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Les incohérences du découpage des zones sanitaires se multiplient

Le découpage de la zone sanitaire d'Edmundston cause aussi des bizarreries.

Edmundston

La ville d'Edmundston, au nord-ouest du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : Radio-Canada / Étienne Dumont

Les incohérences causées par le découpage des zones sanitaires au Nouveau-Brunswick semblent se multiplier.

Les pompiers qui résident dans la communauté de New Denmark, à la limite de la zone 3 (Fredericton), ne peuvent plus se rendre à la caserne de la brigade dont ils font pourtant partie, à Drummond. À moins qu'un gros incendie éclate.

pompiers, Drummond, N.-B.

La caserne de pompiers de Drummond

Photo : site Web, brigade d'incendie de Drummond, N.-B.

Drummond se trouve à l'entrée de la zone 4, séparée par la rivière aux Saumons.

La zone de Fredericton est en phase orange, tandis que celle d'Edmundston se trouve en jaune.

France Roussel

France Roussel, maire de Drummond

Photo : site Web, Village de Drummond, N.-B.

Le maire du village de Drummond, France Roussel, admet qu'il en voit de toutes les couleurs.

Notre chef pompier a reçu un courriel du prévôt des incendies à ce sujet. Les pompiers volontaires qui résident dans la région de New Denmark ont le droit de participer à des situations d'urgence. Mais, ils ne peuvent pas venir au poste pour des exercices ou des réunions.

Des élèves passent de l'orange au jaune au quotidien

Il y a également la situation particulière d'élèves du secondaire de New Denmark. Certains quittent leur zone orange quotidiennement pour se rendre à Grand-Sault, en zone jaune. Puis, il quittent cette zone jaune pour rentrer chez eux, dans une zone orange.

La façade de l'école.

La polyvalente Thomas-Albert de Grand-Sault

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Il y a des élèves de New Denmark qui étudient à la polyvalente Thomas-Albert ou encore à l'École John Caldwell, à Grand-Sault, explique France Roussel. Cet exemple d'enfants qui vont d'une zone à l'autre pour aller à l'école, ça se passe tous les jours.

On devrait peut-être utiliser d'autres frontières de zones qui refléteraient les besoins ou les situations des communautés.

France Roussel, maire de Drummond

Le maire de Drummond lui-même passe d'une zone jaune à une zone orange très fréquemment.

Des voitures dans une rue achalandée en hiver

La ville de Grand-Sault

Photo : Radio-Canada

Je travaille dans la zone de Fredericton, dit-il. Il y a beaucoup de personnes qui sont dans cette situation-là. Il y a une usine à Plaster Rock où plusieurs personnes de Grand-Sault et des environs se rendent quotidiennement pour travailler. Ce sont deux zones complètement différentes. Peut-être qu'il faudrait redéfinir les frontières pour refléter ces besoins-là. Ça cause des malentendus et des conflits.

Pas comme une lettre à la poste

Le découpage des zones sanitaires pour lutter contre la pandémie est loin de passer comme une lettre à la poste, à en croire le conseiller et maire adjoint de la communauté rurale de Haut-Madawaska, Georges Michaud.

Les gens aimeraient savoir dans quelle région de la zone 4 le cas de COVID-19 se trouve, affirme-t-il. Depuis ce matin [hier], je peux dire qu'il y a au moins cinq personnes qui m'en ont parlé.

George Michaud

George Michaud, conseiller municipal de Haut-Madawaska

Photo : Radio-Canada

M. Michaud estime qu'il est bien placé pour saisir le pouls de la population puisqu'il voit plusieurs personnes dans une journée. Il est maître de poste.

Dans le Haut-Madawaska, on a quand même des épiceries, mentionne-t-il. Il y a beaucoup de gens qui vont à Edmundston pour faire leur marché. Disons par exemple qu'on saurait qu'il y a un cas à Edmundston, peut-être que les gens en profiteraient pour faire leur marché dans le haut du comté. Ils auraient moins de risques de croiser quelqu'un qui a la COVID-19.

Une arme à double tranchant

George Michaud épouse l'idée du député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, qui avance la solution de créer des sous-zones.

France Roussel, le maire de Drummond, n'est donc pas à l'aise non plus avec ces zones qui sont d'une couleur ou d'une autre, selon qu'on se trouve d'un côté ou l'autre de la rivière aux Saumons.

Mais il apporte des nuances au sujet des sous-zones puisqu'il croit que cela alourdirait la gestion de la lutte à la pandémie. Il craint aussi que cela puisse amener la population à baisser sa garde devant le virus.

Par exemple, s'il y avait un cas dans la zone 4 [Edmundston] et que ce cas se trouvait dans la sous-zone du Haut-Madawaska, on pourrait peut-être noter un relâchement de la population dans ses habitudes sanitaires dans les autres sous-zones. On sait qu'il y a un cas dans notre zone, mais on ne sait pas où. On reste donc sur le qui-vive.

France Roussel marque une pause. Puis, il se dit que de telles sous-zones pourraient possiblement avoir leur utilité malgré tout.

Mais je pense que c'est une arme à double tranchant, conclut-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

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