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Brexit : Londres et Bruxelles d'accord pour reprendre les négociations dimanche

Londres et Bruxelles tentent toujours de trouver un accord de libre-échange pour l’après-Brexit.

Ursula von der Leyen à un micro.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fait une déclaration à huis clos concernant les négociations du Brexit, après un appel téléphonique avec le premier ministre britannique, Boris Johnson, au siège de l'UE à Bruxelles, le 5 décembre.

Photo : AP / Julien Warnand

Agence France-Presse

Les négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leur relation commerciale post-Brexit vont reprendre dimanche à Bruxelles, les deux parties soulignant qu'un « effort supplémentaire » est nécessaire pour tenter de surmonter leurs divergences dans le peu de temps qui reste.

Après un appel samedi en fin de journée pour tenter de mettre fin au blocage, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le premier ministre britannique, Boris Johnson, ont une nouvelle fois constaté les différences importantes qui subsistent dans trois domaines clés : concurrence, mécanisme de règlement des différends et pêche.

Tout en reconnaissant l'ampleur de ces différences, les deux dirigeants estiment qu'un effort supplémentaire doit être entrepris pour déterminer si celles-ci peuvent être résolues, selon une déclaration commune transmise par Downing Street. Ils s'entretiendront de nouveau lundi soir, précise la déclaration.

À l'issue d'une nouvelle semaine de discussions intenses à Londres pour tenter de nouer un accord de libre-échange, les négociateurs européen Michel Barnier et britannique David Frost avaient conclu vendredi soir que les conditions d'un accord ne sont pas réunies, en raison de divergences importantes.

Boris Johnson debout sur une tribune.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson

Photo : Reuters / ANDREW PARSONS

Ils avaient alors annoncé la suspension des discussions, déclarant que la présidente de l'exécutif européen et le chef du gouvernement britannique discuteront de l'état des lieux samedi après-midi.

Une source européenne a évoqué de sérieuses difficultés, refusant de se prononcer sur les chances de déblocage de la situation à la suite de l'entretien attendu entre les deux dirigeants.

Quelques semaines pour trouver un accord

Depuis la date officielle du Brexit, le 31 janvier, Londres continue d'appliquer les règles européennes. Ce n'est qu'à la fin de la période de transition qui s'achève le 31 décembre qu'interviendront les véritables bouleversements.

Les Européens ont pour objectif de conclure un accord de libre-échange avant la fin du week-end, condition pour qu'il puisse être ratifié à temps par le Parlement européen afin d'entrer en vigueur le 31 décembre.

Un sommet européen réunissant en personne les dirigeants des 27 est prévu les 10 et 11 décembre à Bruxelles.

Si Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre, leurs échanges se feront dès le 1er janvier selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas, faisant courir le risque d'un choc économique s'ajoutant à celui de la pandémie de COVID-19.

Malgré son faible poids d'un point de vue économique, la pêche fait figure de totem pour les deux camps. Les Britanniques invoquent le respect de leur souveraineté en tant qu'État côtier. La France a averti vendredi qu'elle n'hésitera pas à mettre son veto si l'accord trouvé ne lui convient pas.

Paris s'inquiète de voir l'UE accorder trop de concessions aux Britanniques par crainte d'un no deal.

Selon un diplomate européen, cette appréhension est partagée par d'autres capitales, comme Rome, Madrid, Bruxelles et Copenhague.

Nous ne voulons pas nous enfermer dans une relation déséquilibrée pour les décennies à venir, a-t-il expliqué.

Après ce week-end sous haute tension, un texte très controversé fait son retour lundi devant les députés britanniques : le projet de loi sur le marché intérieur.

Malgré la fureur des Européens, le gouvernement britannique va réintroduire ses dispositions controversées – expurgées par la chambre haute du Parlement, celle des Lords – lui réservant la possibilité de passer outre certaines dispositions du traité de divorce avec l'UE conclu il y a tout juste un an.

Le gouvernement Johnson martèle qu'il s'agit d'un filet de sécurité qui de toute façon n'aurait plus lieu d'être en cas d'accord. Les Européens y voient quant à eux une difficulté qui, ajoutée par les Britanniques, sape la confiance dans le respect de tout accord conclu avec Londres.

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