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Des dizaines de milliers de porcelets québécois en route pour les États-Unis

L’exportation massive de porcelets québécois vers nos voisins du Sud commence.

Une quinzaine de porcelets dans un enclos.

L’exportation massive de porcelets québécois vers les États-Unis commence.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Maude Montembeault

Le plan historique des Éleveurs de porcs du Québec est lancé pour éviter que 90 000 porcs soient abattus inutilement. Au cours des prochains mois, 50 000 porcelets seront transformés aux États-Unis, une première dans l’histoire du Québec.

Des porcelets de 5 à 25 kilogrammes ont commencé à être transformés aux États-Unis pour la première fois depuis l’existence de la fédération des Éleveurs de porcs du Québec.

Nous confirmons que la vente est commencée et que les moyens sont mis en place pour faciliter l’écoulement des porcs, indique Frédéric Labelle, conseiller principal aux communications pour Les éleveurs de porcs du Québec.

Les éleveurs de porcs ont toujours été fiers de dire que leurs animaux sont élevés et transformés localement. Pour éviter l’abattage humanitaire, ils doivent se résigner à faire transformer les porcelets chez nos voisins du Sud.

Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel, ceux de Vallée-Jonction, en Beauce, et de Princeville, au Centre-du-Québec, expliquent notamment l’adoption de cette mesure exceptionnelle.

Olymel, le plus important transformateur du Québec, participe à l’opération. L’entreprise agit à titre de facilitatrice auprès de transformateurs américains.

On connaît les débouchés aux États-Unis. On assiste [les éleveurs] dans cette opération-là, qui est destinée à réduire le nombre de porcs en attente dans les mois qui viennent

Richard Vigneault, directeur des communications, Olymel

Des impacts au printemps seulement

La mesure ne permettra toutefois pas de soulager rapidement la situation dans les abattoirs et conséquemment dans les fermes porcines. Plusieurs éleveurs sont actuellement aux prises avec de nombreux problèmes logistiques. Des milliers de porcs s’entassent dans leurs porcheries et cela entraîne des enjeux de biosécurité.

Ça aura un impact sur un transformateur comme nous, sur nos abattoirs, en mars prochain parce que ça prend du temps d'avoir un impact jusqu’à l’abattoir, mentionne Richard Vigneault, directeur des communications pour Olymel.

Actuellement, les porcs du marché du Québec, soit ceux de plus de 100 kilogrammes, sont encore transformés au Québec. Les porcs du marché ontariens, dont des milliers sont habituellement abattus au Québec, ont pris le chemin des abattoirs de l’Alberta et des États-Unis.

Des porcs sont dans un espace fermé.

Pour la première fois de leur histoire, Les éleveurs de porc du Québec exportent en masse des porcelets et des porcs d’abattage vers les États-Unis.

Photo : iStock

Heures supplémentaires dans les abattoirs

Olymel doit jongler avec des défis logistiques. Pour respecter le protocole sanitaire et éviter d’autres éclosions, les travailleurs de différents quarts ne peuvent se croiser. Il devient donc plus complexe de faire faire des heures supplémentaires aux travailleurs qui se porteraient volontaires, notamment durant la période des Fêtes.

Les abattoirs du Québec fonctionnent habituellement à régime réduit entre Noël et le jour de l’An, ce qui entraîne six journées d’abattage en moins, à raison de 40 000 porcs abattus par jour.

À l’abattoir de Princeville, au Centre-du-Québec, Olymel dit avoir ajouté deux quarts de travail avant le 25 décembre et deux quarts après Noël.

Les travailleurs sont encore ébranlés par toute la crise COVID-19. Un de nos camarades a été dans le coma pendant presque trois semaines, témoigne le président du syndicat des travailleurs d'Olymel à Princeville, Steve Houle.

Cependant, M. Houle soutient ne ressentir aucune pression de production de la part de l’employeur pour écouler rapidement les porcs en attente.

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