•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les travailleurs migrants enverront moins d'argent à leurs familles cette année

Plusieurs personnes attendent les uns derrière les autres devant un bâtiment sur lequel il est écrit : « Capital Bank ».

Des Haïtiens font la file devant une banque à Port-au-Prince. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Bien des immigrants – travailleurs temporaires ou immigrants permanents – qui habitent dans des pays plus riches envoient des sommes à leurs familles qui se trouvent dans des pays moins fortunés. Or, ces montants devraient connaître un recul de 7 % cette année, soit une diminution de près de 510 milliards de dollars américains, d’après un rapport de la Banque mondiale publié en octobre.

Toujours selon l’institution internationale, l'année prochaine, les sommes envoyées par les immigrants vers leur pays d’origine pourraient baisser de 14 %.

Cette situation est due à la COVID-19 qui frappe les pays qui accueillent ces travailleurs. Outre le chômage, les mesures de restriction de voyage ont également un impact négatif sur les montants d’aide des diasporas à leurs proches. Selon Statistique Canada, un certain nombre d’immigrants canadiens remettent habituellement de l’argent en mains propres à leurs parents et amis à l’étranger lorsqu’ils leur rendent visite.

Même si le taux de chômage a légèrement baissé au Canada en novembre, de nombreux immigrants sont encore sans emploi à cause de la crise sanitaire.

Afin d'envoyer de l’argent à leurs familles, certains migrants qui ont perdu leurs sources de revenus ont puisé dans leurs économies, ajoute le rapport de la Banque mondiale.

 Darline Davilus

L'Ontarienne Darline Davilus

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Pour l’Ontarienne Darline Davilus, la crise aura des conséquences néfastes sur les membres de familles de certains immigrants vivant dans des pays en développement, surtout en période de fêtes de fin d’année. Pour le cas d'Haïti, son pays d’origine, Il y a deux grandes périodes de l’année où nous, de la diaspora, recevons beaucoup plus de demandes [d’assistance] de gens au pays : c’est en septembre à la rentrée scolaire puis pendant la fête de Noël, énumère-t-elle.

Chaque année, Mme Davilus envoie de l'argent à ses proches à l’occasion de Noël.

C’est un moment de fête où tout le monde a besoin de se réjouir en famille. Et surtout au pays, on a vraiment la chaleur humaine pendant ce temps. Donc tout le monde a envie d’avoir de l’argent pendant la fête de Noël.

Une citation de :Darline Davilus
Jacques Lehani Kagayo regarde la caméra.

Jacques Lehani Kagayo appelle les familles de ses compatriotes vivant en RDC à ne pas exercer trop de pression sur leurs proches.

Photo : Collection privée de Jacques Lehani Kagayo

Abondant dans le même sens, Jacques Lehani Kayago, originaire de la République démocratique du Congo, estime que les fêtes de fin d’année sont une période propice pour soutenir sa famille et ses proches restés au pays. C’est le moment idéal de soulager un peu ma famille même si je ne l’ai pas fait durant toute l’année, insiste le Windsorois. En dépit de la situation économique difficile du moment, M. Lehani dit faire de son mieux pour envoyer un peu d’argent à sa famille ainsi qu’à ses amis.

Le Torontois d’origine congolaise Albert David Mpemba affirme comprendre la nécessité de l’aide qui provient des migrants en période de fêtes.

Majoritairement, quand nous envoyons de l'argent aux membres de notre famille, c’est pour les aider quand bien même plusieurs arrivent à trouver des solutions sur place. Beaucoup de membres de nos familles vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Une citation de :Albert David Mpemba
Albert David Mpemba regarde la caméra.

M. Albert David Mpemba est entrepreneur dans le secteur du transport et de la logistique.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

40 millions de personnes en Afrique pourraient basculer dans l’extrême pauvreté à cause des conséquences de la COVID-19, selon le Bureau de l’économiste en chef de la région Afrique de la Banque mondiale.

M. Pemba demande aux membres de sa communauté à ne pas attendre la veille des fêtes de fin d’année pour transférer de fonds. Il souligne que les banques ou les agences de transferts de fonds sont très occupées à cette période chaque année et que cette situation pourrait être propice à la propagation de la COVID-19.

C’est bien d’envoyer de l’argent, mais [...] nous devons nous protéger les uns les autres. Il ne faut pas attendre par exemple le 15 décembre pour envoyer de l’argent à la famille. Les gens ne réalisent pas que la COVID est partout. Beaucoup de personnes de ma famille ont été atteintes de cette maladie.

Une citation de :David Mpemba

Bien planifier pour faire face à la crise

Un homme effectue des calculs et devant lui se tient une petite maison avec des pièces de monnaie.

Les Canadiens ont envoyé 5,2 milliards de dollars à l'étranger en 2017, selon Statistique Canada.

Photo : iStock / Andrey Popov

Afin de maintenir l’équilibre financier de leur ménage en période de fêtes de fin d’année, Darline Davilus et son conjoint planifient plusieurs mois à l’avance l’appui financier qu’ils apportent à leurs proches en Haïti. On met une portion de côté juste pour qu’on ne dépense pas trop et que nous n’ayons pas de dettes à rembourser après les fêtes. Et puis on cible vraiment des gens qui sont dans le besoin, précise-t-elle. 

M. Lehani suggère pour sa part d'avoir une communication sincère avec leurs proches au pays étant donné la situation d’incertitude dans laquelle se trouvent plusieurs immigrants à la suite de la pandémie.

La crise se sent réellement, que ce soit dans ma communauté ou dans d’autres communautés ici à Windsor. La situation est catastrophique. Il y a ceux qui ont perdu leur emploi. Même si le gouvernement donne des subventions, n'oublions pas qu’il y en a qui ne sont pas admissibles.

Une citation de :Jacques Lehani Kagayo

Entre février et mai, Windsor à enregistré le taux le plus élevé de perte d’emploi par rapport aux autres grandes villes de l’Ontario.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !