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Vandalisme à Paris lors d'une manifestation contre la loi sur la sécurité globale

Plus de 50 000 manifestants en France, et des policiers violemment pris pour cible.

Une voiture brûlant dans une rue de Paris jonchée de débris.

Des groupes de casseurs ont incendié au moins trois véhicules, avenue Gambetta, dans le 20e arrondissement de Paris.

Photo : afp via getty images / Anne-Christine Poujoulat

Agence France-Presse

Voitures incendiées, vitrines cassées, jets de projectiles : des scènes de vandalisme ont émaillé samedi une manifestation parisienne organisée dans le cadre d'une journée de rassemblements pour la défense des droits sociaux et des libertés dans plusieurs villes de France.

Les casseurs cassent la République, s'est indigné le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'issue de la manifestation qui a réuni 5000 personnes à Paris.

Avec pour mots d'ordre la défense des droits sociaux et celle des libertés, les quelque 90 rassemblements organisés en France ont réuni 52 350 personnes, selon le ministère de l'Intérieur. Au total, 64 interpellations ont eu lieu et 8 membres des forces de l'ordre ont été blessés, a indiqué le ministère.

À Paris, le cortège de plusieurs milliers de personnes a démarré dans le nord de la capitale, sous haute surveillance policière, une semaine après une manifestation qui s'était achevée avec de violents heurts.

Des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une foule compacte de manifestants à Paris.

Quelque 90 rassemblements étaient prévus le samedi 5 décembre, en France, pour protester notamment contre la loi sur la « sécurité globale ».

Photo : Getty Images / Siegfried Modola

Entre 400 et 500 éléments radicaux, selon une source policière, ont commis de nombreuses dégradations. Tout le monde déteste la police, anti anti anticapitalistes, ont notamment scandé certains participants. Des barricades ont également été incendiées.

Des incidents se sont aussi produits ailleurs, comme à Lyon (est) et à Nantes (ouest), où deux policiers ont été blessés, dont un par un cocktail Molotov. Des rassemblements ont également eu lieu à Toulouse (sud-ouest), à Montpellier (sud), à Rennes (ouest), à Strasbourg (est), à Bordeaux (sud-ouest).

Le projet de loi sur la sécurité globale ciblé

Initialement prévue comme un rassemblement syndical contre la précarité, traditionnellement organisé par le syndicat CGT le premier samedi de décembre, la journée a vu s'agréger la contestation contre la loi sur la sécurité globale, qui mobilise les défenseurs des libertés depuis plusieurs semaines.

Le texte prévoit un encadrement de la diffusion d'images de policiers en opération, et ses détracteurs estiment qu'il porte atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'expression et à la liberté de manifester et qu'il va instaurer des outils de surveillance de masse.

Un manifestant avec une pancarte demandant le retrait de la loi sur la « sécurité globale ».

Les opposants au projet de loi sur la « sécurité globale » dénoncent une atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et à la liberté de manifester.

Photo : Getty Images / Siegfried Modola

Les manifestants entendaient aussi dénoncer les violences policières après deux affaires fin novembre qui ont provoqué une onde de choc en France : le passage à tabac d'un producteur de musique noir – pour lequel trois policiers ont été inculpés – et l'évacuation brutale d'un camp de migrants à Paris.

En deux ans, j'en ai vu, des violences; c'est anormal qu'on ne puisse pas filmer, a déclaré à l'AFP Nadine, une gilet jaune, mouvement de contestation sociale né fin 2018 et marqué par des manifestations régulières pendant plus d'un an, dont certaines très violentes.

Il n'y a pas d'opposition entre les libertés publiques et individuelles et le fait de se battre contre la précarité et le chômage, surtout en cette période, a estimé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui prenait part au défilé parisien.

Réaction du président Macron

Ces manifestations interviennent au lendemain d'un entretien du président Emmanuel Macron avec le média en ligne Brut, très prisé des jeunes, pour tenter d'apaiser le climat.

Accusé de multiplier les mesures liberticides, le chef de l'État a dénoncé un grand mensonge.

Je ne peux pas laisser dire qu'on réduit les libertés en France. On n'est pas la Hongrie ou la Turquie.

Emmanuel Macron, président de la République française

Le chef de l'État a prôné l'apaisement, en dénonçant à la fois les violences de certains policiers et celles commises contre les forces de l'ordre.

Il a également expliqué vouloir regarder en face la question des contrôles au faciès. Il a promis le lancement en janvier d'une plateforme nationale de signalement des discriminations gérée par l'État, le Défenseur des droits et des associations.

Les caméras-piétons pour les policiers seront parallèlement généralisées. Des propos qui ont fait bondir les principaux syndicats de gardiens de la paix, qui ont appelé samedi à cesser les contrôles d'identité. Le syndicat Alliance a ainsi dénoncé la défiance de l'État vis-à-vis des policiers.

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