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Collèges privés : Québec attend des rapports avant Noël pour éviter une « dérive »

« C'est un dossier très prioritaire », affirme la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, qui se dit préoccupée pour « la qualité de l'enseignement » dans certains collèges privés.

Danielle McCann assise à la table de presse.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann a lancé des enquêtes sur de nombreux collèges privés.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Legault ne compte pas traîner avant de mettre en place de nouvelles mesures pour resserrer l'encadrement du réseau des collèges privés, particulièrement ceux qui n'ont pas de subventions de Québec.

Je demande des rapports avant Noël, a affirmé jeudi la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, en commission plénière, à l'Assemblée nationale. Après les Fêtes, a-t-elle ajouté, des rapports plus finaux seront également réalisés.

C'est très préoccupant. C'est un dossier très prioritaire du ministère.

Danielle McCann, ministre de l'Enseignement supérieur

Au cours des dernières semaines, plusieurs reportages de Radio-Canada ont mis en lumière un marché très lucratif pour ces établissements privés, particulièrement dans le recrutement d'étudiants indiens, à qui l'on promet de pouvoir vivre et travailler au Canada à l'issue de leur formation.

Des doutes sur la qualité de l'enseignement et l'intégrité du système d'immigration ont été émis et, en coulisses, plusieurs témoins ont décrit un processus parfois horrible ou inadmissible, en déplorant la faible place accordée à l'aspect éducatif.

Cette situation, c'est très préoccupant, a une nouvelle fois jugé la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann. Cette dernière était interrogée jeudi par la députée Christine St-Pierre au cours d'une commission plénière sur l'étude des crédits supplémentaires.

L'élue libérale a fait part de ses vives inquiétudes quant aux conditions de vie de ces étudiants, mais aussi concernant la qualité de l'enseignement.

Si le diplôme ne vaut rien, c'est la réputation internationale du Québec qui devient entachée.

Christine St-Pierre, députée du Parti libéral du Québec

Comme annoncé la semaine passée, des enquêtes ont été lancées par le gouvernement du Québec. Les enquêtes ont débuté. On va faire toute la lumière sur cette situation, a ajouté Danielle McCann, tout en spécifiant multiplier les rencontres sur ce sujet.

Une dizaine de collèges particulièrement visés

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, Québec a dans sa mire une dizaine de collèges privés : CDI, Collège Herzing, Collège Canada, Collège M du Canada, Matrix Collège, Collège Universel, Collège des technologies de l’information, l’Institut supérieur d'informatique et le Collège de l'Estrie.

Des demandes ont été formulées directement auprès de ces établissements et de leurs dirigeants, dont certains ont récemment été accusés de fraude par l'UPAC. L'un d'entre eux, Naveen Kolan, à la tête de Matrix Collège, à Montréal, et chargé du recrutement pour le campus montréalais du Cégep de la Gaspésie et des Îles, est toujours recherché par les autorités.

Cet homme d'affaires ontarien serait actuellement en Inde, selon un porte-parole de l'UPAC et l'organisation policière, qui a lancé un mandat d'arrêt, n'a pas encore été en mesure d'entrer en communication avec lui.

L'affiche du College M du Canada.

Le Collège M du Canada est situé dans l’arrondissement de LaSalle, dans une zone industrielle. Il fait partie de ces nouveaux établissements privés dans la mire des autorités fédérales et provinciales.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Plus de français dans les collèges privés?

Au cours de son échange avec la députée Christine St-Pierre, la ministre Danielle McCann a reconnu des failles dans la réglementation actuelle.

Lorsqu'un permis est donné, a-t-elle illustré, un certain nombre d'étudiants est mis de l'avant par l'établissement, lors des rencontres avec la Commission consultative de l'enseignement privé, chargée de conseiller le gouvernement.

Or, a-t-elle reconnu, rien n'empêche par la suite le collège de ne pas respecter cet engagement. On n'a pas de pouvoir sur le nombre d'étudiants qui peuvent être inscrits, a-t-elle admis.

La Loi sur l'enseignement privé pourrait être revue et des permis pourraient être révoqués « pour s'assurer qu'il n'y ait pas de dérive », a-t-elle déclaré, tout en ouvrant la porte à d'autres mesures.

Par exemple, alors que ces formations courtes, qui coûtent environ 25 000 $, sont généralement proposées exclusivement en anglais à ces étudiants étrangers, la ministre McCann affirme regarder la possibilité de renforcer aussi la formation au niveau de la langue française.

Ça pourrait être une opportunité, a-t-elle avancé.

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