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Rassemblements de Noël annulés au Québec : entre déception et soulagement

Une femme marche sur un trottoir.

Une femme qui porte un couvre-visage marche devant un sapin de Noël au centre-ville de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Sarah Laou

La volte-face de François Legault concernant l'autorisation de deux rassemblements en zone rouge à Noël a suscité une vague de déception, mais aussi un certain soulagement, notamment pour des professionnels de la santé qui ont salué une « sage décision ».

Le 19 novembre, François Legault avait proposé un contrat moral aux Québécois avec quatre rassemblements de 10 personnes durant les Fêtes. Puis il en a ensuite permis deux. Mais le contrat a finalement été résilié plus rapidement que prévu.

Invitée à l’émission 24/60, sur ICI RDI, l’urgentologue à l’Hôpital Charles-LeMoyne Mélissa Ranger s’est dite attristée par la nouvelle, mais la crainte de voir les services hospitaliers débordés au cours des prochaines semaines l'emporte sur sa déception.

C'est sûr qu’avec l’année difficile qu’on a tous connue, ça aurait fait du bien à tout le monde. Ça nous avait fait chaud au cœur, ce contrat moral pour Noël. Mais la courbe des nouveaux cas grimpe. C’est donc une sage décision, malheureusement, de ne pas autoriser les rassemblements durant la période des Fêtes.

Mélissa Ranger, urgentologue à l'Hôpital Charles-LeMoyne

Un avis que partage Gyslaine Desrosiers, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), qui était également invitée à 24/60. Et, selon elle, il s'agissait d'une décision prévisible et incontournable.

C’est une grande déception, mais il faut que les citoyens comprennent que, malgré la COVID-19, il y a des gens qui ont des problèmes de santé de toute sorte. Et ils méritent d'être soignés. Le système de santé est plus fragile que jamais et sous pression.

Gyslaine Desrosiers, présidente CIQ

Ces propos sont en partie repris par la Dre Marie-France Raynault, qui s’est toutefois dite surprise de ce revirement rapide du gouvernement.

J’ai été très étonnée. Il me semble tout de même que cette annonce est un peu prématurée. Noël, c’est dans trois semaines. Et on a déjà vu au Québec, durant la première vague, une diminution rapide des cas en 10 jours, a fait remarquer la docteure Raynault, professeure émérite au Département de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique de l'Université de Montréal.

En entrevue à l'émission Le 15-18, la professionnelle présume que le premier ministre n’est pas optimiste quant au respect des consignes sanitaires par les Québécois et qu’il s’attend à ce que la situation se détériore.

C’est maintenant que la situation est préoccupante. C’est maintenant qu’on devrait voir si les mesures sont respectées, et non dans plusieurs semaines. [...] C’est aussi maintenant que le personnel de la santé est épuisé.

Dre Marie-France Raynault

Du côté de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), la présidente, Dre Diane Francoeur, a rapidement salué la décision de François Legault, en rappelant que la population devait être protégée en attendant les vaccins. Nous avons réorganisé le réseau de la santé, alors demandons à la population de réinventer Noël, a-t-elle écrit.

Un « geste responsable à poser »

L'annulation des rassemblements en zone rouge à Noël était probablement le geste responsable à poser [...] au vu des circonstances, a réagi la cheffe du Parti libéral québécois (PLQ) Dominique Anglade dans un message publié sur son compte Twitter.

La décision n'a toutefois pas été aussi bien accueillie par les co-porte-parole de Québec solidaire (QS). Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié la décision de coup de massue sur le moral collectif.

J'ai le cœur brisé pour le peuple québécois qui a fait des efforts colossaux ces derniers temps, a pour sa part écrit Manon Massé sur Twitter.

Ce soir, je lance un appel à la compassion et à la solidarité. Il faudra prendre soin de nous et de nos proches pour que personne ne soit laissé seul le soir de Noël malgré tout.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

À Montréal, qui demeure la région la plus touchée au Québec avec 51 848 infections depuis le début de la pandémie, la mairesse Valérie Plante a plutôt appelé les Montréalais à respecter les directives du gouvernement, malgré la déception.

On souhaitait tous avoir ce moment de répit et de chaleur humaine avec quelques membres de notre famille, en respectant les règles de sécurité sanitaire. Mais on doit se résigner. Les chiffres ne cessent d'augmenter.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Et l'impact sur l’économie?

Toute nouvelle mesure a un impact. C'est certain que les commerçants vont avoir une dose de stress de plus, prévoit François Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

En tant que citoyen, on peut faire un effort supplémentaire. On peut quand même célébrer en achetant des cadeaux, en pratiquant l'achat local et en s’offrant un restaurant pour les Fêtes

Francois Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

En entrevue à Zone économie, M. Vincent croit que cette décision aura inévitablement un nouvel effet négatif sur les petites et moyennes entreprises (PME) du Québec, dont à peine 29 % ont retrouvé leurs revenus habituels.

Par ailleurs, selon la FCEI, les consommateurs prévoient dépenser seulement 33 % de leur budget des Fêtes dans les PME cette année.

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