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L’application Alerte COVID a été défectueuse en novembre

La population est invitée à mettre à jour l'application Alerte COVID afin de s'assurer qu'elle vérifie bien les expositions potentielles.

L'application est affichée sur un téléphone.

L’application de traçage de la COVID-19 du gouvernement fédéral est offerte en français et en anglais.

Photo : Radio-Canada

CBC News

Un bogue de l’application Alerte COVID a empêché l’envoi de notifications d’exposition potentielle sur certains appareils pendant au moins deux semaines en novembre.

Une mise à jour de l’outil de traçage fédéral Alerte COVID, publiée le 23 novembre, indiquait corriger un bogue causant des lacunes dans les contrôles d'exposition pour certains utilisateurs. Sans ce correctif, des gens ne pouvaient recevoir de notification si une personne qui a reçu un diagnostic de COVID-19 avait croisé leur chemin.

Pendant deux semaines, l'application n'a pratiquement pas fonctionné.

Une citation de :Urs Hengartner, professeur associé d'informatique à l'Université de Waterloo

Plusieurs internautes ont tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux, mentionnant n’avoir reçu aucun contrôle d’exposition du 9 au 23 novembre sur l’application, un processus qui doit normalement avoir lieu plusieurs fois par jour.

Le problème semble avoir été signalé pour la première fois le 12 novembre par des gens sur le Google Play Store, soit 11 jours avant qu’il soit résolu.

J'ai remarqué aujourd'hui qu’Alerte COVID n'a fait aucun contrôle d'exposition depuis deux semaines, mentionne un utilisateur dans un commentaire sur l'App Store le 20 novembre.

Bianca Healy, porte-parole du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, qui abrite l'équipe de développement de l'application, a confirmé dans un courriel jeudi soir que sur certains appareils, si l'application n'était pas ouverte par l'utilisateur pendant une période prolongée, Alerte COVID cessait de vérifier en arrière-plan les codes aléatoires qui déclenchent une notification indiquant qu'un utilisateur pourrait avoir été exposé à la COVID-19. Ce bogue a maintenant été corrigé.

Lors de ces deux semaines où l’application était dysfonctionnelle, 1182 personnes l’ont utilisée pour signaler un test positif uniquement en Ontario, selon les données provinciales.

Impossible toutefois de savoir combien de personnes ont manqué les notifications d’exposition en raison de ce pépin technique. Des utilisatrices et utilisateurs pourraient donc ne pas s’être isolés préventivement ni avoir fait de test de dépistage en temps utile, ce qui pourrait retarder le diagnostic.

Selon Mme Healy, les fonctions de confidentialité intégrées à l'application empêchent les fonctionnaires de savoir combien de personnes peuvent avoir été touchées.

Une situation inquiétante

Le professeur d’informatique Hengartner soulève que c'est un peu inquiétant qu'il ait fallu deux semaines pour corriger ce pépin technique.

Il ne mâche pas ses mots quant à cette brèche, mentionnant même un bogue fatal pour ce genre de système, car il va totalement à l'encontre de l'objectif de l'application.

Bien qu’on ignore toujours la cause du problème, M. Hengartner soupçonne une erreur dans une précédente mise à jour d’Alerte COVID.

Le Service numérique canadien, l'agence fédérale responsable du développement de l'application, a publié un gazouillis le 26 novembre qui demandait aux personnes utilisant l’application de s'assurer qu'elles disposent de la dernière mise à jour. Cela permettra de s'assurer que votre application fait ce qu'elle est censée faire et qu'il ne vous manque aucun contrôle ou notification, peut-on lire dans le message.

Le message ne mentionnait pas que le scénario décrit présentait un réel risque. On ne connaît toutefois pas quelles autres mesures l'agence fédérale a prises pour alerter la population de l'importance de la dernière mise à jour.

Un faux sentiment de sécurité

Pour M. Hengartner, ce problème ne devrait pas décourager la population canadienne d'installer Alerte COVID.

Toutefois, Kelly Bronson, titulaire d'une chaire de recherche du Canada en science et société, croit que cet épisode met en évidence la façon dont l'application peut donner un faux sentiment de sécurité. Elle souligne un biais d'automatisation, une tendance humaine à s'appuyer sur la prise de décision automatisée, qui peut réduire la vigilance personnelle.

Mme Bronson, qui fait partie du programme Global Pandemic App Watch de l'Université d'Ottawa, qui suit l'adoption d'outils similaires dans le monde entier, a souligné que les applications ne sont pas une panacée.

Je pense qu'il est vraiment important que les gens connaissent les limites de ces technologies.

Une citation de :Kelly Bronson

La population canadienne est invitée à consulter le magasin d’application de leur téléphone intelligent (App Store, Google Play Store) afin de s'assurer qu’Alerte COVID est à jour. Les personnes qui n'ont pas installé la dernière mise à niveau (1.1.2) pourraient encore manquer les contrôles d'exposition.

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