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Une épidémie dévastatrice à la Résidence Prescott et Russell, selon le directeur

Un panneau qui sur lequel est écrit : Maison de soins de longue durée; Résidence Prescott et Russell.

À ce jour, 109 des quelque 130 résidents de l'établissement ont contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que la Résidence Prescott et Russell, à Hawkesbury, entre dans la dixième semaine de son épidémie de COVID-19, un administrateur témoigne de la situation « écrasante » à l'intérieur, du stress incessant, de la pression sur le personnel et de la nécessité de rétablir la confiance dans la maison de soins de longue durée de cette petite communauté.

Stéphane Parisien, directeur général des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), indique qu'il reste éveillé la nuit en pensant aux familles des résidents de l'établissement géré par la Municipalité, et à ce qu'ils ont vécu.

C'est comme une toile d'araignée, ça ne s'arrête pas. C'est dévastateur, dit M. Parisien.

Des retards chroniques dans l'obtention des résultats des tests ont entraîné la propagation rapide du virus dans tout l'établissement, ajoute-t-il.

À ce jour, 109 des quelque 130 résidents encore dans l'établissement ont contracté le virus. Soixante-huit membres du personnel ont également obtenu un résultat de test positif.

Quatorze résidents sont décédés. C'est trop, selon M. Parisien.

Maman était à l'agonie

Le matin du 2 novembre, Alain Ménard a reçu un appel de la Résidence Prescott et Russell lui annonçant que sa mère, Annette Cliff, était décédée.

Elle n'y avait vécu que pendant environ un mois, après avoir été transférée de l'Hôpital général de Hawkesbury à la fin du mois de septembre. Placée en quarantaine, elle se remettait d'une inflammation pulmonaire.

C'est en isolement qu'elle a contracté la COVID-19.

« Au final, ma mère était à l'agonie. J'aimerais que cela soit évité pour les autres résidents. »

— Une citation de  Alain Ménard, fils d'une résidente
Portrait des trois individus assis sur un canapé.

Annette Cliff, au centre, avec ses enfants, Lucie Ménard, à gauche, et Alain Ménard, à droite. Mme Cliff a emménagé dans la Résidence Prescott et Russell peu de temps avant le début de l'éclosion, en octobre.

Photo : Gracieuseté : Alain Ménard

Quelques jours après l'arrivée de Mme Cliff à la résidence, le foyer a été placé en quarantaine. Incapable de lui rendre visite, M. Ménard a reçu un appel de sa mère, qui lui a rapporté ce qui se passait.

Elle s'est sentie abandonnée par l'équipe, et elle avait de graves problèmes intestinaux et il a fallu quelques heures, par exemple, pour la nettoyer, et il y en avait sur le sol. [Il] a fallu une journée pour qu'ils nettoient le sol, soutient-il.

Le foyer a été critiqué pour avoir laissé les résidents au lit sans physiothérapie, bains ni vêtements propres.

Avec autant de membres du personnel atteint de la COVID-19 et d'autres trop effrayés pour venir travailler, ces conditions étaient inévitables, soutient M. Parisien.

« Nous manquions tellement de personnel que nous avions du mal à nourrir tout le monde et à changer les couches des autres. La jaquette d'hôpital était la voie à suivre pour respecter leur dignité et ne pas les laisser nus sur le lit. »

— Une citation de  Stéphane Parisien, directeur général des CUPR
L'homme est assis à une table avec d'autres personnes et s'adresse à une assemblée.

Le directeur général des Comtés unis de Prescott et Russell, Stéphane Parisien

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

La direction a demandé de l'aide, mais l'Hôpital de Hawkesbury était aussi aux prises avec un manque de personnel. La Croix-Rouge canadienne a finalement comblé un vide, mais ce n'était pas suffisant, d'après M. Parisien.

Il y a des limites à ce que la Croix-Rouge peut faire, dit-il. Ils peuvent nous aider avec les protocoles infectieux, mais ils ne fournissent pas les ressources humaines pour nous aider à nourrir ou changer les résidents.

En fin de compte, ce sont les ambulanciers paramédicaux de la municipalité qui sont venus à la rescousse, pour un coût d'environ 50 % de plus que les préposés au soutien personnel embauchés dans les maisons de retraite.

Un appel au 911

M. Ménard affirme que sa mère avait désespérément besoin d'aide.

Vers la fin de sa vie, elle a appelé le 911 pour obtenir une ambulance pour l'amener à l’hôpital parce qu'elle sentait qu'elle n'avait pas été traitée correctement et [la résidence] a refusé l'accès à l'ambulance, raconte-t-il.

Les administrateurs expliquent qu'ils ne sont pas en mesure de commenter cet appel au 911. M. Ménard soutient que le manque de communication avait laissé les familles dans le noir.

Ils ne nous ont jamais rappelés. Les rares fois où nous avons parlé avec eux, ils n'avaient pas beaucoup d'informations à nous donner. C'était très frustrant, déplore-t-il.

La famille de M. Ménard veut savoir pourquoi les choses se sont passées ainsi.

Y a-t-il des choses que nous aurions dû mieux faire? Oui, sur le plan des communications, nous aurions dû appeler les familles de manière plus rapide et plus efficace. Mais c'était accablant, explique Stéphane Parisien. C'est sans précédent.

La présence de membres du personnel du foyer revient aux niveaux d'avant l'épidémie, mais ce n'est toujours pas suffisant. M. Parisien affirme que le recrutement et la rétention sont une lutte permanente.

Il prévoit d'ailleurs garder une aile du foyer vide au cas où les résidents devraient à nouveau être isolés. Pour l'instant, ils célèbrent de petites victoires, comme les derniers résultats des tests.

Aucun résultat positif pour les résidents, c’est une petite victoire. Ce n'est pas quelque chose sur quoi s’accrocher, mais c'est certainement quelque chose sur lequel on peut bâtir, affirme M. Parisien. Je vais prendre à peu près n'importe quelle victoire maintenant pour essayer de reconstruire la confiance envers notre service et pour sortir de cette crise.

Avec les informations de Julie Ireton, de CBC

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