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Le Manitoba dans le pire des scénarios depuis octobre, selon la province

Une vue extérieure de l'Hôpital général Victoria

Il y a eu 1094 hospitalisations au Manitoba depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Selon la santé publique, le nombre de cas de COVID-19 au Manitoba a déjà atteint les niveaux de son pire scénario prévisionnel. La bonne nouvelle : les effets sur les hôpitaux restent modérés et la province se dirige maintenant vers une amélioration.

Le médecin hygiéniste en chef Brent Roussin et l’infirmière en chef de Soins communs Lanette Siragusa, ont présenté, en conférence de presse, les chiffres des derniers mois concernant la pandémie et les projections d’ici la fin de l’année.

Brent Roussin précise qu’il est encore difficile de savoir si les récentes mesures provinciales ont porté leur fruit.

Le nombre de cas a augmenté de façon importante au Manitoba depuis cet été, au point de faire figure de vraie première vague de la pandémie, comparativement à la situation de ce printemps.

Cela amène un risque significatif et une pression catastrophique sur le système de santé. Nous devons faire baisser ces chiffres

Dr Brent Roussin, médecin hygiéniste en chef du Manitoba

Jusqu'ici, les données manitobaines démontrent que pour 48 cas de COVID-19, il y a 3 personnes qui se retrouvent à l’hôpital et un décès. 

Depuis le début de la pandémie

  • Cas positifs : 17 107
  • Tests effectués : 357 707
  • Hospitalisations : 1094
  • Personnes admises aux soins intensifs : 204
  • Bilan des morts : 333

Dans le pire des scénarios depuis octobre

La province a établi quatre scénarios pour ses projections, allant du plus extrême à une situation contrôlée avec de fortes mesures sanitaires et un respect de ces dernières par la population.

Depuis octobre, le Manitoba est dans le pire des cas envisagé. Toutefois, les autorités ajoutent que depuis les dernières semaines, la situation tend à sortir de ce scénario.

Les ordonnances sanitaires de novembre doivent prendre fin le 11 décembre. Le médecin hygiéniste en chef n’a pas précisé si elles seront prolongées. Des discussions sont en cours pour évaluer si des restrictions supplémentaires sont nécessaires.

La COVID-19 atteint toutes les tranches d’âge

Les chiffres de la province montrent que toutes les tranches d’âge ont été touchées par une contamination à la COVID-19, avec une nette augmentation depuis octobre.

Selon les données, il n’y a pas eu de décès dans seulement deux groupes d’âge : les 10 à 19 ans et les 20 à 29 ans.

La COVID-19 a été la plus mortelle chez les malades âgés de 80 à 89 ans, avec 122 décès. Vient ensuite celui le groupe des nonagénaires et plus, où on compte 34 morts, et celui des 70 à 79 ans avec 69 morts.

La province surveille de près les cas de COVID-19 décelés chez les jeunes de moins de 10 ans.

Brent Roussin a précisé que 29 personnes de cette tranche d’âge ont été hospitalisées, ce qui représente 2,7 % du total des hospitalisations. Un garçon de 10 ans est mort la semaine dernière.

Selon le compte-rendu de l’évolution de la pandémie, le nombre de cas augmente depuis la rentrée scolaire parmi les enfants en âge d’aller à l’école. Pour le Dr Roussin, ces chiffres coïncident avec l’arrivée de la deuxième vague au Manitoba mais ne reflètent pas une transmission dans les établissements scolaires.

Une adulte met un masque sur le visage d'un écolier.

Le nombre de cas augmente depuis la rentrée scolaire parmi les enfants en âge d’aller à l’école.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Les enquêtes de la santé publique ont permis de déterminer que 6 des 802 écoles que compte le Manitoba ont été le théâtre d’une transmission.

Il y a un faible niveau de transmission dans les écoles et nous voyons peu de maladies. Les plus jeunes ne sont pas les moteurs de cette pandémie, assure Brent Roussin.

La province s’inquiète aussi de la transmission parmi les personnes de 20 à 39 ans qui sont les plus susceptibles d’être en contact avec d’autres personnes, dont des enfants.

De même l’augmentation du nombre de cas chez les septuagénaires inquiète dans la mesure où cette tranche d’âge est la plus encline à développer des cas graves de la maladie.

Extérieur du bâtiment avec l'enseigne annonçant Maples Personal Care Home.

Le foyer de soins personnels pour aînés Maples de Winnipeg est l'un de ceux qui a connu la pire éclosion, et un des bilans les plus lourds.

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

Les éclosions dans les foyers de soins personnels et longue durée ont rapidement augmenté depuis le mois d’octobre.

Nombre d’éclosions dans les foyers par mois

  • Mars : 1

  • Entre avril et juillet inclus : 0

  • Août : 6

  • Septembre : 7

  • Octobre : 17

  • Novembre : 34

Nous devons réduire la propagation du virus dans nos communautés. Sinon, nous continuerons de voir le sévère impact sur les personnes les plus vulnérables , a continué le Dr Roussin.

Un impact important sur le système de santé

Du point du vue des hôpitaux, on assure que pour le moment les établissements sont en mesure de faire face à l’augmentation des hospitalisations. On observe toutefois une augmentation de 126 % des occupations de lits depuis mars.

Le nombre de lits dans les hôpitaux est passé de 2457 en mars à 3084 en novembre.

Les autorités sanitaires précisent que des lits supplémentaires sont toujours disponibles en prévision des périodes plus achalandées, comme les épidémies de grippe.

La disponibilité des lits pour les soins intensifs est en revanche dans une situation plus difficile et selon les projections provinciales, on arrive à un scénario de sévérité de niveau trois sur une échelle qui en compte quatre.

En mars, la province comptait 72 lits en soins intensifs. Au 2 décembre, selon Lanette Siragusa, il y en avait 106 dont 42 occupés par des patients atteints de la COVID-19.

Vue extérieure du Centre des sciences de la santé

14 lits en soins intensifs supplémentaires seront ouverts au Centre des sciences de la santé à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Une autre unité COVID-19, qui dispose de 14 lits en soins intensifs, a été ouverte au Centre des sciences de la santé en prévision des besoins.

Les autorités s’inquiètent de la main d'œuvre médicale, qui n’est pas illimitée. Elle est sujette à une importante fatigue et à un risque d’attraper la COVID-19, y compris en dehors des établissements médicaux, en raison de la transmission communautaire en cours dans la province.

Lanette Siragusa, posée de près, regarde Brent Roussin qui est au premier plan mais embrouillé sur la photo.

L'infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa, et le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, lors d'un point de presse sur la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Par ailleurs, le ministre de la Santé Cameron Friesen annonce des changements temporaires dans le règlement des autorisations de pratiquer pour les infirmières au Manitoba.

Les infirmières d’autres provinces ainsi que celles du Manitoba qui sont à la retraite pourront être autorisées à exercer plus rapidement dans la province.

Cette situation d’urgence est en place pour un minimum de 6 mois.

our les responsables de la santé, les chiffres ne sont pas gais mais vont, au moins, dans la bonne direction. Lanette Siragusa espère tout de même voir la situation se stabiliser rapidement.

Nous ne voulons pas perdre les bénéfices de ce que nous avons gagné, a-t-elle souligné

    Vue extérieure du Centre des sciences de la santé

    14 lits en soins intensifs supplémentaires seront ouverts au Centre des sciences de la santé à Winnipeg.

    Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

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