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La pandémie plus difficile pour les gens dans le besoin

Une femme dans une épicerie communautaire.

La pandémie a accentué des problèmes chez les gens à faible revenu.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les organismes communautaires croient que la pandémie est encore plus difficile pour les gens qui vivent dans la pauvreté. C'est pourquoi ils demandent aux gouvernements d'intervenir pour aider les plus démunis laissés pour compte par les programmes d'aide actuels.

C'est difficile pour tout le monde au niveau de l'isolement social. Mais quand tu es à faible revenu puis que tu n'as pas accès à un ordinateur, tu n'as pas accès à certains moyens technologiques pour briser cet isolement social-là, a expliqué Annie Jean-Lavoie, agente de développement en sécurité alimentaire à l'épicerie communautaire La Recette.

Lors d'une pandémie, l'isolement social est pire encore pour les démunis. Par exemple la bibliothèque de Chicoutimi, quand elle a fermé, c'est un lieu de socialisation qui est accessible, qui est gratuit. Ensuite, les cafés communautaires, les organismes communautaires qui ont dû réduire où revoir leur façon de recevoir les gens, a enchaîné Michel St-Gelais, président de la Table de lutte contre la pauvreté de Chicoutimi.

Annie Jean-Lavoie

Annie Jean-Lavoie, agente de développement en sécurité alimentaire à La Recette.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Patry

En y ajoutant les contraintes sanitaires, l'anxiété atteint des niveaux élevés dans cette population déjà vulnérable. Le faible revenu vient avec d'autres problématiques également. Et quand il y a d'autres problématiques en jeu, c'est là que ça devient pire. L'accès aux médecins aussi, ça devient pire, a fait valoir Mme Jean-Lavoie.

Au plan financier, les organismes apprécient que l'assurance-emploi ait été récemment bonifiée à un minimum de 500 dollars par semaine, mais il serait temps, selon eux, de revoir le régime au complet. Ça doit être un régime universel sans discrimination au niveau des régions. Que ça prenne tant d'heures à une telle place, tant d'heures à l'autre, ça ne devrait plus exister, demandé Sylvain Bergeron, directeur de L.A.S.T.U.S.E., un organisme ayant pour mission la défense des droits des personnes sans emploi et à faible revenu.

Rembourser la PCU

Par contre, les organismes fulminent parce que des assistés sociaux risquent de se retrouver à la rue simplement pour avoir réclamé de bonne foi la prestation canadienne d'urgence (PCU), alors qu'ils n'y avaient pas droit. Pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec est en train déjà de réclamer des prestations d'aide sociale à ceux qui ont reçu de la PCU. Puis le fédéral un moment va leur réclamer. Donc ils vont payer une deuxième fois la même dette, a déploré Sylvain Bergeron.

De quelle manière les gouvernements vont reprendre cet argent-là lorsque les individus n'y avaient pas droit? Ça va causer des catastrophes, pointe Michel St-Gelais, qui est également directeur général de la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

Les citoyens en situation de pauvreté ont eux aussi des dépenses supplémentaires à assumer en raison de la pandémie, comme l'achat de masques de protection, l'épicerie qui est plus dispendieuse, le covoiturage plus difficile et l'utilisation accrue des cartes de débit qui entraîne des frais additionnels. La Table de lutte contre la pauvreté de Chicoutimi aimerait bien que les gouvernements en tiennent compte davantage.

D'après un reportage de Gilles Munger

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