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Le campement de la rue Notre-Dame en voie d'être démantelé

Trois agents du SPVM se dirigent vers une tente.

Des agents du SPVM sont venus appuyer les membres du service de sécurité incendie de Montréal, qui supervisaient l'évacuation du campement.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les dizaines d’itinérants qui ont installé leur campement depuis l’été sur la rue Notre-Dame, à l’est du centre-ville, se voient obligés de démanteler leurs tentes et de quitter les lieux.

Munis d'un avis d’éviction d'urgence, des représentants du ministère des Transports, à qui appartient le terrain, des membres du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), appuyés par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), et des intervenants sociaux se sont déplacés dimanche matin.

On est vraiment ici pour leur donner un avis d’éviction immédiat. Ils ont la journée pour ramasser leurs affaires, explique Sandra Lisi, chef de secteur à la prévention au SIM.

Les autorités ont opté pour une stratégie qui consiste à signaler verbalement aux occupants qu'il leur faut partir, plutôt que d'user de la force. Elles assurent vouloir prendre le temps nécessaire pour convaincre les campeurs de se diriger vers les refuges appropriés.

La décision émane du directeur par intérim du SIM et coordonnateur de la Sécurité civile de l’agglomération de Montréal, Richard Liebmann, qui évoque des raisons de sécurité.

L'incendie qui s'est déclaré samedi en raison de l'utilisation d'une chandelle dans une des tentes semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase.

Bien qu'aucun blessé n'ait été déploré, cet événement est non seulement très préoccupant, mais il aurait aussi pu être tragique et entraîner des décès, a réagi dimanche la mairesse Valérie Plante.

Devant la multiplication des incidents liés à des équipements de chauffage artisanaux, la présence de dispositifs inflammables sans supervision, posant des risques pour la santé et la vie des personnes présentes sur le site, nous concluons que la sécurité des personnes est menacée et nous ne pouvons plus tolérer ce niveau de risque, a déclaré M. Liebmann.

Avec l'arrivée du temps froid, les autorités et les intervenants s'inquiètent de voir les occupants du campement avoir recours à des équipements chauffants artisanaux et à du matériel inflammable.

Un homme marche au milieu des tentes du campement.

Les occupants du campement Notre-Dame doivent plier bagages, à la demande du service de sécurité incendie de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des logements, non pas des refuges, réclament des campeurs

La mairesse Plante affirme qu'il revient à son administration de veiller à la sécurité des citoyens. En ce sens, nous allons faire le nécessaire pour loger les campeuses et campeurs dans un endroit sécuritaire dès maintenant, a-t-elle indiqué par communiqué.

Les campeurs seront accompagnés vers des ressources d’hébergement d'urgence, comme le refuge CAP-CARE, dans l'ancien YMCA de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, et celui que gère la Mission Bon Accueil, à l’hôtel Place Dupuis.

Des centaines de lits y sont disponibles, précise la Ville de Montréal, qui rappelle que des mesures seront mises en place cet hiver afin de bonifier les services en itinérance, comme l'ajout de 400 lits d'urgence et de 9 haltes-chaleur.

Si tout semblait se dérouler dans le calme en milieu d'après-midi, les autorités n'ont pas précisé ce qu'il adviendrait des occupants qui décident de faire la sourde oreille.

Certains campeurs interrogés par Radio-Canada étaient mécontents à l'idée d'être déplacés vers des refuges. La solution ne passe pas par des mesures temporaires, soutiennent-ils, mais bien par des logements.

Le maire de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, souligne qu'à Montréal seulement, 25 000 ménages attendent un logement social.

« On est extrêmement préoccupés. Les gens ne vont pas disparaître même s'ils quittent le campement Notre-Dame; ils ne vont pas disparaître lorsqu'on va fermer les refuges d'hiver le 31 mars. »

— Une citation de  Pierre Lessard-Blais, maire de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

L'administration Plante manque de ressources à long terme pour lutter contre l'itinérance, insiste M. Lessard-Blais.

On va avoir besoin de financement de Québec et d'Ottawa pour s’assurer qu'on s'attaque réellement, de façon pérenne à cet enjeu, ajoute-t-il.

En fin de journée, le député solidaire de Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, a jugé que cette opération d'évacuation illustrait l'échec de tout un système.

Au-delà des mesures d'urgence, ça prend aussi des mesures structurantes pour répondre à la crise, a-t-il dit. Il faut accélérer à vitesse grand V la construction et la rénovation de logement sociaux et décréter de toute urgence un moratoire sur les rénovictions.

Avec des informations de Louis de Belleval

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