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Facebook s'attaque plus activement aux propos haineux contre les minorités

Un dessin d'une personne de couleur tenant un téléphone dans sa main. Des têtes émergent du téléphone et semblent insulter la personne, qui affiche un air triste.

Facebook développera des systèmes de modération automatique plus sensibles aux discours contre les minorités.

Photo : iStock / Anna Drozdova

Agence France-Presse

Régulièrement vilipendé pour laisser passer trop de messages haineux et racistes, Facebook modifie actuellement ses algorithmes pour réprimer plus sévèrement les insultes contre les minorités.

Cette évolution tranche avec la politique habituelle du réseau social, qui ne souhaite en général pas concentrer ses efforts de modération auprès de groupes spécifiques.

Mais le groupe a réalisé que les discours de haine visant les groupes sous-représentés peuvent être les plus dangereux, a souligné auprès de l'Agence France-Presse un porte-parole du réseau social jeudi.

C'est pourquoi nous avons modifié notre technologie pour la concentrer sur les propos que nos utilisateurs et utilisatrices et les spécialistes nous disent être les plus graves, comme ceux visant à déshumaniser ou à mépriser une certaine catégorie de personnes, a précisé le porte-parole.

Saluant une étape importante et attendue depuis longtemps, Jonathan Greenblatt, président de l'organisation américaine de lutte contre l'antisémitisme ADL, estime que c'est aussi une reconnaissance implicite par le groupe de l'insuffisance de ses efforts passés.

Même si nous nous réjouissions que Facebook s'attaque aux symptômes les plus sérieux de la maladie qu'il a laissée se propager pendant tellement d'années, il faut continuer à travailler pour guérir la maladie de la haine sur les réseaux sociaux, a-t-il souligné.

Recalibrer les systèmes de modération

Parallèlement au développement de systèmes de modération automatique plus sensibles aux discours contre les minorités, Facebook a cessé d'utiliser des algorithmes recherchant de façon proactive certaines attaques contre les personnes blanches, les hommes et la population américaine. Mais le groupe pourra toujours les retirer si elles lui sont signalées.

Facebook veut écarter l'idée qu'il censure plus facilement des propos jugés moins nocifs que des attaques racistes, comme des commentaires désobligeants sur la gent masculine après une rupture amoureuse.

Selon le Washington Post, qui a le premier rapporté l'évolution de la politique de Facebook jeudi, le réseau social veut se concentrer sur les contenus malveillants à l'encontre des membres de la communauté LGBTQI ainsi que des personnes noires, métisses, musulmanes et juives.

L'entreprise de Mark Zuckerberg maîtrise depuis des années le retrait automatique de certains contenus liés à la pornographie ou au terrorisme, par exemple. La propagation de la haine en ligne est plus compliquée à gérer, les machines ayant du mal à faire la différence entre les informations, l'humour, les parodies, les rumeurs et les insultes.

Résultat : Facebook a tendance à supprimer plus facilement des contenus problématiques à l'encontre de personnes blanches et à signaler plus souvent des publications de minorités visibles, selon le Washington Post.

Une telle initiative pourrait être mal reçue par une partie des internautes, de droite notamment, qui considèrent déjà que les réseaux sociaux désavantagent les messages conservateurs.

Mais comme d'autres grands réseaux sociaux, Facebook est aussi régulièrement attaqué par les organisations de défense des droits civiques qui lui reprochent de ne pas agir suffisamment pour lutter contre les propos incitant à la haine.

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