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Les producteurs de veaux de lait du Québec renouvellent leur appel à l'aide

La fermeture des restaurants et l'annulation des réceptions ont durement influé sur la demande et les prix.

Un veau boit du lait.

L'an dernier, quelque 80 000 veaux de lait ont été produits au Québec.

Photo : iStock

Hugo Lavallée

Durement touchés par la fermeture des restaurants et l'annulation des réceptions, les producteurs de veaux de lait du Québec reviennent à la charge pour réclamer du gouvernement du Québec une aide spéciale d'urgence.

[La pandémie] met nos entreprises très à risque. Si on parle au niveau de la liquidité, c'est sûr et certain que là, après neuf mois, on a étiré l'élastique jusqu'où on pouvait aller. On a supporté, en attendant d'avoir une réouverture de la restauration et en attendant d'avoir une réouverture des hôtels, mais force est d'admettre que la pandémie s'étire dans le temps. Nous, le maximum qu'on pouvait faire, on l'a fait, explique Pierre-Luc Nadeau, qui produit du veau de lait à Saint-Isidore, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Dans une étude dévoilée en novembre, le Centre d'études sur les coûts de production en agriculture avait établi à 20 % la diminution du prix de la livre carcasse entre décembre 2019 et mai 2020. Le prix s'est depuis partiellement redressé, mais il demeure inférieur à ce qu'il était avant la pandémie.

C'est une viande qui était distribuée dans la restauration beaucoup, évidemment des grands événements comme les banquets. On avait beaucoup d'exportations aussi... des villes comme New York, qui était un grand client pour nous, le veau de lait du Québec, détaille Alexandre Fontaine, président-directeur général de l'entreprise de transformation Montpak International.

Son entreprise a aussi subi les contrecoups de la pandémie. On est comme le dommage collatéral, si on veut, de la situation de la pandémie. On a perdu des marchés, on pensait que ce ne serait pas si long, mais c'est très, très long à revenir. Toute la restauration, surtout les nappes blanches, c'est vraiment un drame ce qui se passe là.

Si les ventes se sont maintenues dans les supermarchés, les coupes habituellement les plus recherchées sont à présent beaucoup plus difficiles à écouler. Il y a la fameuse côte française de veau de lait, qui est très populaire dans la restauration. On pouvait avoir une valeur de 50 $ le kilo sur le marché de New York, je mets ça en dollars canadiens, et maintenant, c'est très difficile à distribuer, illustre M. Fontaine, admettant avoir dû réduire les prix de près de la moitié.

La difficulté des transformateurs à valoriser toutes les parties de l'animal a eu un impact direct sur les prix qu'ils peuvent offrir aux producteurs, comme en témoigne Pierre-Luc Nadeau.

Il y a une centaine de têtes que je vais vendre au mois de décembre. La perte, je la chiffre à environ 12 000 $. Pour ce lot-là, exclusivement. Et j'en sors aux trois semaines. C'est récurrent, expose-t-il.

La situation est d'autant plus critique que la marge de manoeuvre financière des producteurs de veaux de lait est limitée.

On n'a pas des marges de 20-30 %. C'est quelques pour cent de profit sur l'animal au final. S'il y a une baisse de 10 % et qu'on avait un profit de 1, 2, 3 %, on est en bas de notre marge, de loin. Même s'il y a un redressement de 5 %, il n'y a plus de profits à faire dans la filière, fait valoir le président des Producteurs de bovins du Québec, Jean-Thomas Maltais.

M. Maltais réclame une aide de 121 $ par veau, et ce, par l'entremise d'un programme spécial – les programmes existants étant jugés trop rigides.

Selon lui, il est d'autant plus nécessaire pour l'État d'appuyer les producteurs que le gouvernement québécois cherche précisément à promouvoir l'autonomie alimentaire.

C'est vraiment une filière, des veaux des producteurs de lait du Québec, qui sont mis en marché, qui sont rachetés par les producteurs de veaux de lait, qui sont engraissés, qui sont abattus au Québec, qui sont transformés ici... C'est vraiment l'exemple parfait d'une filière québécoise agricole et alimentaire.

Québec dit qu'il aide déjà

Le ministère de l'Agriculture dit comprendre la situation des producteurs de veaux de lait et vouloir travailler avec eux. Il les invite à se tourner vers les programmes de soutien du revenu qui existent déjà, comme le programme Agri-Québec.

Considérant la situation des prix, nous avons demandé à la Financière agricole du Québec (FADQ) de traiter prioritairement les dossiers veaux de lait pour leur offrir les liquidités nécessaires. Depuis le début de l’année, les versements gouvernementaux aux entreprises spécialisées dans la production de veaux de lait totalisent 2,13 millions de dollars, soit une moyenne de 79 000 $ par entreprise. De ce montant, la part du programme Agri-Québec est de plus de 90 %, soit un montant de 1,96 million, fait valoir le cabinet du ministre, dans un courriel transmis à Radio-Canada.

On indique aussi que les producteurs ont accès à d'autres programmes, comme le programme Agri-stabilité et le programme Agri-Québec plus. Le programme Agri-stabilité offre un niveau de couverture équivalent à 70 % de la marge de référence qui correspond au bénéfice moyen des dernières années. Quant au programme Agri-Québec plus, qui est aussi unique au Québec, il vient bonifier la couverture à 85 % de la marge de référence.

Nous allons continuer le travail avec les éleveurs de veaux de lait, indique-t-on.

L'an dernier, quelque 80 000 veaux de lait ont été produits au Québec, mais on s'attend cette année à ce que ce nombre chute autour de 65 000.

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