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Dans l'ombre du vaccin contre la COVID-19, celui contre le VIH se fait attendre

Près de 40 après la découverte du VIH, aucun vaccin n’a encore été conçu pour vaincre le sida.

Une chercheure qui consacre son travail à l'étude du VIH regarde dans un microscope.

Le reportage de Normand Grondin.

Photo : afp via getty images / JUAN MABROMATA

Radio-Canada

Témoins de la vitesse à laquelle s’est développé le vaccin contre la COVID-19, dont les candidats les plus prometteurs devraient être administrés d’ici la fin de l’année, des spécialistes espèrent que pareils efforts pourront inspirer les chercheurs qui tentent d'éradiquer le sida.

C’est du moins l’espoir que nourrit le Dr Réjean Thomas, président fondateur de la clinique médicale l'Actuel, à Montréal.

Si un aussi vaste effort réunissant la crème des spécialistes et des chercheurs d’un bout à l’autre du globe a permis qu’un vaccin contre le nouveau coronavirus voie le jour, pourrait-il se produire la même chose pour le virus de l'immunodéficience humaine (VIH)?

J'essaie de regarder ça d'un autre côté en me disant : est-ce que cette recherche pour la COVID peut apporter des lumières, des idées nouvelles pour la recherche d'un vaccin contre le sida? se demande le Dr Thomas.

Bien que des années de recherches aient permis de mieux comprendre ce virus, identifié il y a plus de 37 ans, il n’en demeure pas moins un véritable casse-tête pour les experts de la vaccination.

Il y a eu des dizaines, des centaines d'études sur des vaccins [contre le sida] et il n'y a jamais eu de résultats intéressants, témoigne le Dr Thomas, qui a lui-même participé à la recherche pour vaincre le syndrome d'immunodéficience acquise.

Pourtant, 38 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, selon les plus récentes données du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

Un chiffre à ne pas oublier, souligne Guy Lemay, virologiste et professeur au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal.

Sans possibilité de s'en sortir à l'aide d'un vaccin, ceux qui souffrent du sida peuvent s'en remettre au traitement antirétroviral, qui permet de freiner l'évolution de la maladie. Toujours selon l'ONUSIDA, près de 26 millions de personnes dans le monde y avaient recours à la fin de juin dernier.

Une faible efficacité

En 2009, le vaccin le plus prometteur pour vaincre le sida affichait un taux d'efficacité de 31 %. C'est bien loin des 95 % évalués par les sociétés qui ont développé un vaccin contre la COVID-19, comme Moderna et Pfizer, avec lesquelles le Canada a conclu des ententes.

Avec un si faible taux d'efficacité, le vaccin contre le sida n'a jamais été mis en marché.

En plus d'être toujours en mutation, le VIH peut s'intégrer dans le matériel génétique de la personne qui le contracte et arriver ainsi à se camoufler dans les cellules qu'il infecte.

Le virus peut rester là, silencieux à la limite, et aussitôt qu'on arrête de traiter [...] un patient, on va avoir l'impression qu'il réapparaît. En fait, il n'était jamais disparu; il était en période de pause, si vous voulez, résume M. Lemay.

Environ 690 000 personnes sont mortes en 2019 après avoir contracté le VIH, selon ONUSIDA.

Avec les informations de Normand Grondin

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