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Est-ce une bonne idée de relâcher les restrictions en Saskatchewan pour Noël?

Une femme passe devant un père Noël le 30 novembre.

Mercredi, des médecins de la Saskatchewan prévenaient le gouvernement qu’une telle décision pourrait faire augmenter le nombre d’infections dans la province. (archives)

Photo : Reuters / Pascal Rossignol

Radio-Canada

Un chercheur universitaire et une résidente d'un centre de soins de longue durée croient que ce serait une erreur de relâcher certaines mesures préventives pour le temps des Fêtes, comme l'a laissé entendre le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, plus tôt cette semaine.

Pour un professeur adjoint au collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan, Kyle Anderson, il est impossible que la situation s’améliore d’ici Noël.

Il n’y a absolument aucune chance que le nombre de cas diminue avant Noël, croit-il. En plus, nous avons en ce moment des personnes âgées qui meurent quotidiennement [du virus].

Kyle Anderson rappelle qu’il a fallu six semaines au Québec pour voir une diminution de cas après la mise en place de nouvelles restrictions.

Nous devons suivre les différentes mesures et non essayer de les contourner

Kyle Anderson, professeur adjoint au collège de médecine de l'Université de la Saskatchewan

Selon Kyle Anderson, les Saskatchewanais doivent protéger leurs aînés au cours des trois ou quatre prochains mois.

Scott Moe a donné une lueur d’espoir aux familles en mentionnant que les visites dans les centres de soins pourraient être permises à condition que le nombre de cas de COVID-19 diminue au cours des deux prochaines semaines.

Cette permission spéciale doit également recevoir l’approbation du médecin hygiéniste en chef de la Saskatchewan, Saqib Shahab.

Ce ne sera peut-être pas possible, admettait Scott Moe. Mais je crois qu’il est de ma responsabilité de donner de l’espoir, d’offrir un objectif vers lequel les Saskatchewanais pourront se tourner d’ici le 25 décembre.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Je préfère ne voir personne et rester en sécurité

Judy Havers, âgée 60 ans, avait l’habitude de sortir à l’extérieur. Or, depuis quelque temps, la résidente du centre de soins de longue durée Providence Place essaie de rester le plus possible à l’intérieur de sa chambre en raison d'une éclosion de cas de COVID-19 au sein de l’établissement de Moose Jaw.

Nous sommes tous en confinement, dit-elle.

Judy Havers, une résidente du centre de soins de longue durée Providence Place, à Moose Jaw.

Avant la pandémie, Judy Havers aimait profiter de la ville, aller observer les animaux dans les parcs ou boire un café au restaurant (archives).

Photo : Judy Havers

Cette période d’isolement a un impact sur la santé mentale de la résidente.

Judy Havers remarque qu’elle est plus irritable, qu’elle souffre davantage de dépression et qu’elle se sent impuissante face à la situation.

Parfois, je me sens vraiment seule. Je n’ai personne à qui parler. Je trouve cela extrêmement contraignant de rester seule dans ma chambre.

Judy Havers, résidente du centre de soins de longue durée Providence Place

Bien qu’elle aimerait pouvoir voir ses proches durant le temps des Fêtes, elle craint l’arrivée des visiteurs.

J’ai des conditions préexistantes [me rendant plus vulnérable au virus], s’inquiète-t-elle. J’ai vraiment peur d’attraper la COVID-19. J’ai peur que le virus se répande comme dans les centres de soins dans l’est du pays.

Heureusement pour Judy Havers, elle peut prendre un bol d’air frais trois fois par semaine lorsqu’elle doit aller à l’hôpital pour sa dialyse. Elle peut également rester en contact avec sa soeur vivant en Colombie-Britannique grâce aux appels vidéo et aux messages textes.

Malgré tout, elle trouve difficile de voir les autres résidents qui n'ont pas cette chance.

Certains résidents recevaient la visite de leur famille tous les jours, se rappelle-t-elle. Leurs proches leur offraient des soins supplémentaires, les lavaient, leur parlaient, leur amenaient des gâteries. Puis, soudainement, [tout s’est arrêté]. Je crois que même les personnes atteintes de démence ou d’alzheimer réalisent qu’elles sont seules. Ce n’est pas de leur faute, mais je ne suis pas sûre qu’elles comprennent cela.

L’éclosion de cas au centre Providence Place est maintenant sous contrôle, selon la directrice générale de l’établissement, Georgia Hutchinson.

Avec les informations de Guy Quenneville

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