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Vaccination contre la COVID-19 : les démons du passé hantent encore les Autochtones

Le bras d'une femme dans lequel on fait une injection lors d'essais d'un vaccin contre la COVID-19.

Une volontaire reçoit un vaccin contre la COVID-19 développé par AstraZeneca le 23 novembre 2020 à l'Université Oxford, en Angleterre.

Photo : Associated Press / John Cairns

Radio-Canada

Comment persuader les membres des communautés autochtones de faire confiance aux autorités sanitaires pour la vaccination contre la COVID-19? C’est le défi auquel des responsables autochtones et des professionnels de la santé sont confrontés.

Il y a des choses terribles et trompeuses qui ont été faites à nos communautés dans le passé , souligne le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas.

Ce dernier a souhaité rassurer les membres des Premières Nations du Manitoba au cours de la mise à jour faite par l’équipe de coordination de réponse à la pandémie, vendredi dernier.

Tant que je suis impliqué, de telles choses n’arriveront pas, a-t-il affirmé.

De nombreuses personnes qui assistaient à cette réunion virtuelle ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conseils de la santé publique. D’autres ont émis des hypothèses sur la vaccination.

Arlen Dumas comprend la méfiance des Autochtones. Les membres de sa propre famille lui ont dit qu’ils craignaient que l’administration du vaccin contre la COVID-19 ne soit qu’une expérimentation de plus.

Des fautes irréparables

Selon un professeur associé à l'Université Ryerson à Toronto, Ian Mosby, ce scepticisme s’est construit sur de réelles injustices historiques.

D’après lui, il y a de nombreux exemples dans l’histoire canadienne de scientifiques financés par le fédéral, ou du gouvernement lui-même qui ont mené des expériences médicales sur les membres des communautés autochtones.

Le problème est d'essayer de le régler au milieu d'une pandémie et de gagner cette confiance, analyse-t-il. Ces solutions auraient dû commencer 20, 30, 50 années de cela.

Ian Mosby, professeur associé à l’Université Ryerson

Dans ses recherches, le professeur met l'accent sur une expérimentation menée par le gouvernement au cours de laquelle les autorités ont délibérément mal nourri les enfants autochtones dans les années 1940.

Dans un pensionnat, les rations de lait n'étaient pas octroyées pendant deux ans. Dans une autre, une farine spéciale qui était illégale partout ailleurs au Canada a été donnée aux enfants.

Dans les années 1930, en Saskatchewan, les enfants autochtones ont été des cobayes pour des essais du vaccin contre la tuberculose.

Les recherches ont montré que ce qui était appelé les hôpitaux indiens, créés pour soigner les Autochtones souffrant de tuberculose, étaient le théâtre d'expériences médicales.

De graves conséquences

La chef de l’équipe de réponse à la pandémie des Premières Nations du Manitoba, Melanie MacKinnon, a soulevé les conséquences de ne pas suivre les ordonnances de santé publique.

Ce n’est pas un jeu. C’est un moment critique, a-t-elle dit au cours de la dernière mise à jour.

Selon Services aux Autochtones Canada, en date du 1er décembre, il y avait 4069 cas de COVID-19 dans les réserves au Canada dont 1564 actifs.

Au 2 décembre, il y a 1713 cas actifs parmi les membres des Premières Nations du Manitoba, qu’ils vivent dans ou hors réserves.

Ces derniers représentent aussi 26 % des personnes hospitalisées et 45 % des patients en soins intensifs.

À l’heure actuelle, 45 membres des Premières Nations sont morts de la COVID-19, la majorité au cours des dernières semaines. L’âge moyen des personnes décédées est de 66 ans, contre 83 dans le reste de la population manitobaine. Un garçon de 10 ans est mort le week-end dernier.

Les autorités fédérales ont dit que les premiers vaccins pourraient être distribués au début de l’année prochaine.

Les responsables des Premières Nations à travers le pays militent pour que leurs communautés soient prioritaires.

Avec les informations de La Presse canadienne

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