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Jean-François Caron est devenu plus fort dans l'adversité

Il prend la pause devant une étagère où sont entreposés de trophées et des pneus.

L'année difficile de l'homme fort Jean-François Caron s'est conclue avec le meilleur résultat de sa carrière, en novembre, au World Strongest Man.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Quelques mois avant de se hisser sur le podium du World's Strongest Man, en novembre, l'homme fort Jean-François Caron aurait bien pu tourner la page sur sa carrière. Propriétaire d’une salle d'entraînement et organisateur de compétitions, le résident de Québec s’est retrouvé dans la même situation que bien des entrepreneurs frappés par la pandémie.

Je ne vous ferai pas de cachette, je me suis vraiment remis en question cette année, lance l’homme le plus fort au Canada depuis 2011.

À 1 m 91 (6’3’’) et 158 kg (350 livres), Caron a des airs de surhomme, mais ses soucis depuis mars ont été les mêmes que le commun des mortels. J’ai un gym qui est fermé. Les événements d’hommes forts ont été mis de côté. Il n’y avait pas de compétition. Mes revenus sont tombés à zéro, décrit-il.

Lorsqu'au printemps, la plus grande compétition d’hommes forts de la planète, le World's Strongest Man, a été reportée à une date indéterminée, le Québécois faisait face à un choix. Se trouver un autre emploi ou se consacrer entièrement à l’entrainement en grugeant dans ses économies dans l’espoir que la compétition ait lieu plus tard dans l’année.

J’ai pris un pari. Je me suis dit que j’allais essayer d’arriver là au meilleur de ma forme et je pense que c’est la meilleure décision que j’ai prise dans ma carrière.

On voit un homme musclé qui soulève un objet très lourd sous les yeux d'un officiel de la compétition.

Jean-François Caron s'exécute au Festival des hommes forts de Warwick, en 2018.

Photo : Capture d'écran - site Internet du Festival des hommes forts de Warwick

L'entraînement à temps plein

Élevé dans une ferme laitière à Les Hauteurs, un petit village près de Rimouski, Caron travaillait dans une meunerie de Mont-Joli, à 22 ans, lorsque des amis l’ont convaincu de s’essayer au championnat provincial d’hommes forts. Il a eu la piqûre.

Visiblement, il était doté de cette rare génétique qui permet de faire une carrière d’homme fort. S’il est passé de 220 à 350 livres de muscles en 15 ans, toutefois, c’est grâce à une discipline de fer.

Il passe plus d’une heure par jour à simplement s’étirer pour garder sa mobilité et ainsi éviter les blessures. Trois ou quatre heures sont consacrées à l’entraînement. Il pousse des poids en gymnase et il pratique différentes épreuves dans un hangar avoisinant.

Des pierres d’Atlas, des camions à tirer, des gros pneus qu’on va basculer, des barils à lancer, des sacs de sable. Tous les équipements qu’on voit en compétition, je les possède.

Le reste du temps, dit-il, est consacré à manger.

Manger sans plaisir

L’entraînement n’est pas le plus difficile de la vie d’homme fort, assure Jean-François Caron. Le véritable défi, c’est l’alimentation. Le plaisir de manger est inexistant.

L’athlète de 38 ans engloutit sept repas par jour pour nourrir son importante musculature. C’est un repas aux deux heures, grosso modo. Tu n’as jamais faim. Si tu sens la faim, c’est que tu ne manges pas assez.

Le « régime » quotidien de Jean-François Caron

  • 8000 à 8500 calories

  • Environ quatre livres de viande par jour

  • Six repas de viande blanche ou rouge accompagnée de deux tasses de riz ou de pommes de terre

  • Un repas de huit oeufs entiers

Je dis toujours aux plus jeunes qu’une carrière d’homme fort, c’est un marathon. Je me suis toujours battu pour essayer d’ajouter un petit cinq livres de plus par année.

Plus fort que jamais

Jean-François Caron ne s’en cache pas. Il est plus près de la ligne d’arrivée du marathon que de la ligne de départ.

À 38 ans, il est toutefois plus fort que jamais. Il l’a prouvé il y a quelques semaines, au World's Strongest Man. L’événement a finalement pu se tenir dans un hôtel de la Floride, en environnement contrôlé. Caron a gagné son pari.

Trois hommes posent sur un podium.

L'Ukrainien Oleksii Novikov a remporté le titre mondial, Stoltman est grimpé sur la deuxième marche, Jean-François Caron a complété le podium.

Photo : Radio-Canada / World's Strongest Man

Après avoir terminé 4e ou 5e de la compétition à chacune des quatre dernières éditions, il a finalement pris le 3e rang, cette année. Il est ainsi devenu le deuxième Québécois des 43 ans d’histoire de la compétition, après le défunt Dominic Filiou, à se hisser sur le podium.

Je peux maintenant dire mission accomplie, mais je ne m'arrêterai pas là , lance-t-il. Passé bien près de remporter la compétition, plus question de penser à la retraite. L’objectif est clair. Devenir l’homme le plus fort au monde dès l'an prochain.

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