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Berlin réclame un accord incluant les missiles balistiques iraniens

Un missile repose sur un support dans un hangar.

Un missile iranien de moyenne portée Sejil-2 avant un essai en 2009.

Photo : afp via getty images / -

Agence France-Presse

L'Allemagne, qui préside actuellement l'Union européenne, a estimé vendredi qu'un simple retour à l'accord existant sur le nucléaire iranien ne suffirait plus et qu'il fallait l'élargir notamment au programme de missiles balistiques de Téhéran.

Un retour à l'accord actuel ne suffira pas, a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, à l'hebdomadaire Der Spiegel, dans la perspective d'une possible relance de ce dossier après l'entrée en fonction du démocrate Joe Biden comme président des États-Unis.

Il va falloir une sorte d'accord nucléaire plus, ce qui est aussi dans notre intérêt, a déclaré M. Maas.

Joe Biden a confirmé mercredi être favorable à un retour de son pays dans l'accord si les autorités iraniennes revenaient à un respect strict des limites imposées à leur programme nucléaire, avant des négociations sur les autres menaces posées par Téhéran.

Missiles balistiques

Nous avons des attentes claires à l'égard de l'Iran : pas d'armes nucléaires, mais pas non plus de programme de missiles balistiques qui menace toute la région, a souligné pour sa part M. Maas, alors que l'Allemagne occupe jusqu'à la fin du mois la présidence semestrielle de l'UE.

En outre, l'Iran doit jouer un autre rôle dans la région. Nous avons besoin de cet accord, justement parce que nous ne faisons pas confiance à l'Iran, a dit M. Maas, assurant qu'il s'était entendu sur ces points avec ses homologues français et britannique.

Voici ce que Heiko Maas et [Berlin, Londres et Paris] doivent faire avant de parler de ce que l'Iran devrait faire, a réagi sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif : Respectez vos obligations [...] et cessez de violer l'accord de Vienne conclu en 2015 entre les grandes puissances et la République islamique.

Mettez fin à VOTRE comportement malveillant dans NOTRE région : ventes d'armes de 100 milliards de dollars aux monarchies arabes du golfe Persique et soutien aveugle au terrorisme israélien.

Retour attendu de Washington

L'actuel président américain Donald Trump, qui quittera la Maison-Blanche en janvier, a claqué la porte en 2018 à l'accord conclu par les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni avec l'Iran, pour empêcher celui-ci de se doter de l'arme nucléaire, car il jugeait l'accord insuffisant pour endiguer les comportements déstabilisateurs de la République islamique.

Dans la foulée, le président républicain a rétabli puis durci les sanctions américaines levées en 2015, au grand dam des alliés européens de Washington qui disent vouloir sauver l'accord, mais que Téhéran accuse de n'avoir rien fait pour l'aider à contourner les sanctions américaines.

Joe Biden a confirmé mercredi son projet de réintégrer cet accord. Cela sera difficile, mais oui, a-t-il dit à un éditorialiste du New York Times.

M. Biden exige cependant que l'Iran revienne d'abord au respect plein et entier de l'accord de Vienne, tandis que Téhéran, qui a commencé à s'affranchir de plusieurs de ses engagements clés à partir de 2019 en riposte au retrait américain, exige que Washington fasse le premier pas en levant ses sanctions.

Seulement après un retour de Washington et de Téhéran dans les clous de l'accord, en consultation avec nos alliés et partenaires, nous engagerons des négociations et des accords de suivi pour durcir et prolonger les restrictions nucléaires imposées à l'Iran et pour aborder le programme de missiles iranien, a expliqué Joe Biden.

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