la prison à vie, sans pouvoir faire de demande de libération conditionnelle avant 14 ans, pour le meurtre de sa fille.

L'enquête publique permettra à la coroner Me Géhane Kamel de formuler des recommandations pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Attention : ce texte contient des éléments descriptifs d’actes violents y compris la présence de sang et la description d’un cadavre.

Lundi, une déclaration faite par une intervenante qui a croisé Audrey Gagnon dans le passé décrit une jeune femme qui pouvait parfois se mutiler et qui faisait des pactes avec le diable.

Son ex-conjoint, Philippe Ménard, affirme dans une déclaration aux policiers qu’elle lui parlait de voyage astral. Ce dernier explique qu’elle consommait environ six bières par jour et parfois du cannabis, en précisant qu’elle suivait un traitement à la méthadone.

Le témoignage de l’enquêteuse du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Marie-Manon Savard, a aussi permis de comprendre que la mère de la petite Rosalie avait eu quelques démêlés avec la justice. En 2014, elle a entre autres été reconnue coupable de voie de fait grave avec une arme tranchante sur son conjoint de l’époque, autre que M. Ménard.

Dans de nombreux témoignages entendus ou lus lundi, plusieurs personnes disent toutefois qu'il s'agissait d’une bonne mère, qui plaçait sa fille au coeur de sa vie. La petite n’allait pas à la garderie et la mère était sans emploi.

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La cuisine de l'appartement mal entretenue

Photo : Bureau du coroner

Un appartement malpropre

Des images dévoilées lors du témoignage de Sylvain Dumont, agent de l’unité de l’identité judiciaire au SPVQ, montrent un appartement très sale et mal entretenu.

Il s’agit de l’ancien logement de l’ex-conjoint d’Audrey Gagnon sur l’avenue Gaspard, là où est survenu le meurtre.

Philippe Ménard y a accueilli la mère et sa petite au début d'avril 2018, lorsqu'Audrey Gagnon s’est fait mettre à la porte de la maison d’hébergement où elle se trouvait avec sa fille.

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Le salon de l'appartement de Philippe Ménard sur l'avenue Gaspard. La petite Rosalie dormait sur le lit à gauche.

Photo : Bureau du coroner

L’agent Sylvain Dumont a décrit des photos prises au lendemain du drame. On y voit des vêtements d’adulte étendus un peu partout et des objets de toutes sortes recouvrir le plancher du petit appartement.

L’agent met l’accent sur certains endroits, comme une zone très précise dans la cuisine ainsi que le fond de la baignoire, qui étaient pour leur part très propres. Des éléments qui ont permis aux policiers d’avancer dans l’enquête, puisqu'ils tendent à démontrer que la mère a nettoyé pour effacer toutes traces du crime.

Sur les photos, on voit également que la salle de bain est sens dessus dessous. M. Dumont explique que le cadre de la porte de cette pièce était presque défait et que des symboles étranges étaient dessinés sur la porte.

L’ex-conjoint d’Audrey Gagnon a été rencontré à quelques reprises par les policiers durant l’enquête. Il n’a jamais été accusé dans cette affaire.

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La porte de la salle de bain sur laquelle on voit des symboles étranges

Photo : Bureau du coroner

Le petit corps au fond d’un bac à ordures

Le 18 avril 2018, Audrey Gagnon a reconduit les policiers jusqu’à une résidence de l’avenue De Gaulle pour leur montrer le bac vert dans lequel elle avait abandonné sa fille.

L’agent Sylvain Dumont, avec photo à l’appui, décrit l’intérieur d’un bac au fond duquel des couvertures bleues et un sac taché de sang sont visibles. La petite Rosalie se trouvait en dessous, la tête touchant presque le fond du bac.

Elle portait un manteau d’hiver, des bottes. Seul son chandail montrait lui aussi les marques des coups de couteau qui lui ont été assénés. Une information qui a été corroborée lors du témoignage du pathologiste judiciaire, le Dr Yann Dazé.

Ce dernier a conclu que la petite Rosalie avait succombé à un traumatisme crânien et à une blessure par arme tranchante à l'abdomen. Dans son témoignage, le pathologiste judiciaire a précisé qu’aucune blessure n’a été infligée après la mort de la petite.

Le Dr Dazé a souligné que Rosalie était une enfant en bonne santé.

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En avril 2018, des peluches ont été déposées près de l'endroit où la petite Rosalie a été retrouvée morte.

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

Pas de témoignage de Philippe Ménard

Un témoignage attendu lundi après-midi était celui de l’ex-conjoint d’Audrey Gagnon. Philippe Ménard ne s’est finalement pas présenté.

Pour mieux comprendre sa version des faits, quatre déclarations policières ont été lues durant les audiences.

Ce dernier confirme qu’il connaissait Audrey Gagnon depuis dix ans environ, mais qu’ils se fréquentaient seulement depuis quelques semaines.

Il la décrit comme une femme amoureuse qui prenait bien soin de sa fille. Il admet cependant avoir levé le ton envers Rosalie l’après-midi du 16 ou du 17 avril, alors qu’il était seul avec la petite. Philippe Ménard affirme aux policiers qu’il ne lui a jamais fait mal.

Le soir du drame, Audrey Gagnon a communiqué avec sa mère pour qu’elle s’occupe de Rosalie durant la nuit. Dans le témoignage de cette dernière, lu devant la coroner, la mère d’Audrey Gagnon dit qu’elle a accepté de prêter de l’argent à sa fille, mais qu'elle a refusé de prendre Rosalie pour la nuit.

La grand-mère explique qu’elle ne se sentait pas apte, mentalement, à recevoir l’enfant chez elle.

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La coroner, Me Géhane Kamel, lors de la première journée d'audience

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Les audiences se poursuivent mardi. Les témoignages d’au moins cinq intervenants, dont des intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), sont à l’horaire.

Audrey Gagnon devrait pour sa part prendre la parole devant la coroner, par vidéoconférence, mercredi après-midi.

Chronologie des événements :

12 avril 2018 : La Maison Marie-Rollet met fin au séjour d’Audrey Gagnon où elle se serait rendue après une violente dispute avec sa mère, avec qui elle demeurait.

17 avril 2018 : Audrey Gagnon assassine sa fille, Rosalie Gagnon.

18 avril 2018 : Une poussette ensanglantée est découverte près du parc Terrasse-du-Bon-Air, dans l'arrondissement Charlesbourg. Un avis de recherche permet de retrouver la mère, Audrey Gagnon, et la dépouille de sa fille Rosalie, 2 ans, sur l’avenue De Gaulle.

21 avril 2018 : La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse de l’époque, Lucie Charlebois, réclame une enquête à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

27 avril 2018 : Audrey Gagnon est officiellement accusée du meurtre non prémédité de sa fille et d’outrage à son cadavre.

5 mai 2018 : Les funérailles de la jeune défunte sont célébrées en l’église Saint-Rodrigue.

16 avril 2019 : Audrey Gagnon choisit un procès devant juge et jury.

11 mars 2020 : Audrey Gagnon plaide coupable de meurtre et est condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 14 ans.

15 mai 2020 : L'enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse conclut que les communications entre la DPJ et le centre d'hébergement où a séjourné la mère de l'enfant étaient déficientes.

29 mai 2020 : La coroner en chef ordonne la tenue d'une enquête publique après les conclusions de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

15 septembre 2020 : Le bureau du coroner annonce la tenue d'audiences publiques qui auront lieu du 7 au 11 décembre 2020.

7 décembre 2020 : Début de l'enquête publique.

Avec la collaboration d'Alain Rochefort et de Pascal Poinlane

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