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Chronique

Ah, taisez-vous! Et jouez!

Les amateurs de hockey s'impatientent. La LNH peut-elle les faire attendre plus longtemps? Guy D'Aoust se fait leur porte-parole.

Deux joueurs de hockey entrent en collision.

Le capitaine du Canadien Shea Weber (6) met en échec Jason Zucker (16) des Penguins lors de la première période du quatrième match de la série Montréal-Pittsburgh.

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Lassés par la pandémie, privés de hockey, de leur passe-temps, de leur rêve par procuration, les amateurs de hockey à qui je parle n’ont pas beaucoup de sympathie pour les bonzes de la Ligue nationale, son syndicat des joueurs et toute l’industrie du hockey professionnel qui tarde à revenir au jeu.

Leur point de vue pourrait se résumer ainsi : Ça fait 100 ans qu’on paie, messieurs. En un siècle, ça ne vous a pas tenté de vous constituer une réserve?

Et j’en ajoute.

Des gradins vides

Eh oui! La pandémie l’exige. Il faudrait jouer devant des sièges vides. Et contrairement à la NFL et au baseball majeur (MLB), votre contrat de télévision est insuffisant pour couvrir vos dépenses. On a compris.

Eh bien, empruntez! Soutenez-vous entre petits et grands marchés, assumez vos pertes et amortissez-les à long terme. C’est ce qu’on fait dans le commerce en général, qu’on vende des pneus, des climatiseurs ou du rêve.

Et puis, qu’est-ce qu’une saison à perte après 103 ans de bénéfices? Une sur 103, c’est moins de 1 %. Et vous voudriez qu’on sorte les mouchoirs?

Les bulles

Les joueurs ne veulent plus des bulles. Ils ne souhaitent pas rester loin de leur famille comme ils l’ont fait l’été dernier. D’accord. Faites de plus grandes bulles et faites-y entrer les familles.

Vous dites que ce serait hors de prix? Qu’on ne peut confiner femmes et enfants dans une chambre d’hôtel? Encore d’accord. Dans ce cas, revenez au jeu avec des bulles restreintes comme l’été dernier. Adaptez-vous et allégez les mesures de confinement à mesure que la pandémie perdra de sa vigueur. Le vaccin cogne à la porte. Ça ne va pas durer cinq ans!

On est des millions enfermés chez nous, à ne plus pouvoir visiter nos vieux parents, à ne plus pouvoir aller au travail, à ne pouvoir fêter Noël. Voulez-vous comparer nos salaires?

Contagion

La NBA s’apprête à lancer sa saison, même si 48 joueurs ont reçu un résultat positif à la COVID-19 entre le 24 et le 30 novembre. 48! Et on continue.

La NFL a forcé les Broncos de Denver à jouer sans aucun de leurs quatre quarts-arrières. Là aussi, on continue.

La Ligue de hockey junior majeur du Québec a trouvé le moyen de faire jouer ses équipes en les enfermant au Château Bonne Entente.

Et vous, vous hésitez en comptant vos sous? Les risques pour la santé des joueurs sont à peu près nuls. Malgré la poursuite (réglementée) des activités sportives professionnelles sur les cinq continents depuis mars dernier, savez-vous combien d’athlètes professionnels sont décédés des effets de la COVID? Un. Un seul. Shobushi, un lutteur sumo japonais de quatrième division décédé à l’âge de 28 ans, à Tokyo, en avril. Je ne veux pas minimiser sa perte. Cet homme-là avait une famille comme vous et moi. Mais statistiquement parlant, l’exception qu’il constitue vient confirmer la règle.

Allez!

Les partisans n’ont plus beaucoup de patience. Ne les saoulez pas avec vos récriminations. Retournez jouer.

Ils vous ont regardé perdre sur la patinoire, vous ont soutenu quand vous finissiez derniers, ont continué d’acheter vos billets, vos chandails et vos bébelles pendant des décennies.

C’est votre tour de perdre un peu. Et perdre à la banque, ça ne fait pas plus mal qu’ailleurs.

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