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Hivers plus doux : des scientifiques nous mettent en garde

De l’est du Manitoba aux Maritimes, en passant par le nord des États-Unis : un groupe de chercheurs a étudié les données de 100 stations météorologiques pour faire le point sur l’évolution des hivers. Leurs recherches démontrent que ceux-ci sont moins longs et plus chauds. Ces changements ne sont pas sans impact sur l’environnement et l’économie.

Vue sur un lac presque tout gelé en hiver, à partir d'un terrain de camping.

Les activités hivernales telles que celles qui se pratiquent dans le parc provincial du Whiteshell sont menacées par les changements climatiques, selon des chercheurs.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Plus doux et moins enneigés : c'est la tendance qui ressort d'une étude par des chercheurs sur les hivers au cours du siècle dernier dans le nord-est du continent américain.

Lorsque les gens voient les hivers devenir moins rigoureux et être plus courts, ils pensent que c’est une bonne chose, mais ce n’est pas vraiment le cas, explique la Dre Nora Casson, professeure associée à l'Université de Winnipeg, directrice du Prairie Climate Centre et membre de la Chaire de recherche du Canada en ressources d'eau et en changements climatiques.

Près d’une vingtaine de scientifiques des États-Unis et du Canada ont étudié pendant près de quatre ans les données de 100 stations météo réparties entre l’est du Manitoba, le nord des États-Unis et allant jusqu'aux Maritimes.

Nous avons voulu étudier la manière dont les changements d’hiver ont un effet sur l'écosystème , précise Dre Nora Casson.

Au cours des recherches, les scientifiques sont allés à la rencontre du public et des personnes directement impactées par les changements, comme les acteurs du tourisme ou de l’industrie forestière, pour leur faire part de leurs données.

Nous leur avons demandé ce que notre présentation représentait pour eux, expose Dre Casson. Beaucoup de gens nous ont dit que c’était utile et plus facile à comprendre.

Par exemple, pour l’industrie forestière, des terrains gelés sont nécessaires pour faire passer les équipements lourds. Avec des jours chauds, il y a moins de possibilités de faire de l’abattage , continue Dre Casson.

Les scientifiques ont présenté leurs conclusions dans un rapport qui vient d’être publié.

Les plus, les moins

Les scientifiques affirment que les hivers deviennent de moins en moins froids. Les jours et les nuits où les températures descendent jusqu’à - 18 degrés Celsius sont de plus en plus rares. Au cours du siècle dernier, le nombre de jours de gel a baissé en moyenne de 18 jours par an dans la région de l’est du Manitoba.

Le rapport indique également qu’il y a de moins en moins de neige, notamment dans l’est du Manitoba et jusqu’au Minnesota selon la chercheuse. En moyenne, 21 jours de neige ont été perdus contre 17 dans la région ouest.

Les hivers raccourcissent d’environ trois semaines. Selon le rapport, dans les années 1910, la période de froid s’étendait sur 146 jours en moyenne. Dans les années 2010, celle-ci était descendue à 126 jours en moyenne. Les chercheurs indiquent que le printemps arrive plus tôt.

L’importance de l’hiver

L’hiver est vraiment important pour l'écosystème et pour les communautés, assure la professeure. La neige permet par exemple à certains animaux de s’y cacher et d’échapper à leurs prédateurs , souligne la directrice du Prairie Climate Centre.

Les scientifiques indiquent aussi que, par exemple, des températures comme -17 degrés Celsius et moins peuvent permettre d’éviter la propagation d’espèces invasives.

Les scientifiques qui ont participé à ce rapport n’ont pas seulement pour objectif de montrer les effets du changement climatique sur la longueur et l’intensité des hivers. Ils espèrent aussi impulser un changement de mentalité.

Susciter une prise de conscience

Dre Casson souhaite que les citoyens prennent conscience de ce qu’il se passe du côté du climat et pourquoi pas, les encourage à agir.

Le changement est entre nos mains. À nous de faire pression sur nos gouvernements et leur faire comprendre que l’adaptation aux changements climatiques doit être une priorité.

Dre Nora Casson, directrice du Prairie Climate Centre

En 2019, un rapport d’Environnement et Changement climatique Canada indiquait aussi que le climat du Canada s’est réchauffé et se réchauffera davantage à l’avenir sous l’influence humaine .

Selon le rapport intitulé Rapport sur le climat changeant du Canada, ces effets comprennent des extrêmes chauds fréquents et intenses, des extrêmes froids moins fréquents et intenses, des saisons de croissance plus longues, des saisons de couverture de neige et de glace plus courtes, un écoulement fluvial printanier de pointe précoce, un amincissement des glaciers, un dégel du pergélisol et une élévation du niveau de la mer.

La Dre Casson espère que cette étude permettra à certaines personnes de repenser l’hiver. Pour elle, il faut surtout célébrer la valeur de l’hiver.

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