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Fermeture volontaire de restaurants albertains devant la hausse des cas de COVID-19

Le café Bicyclette, à Edmonton, dans la cité Francophone. C'est un bâtiment moderne.

Le café Bicyclette.

Photo : Radio-Canada

Des restaurateurs albertains trouvent que les mesures du gouvernement albertain pour freiner la propagation du coronavirus ne vont pas assez loin. Certains ont volontairement fermé leurs portes, ou du moins leur salle à manger en attendant que les cas commencent à baisser.

La semaine dernière, l’Alberta a imposé un couvre-feu à ses restaurants et a restreint leur capacité d’accueil. Elle a aussi demandé que seuls les clients qui vivent ensemble partagent une table.

Le propriétaire du café Bicyclette à Edmonton, Daniel Cournoyer, estime cependant qu’il ne serait ni rentable ni sécuritaire d’encourager les clients à continuer de venir au restaurant. Il a décidé de fermer ses portes.

Avec les nouvelles restrictions, le restaurant ne pourrait accueillir que 15 clients à la fois et serait privé de tous ses revenus de traiteurs, puisque les salles de banquets sont fermées.

Et il y a également les consignes au public qui disent "ne sortez pas, restez chez vous, mais venez au restaurant". Il y a toutes sortes de contradictions, ajoute Daniel Cournoyer.

Il envisage de rouvrir en mars, ou peut-être avant, mais pas avant que le nombre de cas ne commence à diminuer. Le café peut se le permettre, car il compte sur les autres revenus de la Cité francophone, notamment les loyers des organismes qui y sont installés.

Il croit cependant que les petites entreprises auraient moins souffert d’un deuxième confinement, que de ce qu’il décrit comme des demi-mesures.

Je pense que c’est une stratégie du gouvernement albertain pour ne pas être obligé de compenser les entreprises : on vous laisse ouverts, un petit peu, comme ça on n’est pas responsables. Je pense honnêtement que c’est un désengagement envers les petites et moyennes entreprises de la province.

Sylvia Cheverie, propriétaire du restaurant Chartier à Beaumont, a décidé de fermer sa salle à manger en voyant à quel point le nombre de cas augmentait vite dans la région.

C'était vraiment important pour nous d’être une partie de la solution, pas du problème, dit-elle.

Le restaurant offre désormais seulement des plats pour emporter. Ses revenus ont chuté de 30 % à 40 %. Sylvie Chevrier aimerait pouvoir rouvrir la salle à manger avant les fêtes, puisque c’est à cette période qu’elle fait la majorité de ses profits, habituellement.

Elle ne souhaite cependant pas s’y risquer tant que la situation ne s’améliore pas.

Paul Schufelt, le propriétaire de trois restaurants, à Edmonton, est du même avis.

Les affaires, c’est les affaires, mais on parle de sauver des vies à ce point-ci, et de la santé des gens. Tout le succès du monde ne veut rien dire s’il n’y a plus personne pour en profiter.

Paul Shufelt, propriétaire des restaurants Henhouse, Woodshed et Greenhouse

Il a fermé les salles à manger de deux de ses trois restaurants, mais continue d’offrir des repas par livraison et pour emporter. Au Greenhouse, il laisse les clients s'installer à l’extérieur, près d’un feu. Il a dû mettre à pied 15 employés.

Ça a été dur d’avoir ces conversations, de leur dire qu’on n’a pas assez d’heures pour eux, surtout à ces temps-ci de l’année. Noël approche, dit-il.

Ses revenus ont baissé depuis qu’il a fermé les salles à manger, mais même s’il les avait gardées ouvertes, il ne sait pas si les clients auraient continué de les fréquenter.

Selon lui, la seule façon de les ramener dans les restaurants est de freiner la propagation du virus. Il croit, comme Daniel Cournoyer, que le gouvernement aurait dû imposer des restrictions plus strictes, plus tôt.

Les clients ne sont plus au rendez-vous

Leslie Echino, qui possède les deux restaurants Annabelle’s kitchen et le bar Annabelle à Calgary, ne croit pas qu’un confinement aurait été une bonne nouvelle pour son entreprise. Elle était d’ailleurs plutôt optimiste quand le gouvernement n’a pas forcé les restaurants à fermer.

Elle commence toutefois à déchanter : les clients ne sont simplement pas au rendez-vous.

Ses revenus ont baissé de 80 % dans les dernières semaines, et de 95 % dans son restaurant du centre-ville.

Elle a déjà fermé son bar. Elle fermera la salle à manger du restaurant du centre-ville la semaine prochaine.

C’est dur. En 13 ans, je n’ai jamais pensé que ça pourrait être aussi difficile, confie-t-elle.

Avec des informations de Danielle Kadjo

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