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Un nombre stable de chauffeurs en état d’ébriété sur les routes malgré la pandémie

Des policiers de Gatineau lors d'un barrage routier.

Des policiers de Gatineau lors d'un barrage routier. (Archives)

Photo : PoliceGatineau

Radio-Canada

Bien que le gouvernement du Québec ait interdit les rassemblements pendant le temps des Fêtes dans les « zones rouges », les autorités continuent de s’inquiéter de la présence de chauffeurs en état d’ébriété sur les routes de la région.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) constate que les habitudes des résidents ont très peu changé pour ce qui est de la conduite avec des facultés affaiblies, et cela malgré les restrictions dues à la pandémie depuis le début de l’année.

Selon les statistiques compilées par le SPVG, entre janvier et octobre, la police recense presque autant de dossiers de conduite avec des capacités affaiblies sur le territoire. Pour cette période en 2018, on parle de 268 dossiers ; en 2019, 277 ; et en 2020, il y en a eu 239.

Il y a donc une légère baisse, mais on est quand même proche des chiffres des années précédentes , indique en entrevue à Radio-Canada, Andrée East, porte-parole du SPVG.

Cela vient nous indiquer que la conduite avec facultés affaiblies, soit par l’alcool ou la drogue, ça doit rester dans notre radar. Donc, on doit continuer à faire de la prévention, mais aussi de l’intervention sur les routes pour s’assurer que les gens ne prennent pas la route en état d'ébriété, parce que ça peut avoir des conséquences très graves, soutient l’agente East.

Ce constat survient alors que l'ensemble des corps policiers du Québec et de l'Ontario mènent leurs opérations respectives de sécurité routière en prévision du temps des Fêtes.

À Ottawa, la police affirme avoir arrêté et accusé une quarantaine d'automobilistes pour facultés affaiblies uniquement pour le mois de novembre. Le service de police rappelle qu'une personne condamnée pour cette infraction risque de perdre son permis pour plus d'un an et de se voir imposer une amende.

Cette année, en raison de la crise sanitaire, les services de raccompagnement comme Nez rouge ou Safe Ride Home ne seront pas disponibles. Les Ontariens devront planifier leurs déplacements autrement durant la période des Fêtes.

Michelle Simard, porte-parole de la police provinciale de l'Ontario (PPO)

Pas de service Nez rouge

Éduc’alcool a réagi rapidement lorsque l’annulation de Nez rouge fut confirmée pour 2020.

Lorsque Nez rouge a annoncé qu'il suspendait ses raccompagnements, nous avons immédiatement lancé un appel demandant aux sociétés de transport et aux compagnies de taxi de prévoir une offre supplémentaire au cas où on serait autorisé à nous déplacer, ce qui depuis hier (jeudi) n'est pas le cas, soutient Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

Éduc’alcool a tout de même l’intention de lancer une campagne de sensibilisation pour encourager les automobilistes à planifier leurs déplacements. Une campagne a déjà été préparée dans l'éventualité où les rassemblements seraient interdits.

Un homme en tenue hivernale dans la rue.

Hubert Sacy est directeur général d’Éduc’alcool. (archives)

Photo : CBC Ottawa

Nous savons qu'il y a quand même des gens qui vont conduire, je sais qu'ils n'auront pas le droit de le faire, mais ils le feront quand même.

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

Qu’est-ce qu’on fait maintenant, est-ce qu'on met quand même une petite partie de la campagne pour nous adresser aux automobiles en leur rappelant deux choses, demande M. Sacy. Il faut toujours prévoir comment on va revenir et si on n’est pas en état de conduire, on fait appel à des alternatives : transport en commun, taxi ou service de raccompagnement payant, et qu'il est préférable de dormir sur le canapé que sur un lit d'hôpital.

Dans un courriel, Marie-Claude Morin, porte-parole des mères contre l'alcool au volant MADD Canada affirme : au sujet de l’absence de Nez rouge cette année, nous avons été désolés d’apprendre la nouvelle puisque cette organisation joue un rôle très important pendant le temps des Fêtes.

Pour ce qui est des célébrations au Québec, depuis le 1er novembre, nous rappelons à tous l’importance de prévoir ses déplacements en choisissant un conducteur désigné, en utilisant les services d’Uber ou d’une compagnie de taxi, ou en restant pour dormir chez parents et amis ce qui risque d’être compliqué cette année, poursuit Mme Morin.

Un service comme Nez rouge

Malgré les consignes sanitaires qui interdisent les rassemblements, il pourrait y en avoir, surtout entre le 24 et le 27 décembre. Dans ce contexte, certaines compagnies s’organisent et vont offrir un service pour raccompagner des gens de façon sécuritaire.

C’est le cas du Groupe Transit, entreprise de taxi de l’Outaouais qui regroupe Régal Taxi et Crown en partenariat avec le transporteur Bob taxi.

Une voiture de taxi dans un stationnement.

Le Groupe Transit à Gatineau offrira un service de raccompagnement similaire à celui habituellement offert par Nez rouge.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Après avoir su que Nez rouge, à cause des conditions de la COVID-19, n'est pas en mesure d’offrir ce service-là, je pense que c’est un service important, on a décidé d’offrir ce service-là.

Serge Leblanc, propriétaire du Groupe Transit

L’entreprise va offrir un service taxi à deux têtes. Deux chauffeurs de l’entreprise iront rejoindre le client dans la même voiture de taxi. Alors que le client prendra place dans la voiture de taxi, le deuxième chauffeur va conduire la voiture du client. Ça représente exactement ce que Nez rouge fait, ajoute M. Leblanc.

Portrait de l'homme assis sur une chaise dans un bureau.

Le propriétaire du Groupe Transit offrira un service de taxi à deux têtes, qui ressemble au service offert par Nez rouge.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Je ne vous cacherai pas que ce genre de service, ça fait longtemps qu’on envisage de l’offrir à la population en général parce que c’est un service qui existe dans toutes les petites et moyennes villes du Québec, conclut-il.

Même si les entreprises gatinoises du taxi ne s’attendent pas à raccompagner un très grand nombre de clients avec ce type de service, en raison des restrictions de la santé publique, ils s’attendent tout de même à ce qu’il y ait une demande.

Il y aura sûrement des gens, des exceptions et des besoins, conclut M. Leblanc. Ça sera un départ qui sera peut-être minime, mais ensuite on va continuer parce que je pense qu’il y a un besoin dans la région.

Le directeur général d’Éduc’alcool voit cette initiative d’un bon œil.

Tout ce qui enlève de la route un conducteur qui n’est pas en état de conduire est une bonne idée, ajoute M. Sacy. En Outaouais, c'est un des éléments de compensation de l'absence de Nez rouge.

Selon les plus récentes statistiques d’Éduc’alcool, le portrait de la consommation d’alcool des Québécois n’a pas beaucoup changé après huit mois de pandémie.

Les données d’un sondage administré par la firme CROP pour le compte d’Éduc’alcool, reposent sur 1000 réponses recueillies entre les 19 et 24 novembre 2020. Au total, au cours du mois de novembre, 8 Québécois sur 10 n’ont pas augmenté, ou ont diminué leur consommation d’alcool, alors que 2 sur 10 l’ont un peu ou beaucoup augmentée.

Avec les informations de Christian Milette

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