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Près de 3000 personnes attendent pour des soins à domicile à Ottawa

Un employé aide un vieil homme à utiliser une marchette chez lui

Des agences ontariennes qui dispensent des soins à domicile peinent à retenir leurs employés, qui quittent souvent pour des emplois mieux rémunérés dans des hôpitaux ou des foyers de soins de longue durée.

Photo : Associated Press / Darron Cummings

Radio-Canada

Tandis que près de 3000 Ottaviens sont en attente pour recevoir des soins à domicile de la part de travailleurs ou d’infirmiers, des agences de recrutement craignent que le manque croissant de personnel en santé en Ontario rende la situation pire.

Je n’ai jamais vu ce problème atteindre une telle ampleur, fait valoir Nancy Lefebre, directrice générale clinique pour l’agence de soins à domicile Saint Elizabeth Health Care.

Tandis que la demande s’est accrue pendant la pandémie de COVID-19, le nombre de postes vacants dans le secteur des soins à domicile a gonflé. À Ottawa, le taux de postes inoccupés peut atteindre les 30 %.

Je pense que ce sont la santé et la sécurité de nos patients qui pourraient être mis en péril, s’inquiète Mme Lefebre. À elle seule, l’agence Saint Elizabeth Health Care doit pourvoir 60 postes vacants d’infirmiers et de préposés aux services de soutien à la personne à Ottawa.

Garth Ogilvie, un infirmier autorisé qui dispense des soins à domicile à Ottawa, a vu son nombre de visites quotidiennes bondir. En moyenne, l’an dernier, il se rendait chez 8 à 10 patients par jour. Ces jours-ci, il en voit 15.

Les journées rallongées ont été stressantes pour tout le monde, souffle M. Ogilvie. Son équipe est devenue plus efficace pour combler les besoins des patients, ajoute-t-il, mais il espère bientôt recevoir des renforts.

Un infirmier en uniforme porte un masque et une visière

L'infirmier Garth Ogilvie porte de l'équipement de protection lors de ses visites chez ses patients.

Photo :  courtoisie

Les salaires, un obstacle aux embauches

Selon des agences comme la Victorian Order of Nurses (VON Canada), recruter des employés est particulièrement difficile en raison du grand écart salarial avec d’autres employeurs, tels les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée.

Nous embauchons des gens, puis ils partent travailler dans d’autres secteurs, témoigne la présidente et chef de la direction de VON Canada, Jo-Anne Poirier.

L’organisme sans but lucratif cherche à recruter 400 préposés au soutien à la personne et 300 infirmières en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

L’organisme Ontario Community Support Association (OCSA), qui vient en aide aux maisons de soins sans but lucratif et aux fournisseurs de services de soutien communautaires, estime que les professionnels du soutien personnel sont 19 % plus nombreux dans les hôpitaux que dans le secteur des soins à domicile, et que les infirmières y gagnent en moyenne 11 $ de plus l’heure.

Selon Mme Poirier, les agences sont en négociation avec la province pour égaliser l’écart entre les salaires, et pour obtenir davantage de financement afin de soutenir plus de familles.

Le gouvernement ontarien a offert une hausse à court terme par une rémunération additionnelle liée à la pandémie, dont la valeur équivaut à 3 $ l’heure. Selon Mme Poirier, cette offre est insuffisante.

Des annulations en série

Pour leur part, ceux qui reçoivent des soins à domicile ont subi des interruptions de service.

Laurie Alphonse, pour qui ces soins sont essentiels au maintien de son indépendance, note que les annulations de rendez-vous sont devenues chroniques depuis le début de la pandémie. À titre d’exemple, en novembre, elle n’a reçu aucune visite les vendredis pendant presque un mois.

Mme Alphonse se déplace en fauteuil roulant et a besoin d’aide chaque jour pour se laver et s’habiller. C’est frustrant.

Pour la dame de 50 ans, l’annulation d’un rendez-vous peut lui faire perdre une journée complète d’activités, et affecter son indépendance.

18 000 Ontariens pourraient vivre chez eux

La présidente-directrice générale de l’OCSA Deborah Simon espère faire comprendre à la province qu’un investissement accru dans les soins à domicile génère des réductions de coûts.

Selon des chiffres récents de l’Institut canadien d'information sur la santé, près de 18 000 Ontariens qui résident dans des foyers de soins de longue durée pourraient habiter dans leur propre logement si l’offre de soins à domicile était élargie, mentionne Mme Simon.

Selon Mme Simon, corriger l’état actuel des soins à domicile pourrait contribuer à désengorger les hôpitaux et le système de santé en général. Tous les autres secteurs coûtent plus cher, ajoute-t-elle.

Avec des informations d’Amanda Pfeffer de CBC

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