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Plus de 35 000 Albertains attendent le paiement de leur pension alimentaire

Un juge frappe son maillet près d'une représentation en papier d'une famille séparée et d'une balance.

Le nombre de cas de pensions alimentaires non payées est passé de 64 % en 2014 à 70 % en 2019.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nombre de cas de parents qui ne paient pas leur pension alimentaire est passé de 64 % en 2014 à 70 % en 2019, soit des impayés de 609 millions de dollars, selon le gouvernement de l'Alberta.

L’Edmontonienne Adele Perras est ainsi l'un des 35 342 parents albertains qui attendent le paiement de leur pension alimentaire et des arriérés. Mère d’un adolescent qu’elle élève seule, elle n’a reçu aucun paiement depuis 16 mois. Le père lui doit 28 000 $, selon ses documents.

Que faites-vous quand vous ne pouvez pas aider votre fils et que tout le monde s’en moque? dit-elle en larmes.

Adele Perras contacte régulièrement le Programme d'exécution des ordonnances de pensions alimentaires pour savoir quelles mesures de recouvrement ont été prises.

Une femme debout tient un chien en laisse, un adolescent est accroupi et caresse le chien.

Adele Perras avoue qu'elle a de la difficulté à joindre les deux bouts.

Photo : Radio-Canada / Peter Evans

Elle lui envoie aussi des photos et des captures d’écran de textes du compte Facebook de son ex-conjoint pour prouver qu’il a une vie financièrement meilleure que la sienne.

Il est même parfois difficile de s'en sortir.

Adele Perras

Une situation qu’elle trouve injuste puisqu'elle doit aller dans les banques alimentaires pour se nourrir et les magasins de seconde main pour s'habiller. Son revenu mensuel de 1800 $ vient du programme d’invalidité, car elle souffre de dépression et d’autres problèmes de santé.

C’est extrêmement difficile avec la quantité de vêtements, de nourriture, de factures et de loyers à payer quand on a un revenu limité, seul, c'est extrêmement difficile , ajoute-t-elle, en se demandant pourquoi le permis de conduire de son ex-conjoint n’a pas été suspendu comme le prévoit la réglementation.

Un père qui peine aussi financièrement

Le Programme d'exécution des ordonnances de pensions alimentaires dit avoir reçu des preuves que l'ex-conjoint a des revenus limitées. Il a par conséquent exercé son pouvoir discrétionnaire de ne pas suspendre le permis de conduire.

Rejoint au téléphone par CBC, Paul Longbottom, dit que son seul revenu est un chèque de 800 $ par mois des services sociaux, car lui aussi souffre de dépression. Il ajoute que le programme a suspendu son permis deux fois déjà l'empêchant de travailler, car il conduit pour gagner sa vie.

Pour la nouvelle voiture? C’est sa mère qui lui a acheté.

On ne peut pas faire saigner une pierre. Je peux à peine payer mon loyer et avancer dans la vie, pour continuer à travailler, dit-il ému.

Le reflet du ralentissement économique

D'après une avocate spécialisée dans les affaires familiales, Michelle McKay, le montant élevé des arriérés des pensions alimentaires est surtout le résultat d’une mauvaise situation économique.

Les revenus inscrits dans les ordonnances de paiement sont de vieux montants qui ne reflètent pas la situation financière actuelle des parents défectueux, dit-elle. Mais Mme McKay ajoute tout de même que certains font le choix de ne pas payer leur pension alimentaire : Je ne sais pas s'il existe un moyen pour le gouvernement d'intervenir et de rendre [le programme] plus juste.

La province a refusé de commenter le cas précis de Adele Perras pour raison de confidentialité.

Malheureusement, de nombreux facteurs peuvent empêcher un petit pourcentage de parents de s'acquitter de leurs obligations, et il y a encore un plus petit nombre de parents qui refuse de verser des pensions alimentaires. Dans ces cas, les tribunaux utilisent des mesures de recouvrement plus strictes , a écrit Blaise Boehmer, attaché de presse du ministre de la Justice, Kaycee Madu.

Le système judiciaire de l'Alberta fait face à de nombreuses pressions en raison de la pandémie et du ralentissement économique prolongé, cependant, le gouvernement étudie toujours de nouvelles méthodes pour que les parents respectent leurs obligations, quelle que soit leur situation , conclut-il.

L'avocate Michelle McKay dit que le problème est que le Programme d'exécution des ordonnances de pensions alimentaires ne peut pas vraiment enquêter sur la véracité des preuves des parents défectueux, car il est sous-financé.

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