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Dépistage COVID-19 : la cadence n’est « pas tenable » en Estrie

Vue extérieure du CHUS-Fleurimont

Le centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) -Hôpital Fleurimont

Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux

Radio-Canada

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de l’Estrie tire la sonnette d’alarme concernant la situation du laboratoire de dépistage de la COVID-19 en Estrie. La tâche de travail des employés ne cesse d’augmenter alors que l’approvisionnement en certains produits essentiels à l’analyse des tests fait défaut, selon le syndicat.

La majorité des échantillons prélevés aux quatre coins de l’Estrie sont apportés au laboratoire de microbiologie de l'arrondissement Fleurimont pour y être analysés par les techniciens de laboratoire.

Radio-Canada a été contacté par un employé du réseau de la santé préoccupé par l’état d’épuisement des employés de ce laboratoire, un constat partagé par la présidente de l’APTS en Estrie, Isabelle Mantha.

L’épuisement psychologique et physique est là. Il est évident que cette cadence là ne pourra pas être tenable pendant six mois, estime la présidente de l'APTS en Estrie, Isabelle Mantha. La pression est très grande pour répondre à la demande. C’est à voir combien de temps ça va être possible de suivre. C’est épeurant de les voir présentement.

Problème d’approvisionnement

En avril dernier, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait annoncé en grande pompe avoir fait l’acquisition du COBAS6800, un appareil à la fine pointe de technologie permettant d’augmenter la cadence d'analyse.

Cet appareil ne serait cependant pas utilisé à sa pleine capacité, selon le syndicat. Les réactifs, une substance essentielle au bon fonctionnement de l'appareil, ne seraient pas livrés en quantité suffisante.

Actuellement, on a seulement le tiers de tous les réactifs qu’on pourrait avoir pour faire fonctionner la machine à plein régime, note le représentant national de l’APTS en Estrie, Marc Richard.

Les travailleurs doivent donc se tourner vers d’autres appareils qui nécessitent davantage de manipulations. Oui, les états d’âme sont fatigués, mais je vous dirais aussi que le corps est fatigué, puisque les collègues doivent faire davantage d’analyses manuelles. Des douleurs musculo-squelettiques apparaissent, déplore Mme Mantha.

Des enjeux mondiaux d'approvisionnement

Du côté du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, on fait savoir que les enjeux d'approvisionnement pour les réactifs sont mondiaux et présents depuis le tout début de la pandémie.

Nos équipes, en collaboration avec le MSSS et les autres régions, ajustent les techniques en fonction des quantités disponibles pour répondre aux volumes journaliers. Par exemple, si les analyses automatisées sur le COBAS6800, un des appareils utilisés, sont diminuées temporairement en raison de la disponibilité des réactifs, nos équipes procéderont aux analyses selon d'autres modalités, explique une porte-parole dans un courriel.

Au niveau des délais, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS assure que tout le suivi du processus est effectué de façon journalière. Nous connaissons nos délais, du prélèvement jusqu'à la transmission des résultats, pour chacune des catégories de clientèle. Le laboratoire réalise, sauf exception, les résultats à l'intérieur de la cible fixée à 24 heures, écrit-on.

Une centralisation qui met à risque la capacité de dépistage?

Isabelle Mantha rapporte que des employés supplémentaires ont été ajoutés pour éviter des retards dans les analyses, mais que l’espace physique est limité.

Si on a un laboratoire où les techniciens et technologistes médicaux sont contaminés, on a un sérieux problème.

Isabelle Mantha, présidente de l'APTS en Estrie.

Alors que les analyses sont concentrées dans un seul laboratoire, les représentants syndicaux jugent que la situation n’est pas idéale en cas d’éclosion de COVID-19 dans l’équipe, d’autant plus qu’il ne serait pas facile de trouver des remplaçants. Contrairement à d’autres types d’emplois qui peuvent se soutenir dans leurs tâches cliniques, il est impossible de remplacer les techniciens de laboratoires par un autre type d’emploi, affirme Mme Mantha.

Marc Richard juge que l’État n’accorde pas assez d’importance à ces travailleurs qui sont un maillon essentiel pour combattre le pandémie. La prime COVID-19 de 8 % qui est donné aux préposés aux bénéficiaires et aux infirmières, ne leur est toujours par octroyée, déplore-t-il.

Avec les informations de Thomas Deshaies.

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