•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des pirates s’attaquent à la distribution de vaccins contre la COVID-19

Une boîte isotherme contenant deux fioles.

Les pharmaceutiques Pfizer/BioNTech et Moderna ont annoncé que leurs vaccins doivent être conservés respectivement à -70 et -20 degrés Celsius.

Photo : getty images/istockphoto / digicomphoto

CBC News

IBM tire la sonnette d'alarme au sujet de pirates informatiques qui ciblent des entreprises essentielles à la distribution de vaccins contre la COVID-19. Tout porte à croire que l'espionnage lié à ces actions malveillantes se concentre sur le travail logistique complexe qu'implique la vaccination de la population mondiale.

La société de technologie de l'information IBM a affirmé dans un billet de blogue jeudi qu'elle avait découvert une campagne mondiale d’hameçonnage axée sur les organisations associées à la chaîne du froid du vaccin contre la COVID-19, ce processus nécessaire pour maintenir les doses à des températures extrêmement basses (-70 °C) lors de leur transport.

Des efforts exceptionnels

L'unité de cybersécurité d'IBM indique avoir détecté un groupe de pirates informatiques travaillant à rassembler des informations essentielles sur ladite chaîne du froid en utilisant des courriels piégés méticuleusement conçus.

Des messages auraient même été envoyés au nom d'un cadre de Haier Biomedical, un fournisseur chinois spécialisé dans le transport de vaccins et l’entreposage d'échantillons biologiques.

Selon Claire Zaboeva, analyste pour IBM et corédactrice du rapport, les pirates ont fait un effort exceptionnel en cherchant des détails sur la marque, le modèle et le prix des différentes unités de réfrigération de Haier.

La personne qui a mis sur pied cette campagne était consciente de tous les produits impliqués dans la chaîne d'approvisionnement pour fournir un vaccin contre une pandémie mondiale.

Claire Zaboeva

Haier Medical n'a pas répondu aux demandes de commentaires de CBC.

Selon IBM, les faux courriels de Haier ont été envoyés à une dizaine d'organisations, mais n'ont identifié qu'une seule cible par son nom, soit la direction générale de la fiscalité et de l'union douanière de la Commission européenne, qui a notamment contribué à établir des règles sur l'importation des vaccins.

Dans son rapport, IBM mentionne que d’autres entreprises sont ciblées, notamment celles impliquées dans la fabrication de panneaux solaires – utilisés pour alimenter les réfrigérateurs de vaccins dans les pays chauds – et de produits pétrochimiques pouvant être utilisés pour remplacer la glace sèche.

On ne connaît pas pour l’instant les intentions derrière cette campagne d'espionnage.

Un historique de piratage

Par le passé, Reuters a documenté la façon dont des pirates informatiques liés à l'Iran, au Vietnam, à la Corée du Nord, à la Corée du Sud, à la Chine et à la Russie ont été accusés par des spécialistes de la cybersécurité de tenter de voler des informations sur le virus et ses traitements potentiels.

Claire Zaboeva souligne que les personnes suspectées ne manquent pas. La recherche d'un moyen de distribuer rapidement un vaccin permettant de sauver l'économie devrait être une priorité des États à travers le monde.

Le mois dernier, Microsoft a détecté des tentatives d’actions malveillantes de pirates informatiques russes et nord-coréens soutenus par leurs États. Leur démarche visait les données de grandes entreprises pharmaceutiques et d'équipes de recherche de vaccins. Le géant du web n'a donné aucune information sur le nombre de tentatives réussies, la gravité des infractions et les entreprises ciblées.

L'entrée d'un immeuble appartenant à Pfizer.

Les autorités de réglementation du Canada, des États-Unis et de l'Union européenne examinent le vaccin de Pfizer.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Des pirates informatiques chinois soutenus par l'État ont également ciblé les fabricants de vaccins, selon ce qu’a déclaré le gouvernement américain en juillet.

Microsoft indique par ailleurs que la plupart des cibles – situées au Canada, en France, en Inde, en Corée du Sud et aux États-Unis – étaient des équipes de recherche de vaccins et de traitements contre la COVID-19. L’entreprise n'a toutefois pas précisé de quelles entreprises il s’agissait.

Mercredi, la Grande-Bretagne a été le premier pays à autoriser un vaccin contre la COVID-19, soit celui développé par le fabricant de médicaments américain Pfizer et l'entreprise allemande BioNTech.

Les autorités de réglementation du Canada, des États-Unis et de l'Union européenne examinent également le vaccin de Pfizer ainsi que celui fabriqué par Moderna Inc. Les organismes de réglementation britanniques et canadiens examinent aussi un vaccin fabriqué par AstraZeneca et l'Université d'Oxford.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !