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Sport et racisme : un combat à mener sur le terrain

Pour Fabrice Vil, le combat contre le racisme passe par la formation des jeunes athlètes et des entraîneurs.

Thierry Henry, à genou sur un terrain de soccer, brandit le poing. Il porte l'inscription Black Lives Matter sur ses vêtements.

Thierry Henry

Photo : usa today sports / Douglas DeFelice

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Si le racisme est assurément un phénomène présent dans le monde du sport, Fabrice Vil, notamment connu à titre de fondateur de l’organisme Pour 3 Points, voit d’abord et avant tout les acteurs du milieu sportif comme des artisans de changement social au potentiel immense.

L’entrepreneur social, militant et entraîneur sportif, qui œuvre dans son quotidien à promouvoir une approche du sport priorisant le développement humain des jeunes athlètes, constate que le sport a agi comme un levier puissant lors des dernières élections aux États-Unis.

« Le fait que Donald Trump ait été délogé de la présidence, la NBA [y] a largement contribué en ouvrant ses locaux pour inviter à la participation citoyenne, inviter au vote. Tout ça est en lien au mouvement Black Lives Matter, qui était en opposition à la sévérité du gouvernement Trump. »

— Une citation de  Fabrice Vil, fondateur de l’organisme Pour 3 Points

Et cet exemple ne s’arrête pas là où sont tracées les frontières. L’Impact de Montréal attire aussi ses louanges pour son implication dans la cause des droits des Noirs, qu’il qualifie d’extraordinaire. Il y a une partie de la population qui se sent vue par l’équipe elle-même et par les athlètes, souligne-t-il. Et je pense que ce n’est pas anodin.

L’implication personnelle de personnalités comme l’entraîneur Thierry Henry est selon lui un élément essentiel de toute bonne stratégie de lutte contre le racisme autant dans le sport qu’en société. Quand ces gens-là portent le message, ça fait en sorte que des populations qui ne se sentent pas vues souvent à l’écran voient des leaders et se disent : "Je suis capable aussi."

Le rôle clé de l’entraîneur

Fabrice Vil a pris part jeudi au Sommet du sport de Montréal, où il a participé à un panel consacré au thème du sport et du racisme systémique dans la métropole.

Lors de cet échange, le fondateur de Pour 3 Points a proposé que les entraîneurs suivent des formations sur le racisme et qu’ils développent leur rôle de mentor auprès des jeunes. Un rôle d’autant plus important parce que la pandémie de COVID-19 limite la possibilité de tenir des entraînements et affecte négativement la santé mentale des jeunes selon de nombreuses études.

Le chroniqueur sur le plateau d'Entrée principale

Avec Pour 3 Points, Fabrice Vil veut faire des entraîneurs sportifs des « coachs de vie ».

Photo : Radio-Canada

En discutant avec les panélistes Najwa Chami et Martin Dusseault, il a parlé du rôle-cadre des villes, des gouvernements et des organisations sportives pour lutter contre le racisme dans le sport, mais il a d’abord et avant tout tenu à lancer un appel aux entraîneurs de toutes les disciplines.

Une réflexion sur soi-même, c’est la première étape, estime-t-il, pas parce que les entraîneurs sont particulièrement racistes, mais parce que le racisme systémique est souvent inconscient.

Pour lui, il est important pour les entraîneurs de ne pas se laisser aveugler par des cibles de performance, il doivent plutôt s’assurer d’entraîner un bon athlète, un bon élève, un bon humain.

En d’autres mots, c’est selon lui à la source, directement auprès des jeunes athlètes en formation, que des progrès pourraient être réalisés en premier lieu dans la lutte contre le racisme.

Rendre le sport plus accessible

Martin Dusseault, le fondateur du programme de basketball parascolaire Bien dans mes Baskets, a pour sa part profité de l’occasion pour inciter la Ville de Montréal à adapter davantage son offre sportive à chaque milieu de vie. Une proposition qui a fait consensus et qui rejoint une idée chère à Fabrice Vil : le dialogue.

En consultant davantage les communautés et en prenant compte autant de leurs envies que de leurs moyens, estiment les deux intervenants, les villes pourraient aider plus de jeunes issus des minorités et vivant dans des milieux défavorisés à se lancer dans la pratique du sport.

Fabrice Vil propose aussi que les municipalités collaborent davantage avec des ligues, des équipes ou des organismes pour créer davantage d’infrastructures sportives prenant en compte les communautés plus défavorisées.

« À Toronto il y a un partenariat avec la MLSE Foundation, qui a lancé le MLSE LaunchPad, qui est un centre sportif à des fins d’utilité sociale et c’est un programme extraordinaire qui, dans le centre-ville de Toronto, mobilise des jeunes de différentes communautés vulnérables, incluant des communautés racisées. »

— Une citation de  Fabrice Vil

Cette accessibilité accrue à la pratique du sport pourrait aider au développement des jeunes, mais aussi à les intégrer davantage à un univers qui favorise souvent l’élite, autant athlétique que financière, plutôt que le développement personnel des individus.

Cimenter le rôle social du sport

Il n’y a pas de solution unique au racisme, constate Fabrice Vil face à l’évidence, mais plus on va démontrer collectivement que le milieu sportif est un partenaire dans un contexte de crise, plus collectivement on va avoir une force qui a fait sa démonstration.

Une force qui pourrait être exercée sur des acteurs centraux autant dans la lutte contre le racisme que dans le financement des sports : les gouvernements.

« Il y a quelque chose qui part du terrain en ce moment qui nous invite à nous mobiliser de manière à nommer la force que nous avons présentement à offrir […] Plus on fait la démonstration qu’on a une utilité sociale, plus à moyen et long terme, je soupçonne que les gouvernements vont investir dans le sport. »

— Une citation de  Fabrice Vil

Aide le gouvernement et le gouvernement t’aidera. C’est ce qu’on appelle un cercle vertueux.

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